Avec un prix du porc payé à l’éleveur en recul de 9 % en 2009, des coûts de revient supérieurs aux prix payés sur plus de la moitié de l’année, les producteurs de porcs souffrent. L’année 2010 ne s’annonce pas plus reluisante.
L’année 2009 avait assez bien commencé pour les éleveurs. Jusqu’en mai, le prix du porc se tenait pratiquement au niveau de 2008.
Mais juin et juillet, généralement propices à la consommation, ont été médiocres et août catastrophique. À l’automne les cours sont retombés à leur niveau de 2007, année de forte production porcine dans l’UE.
Au cours de l’année 2009, le prix moyen perçu par l’éleveur a baissé de 9 % en un an. À cause de la forte hausse des coûts de production dès l’automne 2007, l’année 2008 n’avait pas été plus favorable, malgré un prix proche de celui de l’excellente année 2006.
Résultat, en 2008 et sur plus de la moitié de l’année en 2009, le prix du porc payé aux producteurs français est resté en dessous du coût de revient, ce qui a fortement affecté la trésorerie des producteurs. Malgré la baisse de 9 % payée au producteur en 2009, les prix au détail des produits de porc sont restés stables pour le consommateur final.
Au cours des trois dernières années, les producteurs français de porcs ont ainsi été confrontés successivement à trois crises différentes. En 2007, la crise de surproduction européenne, en 2008, la flambée des prix des matières premières et des coûts, en 2009, la crise économique qui a provoqué la baisse de la consommation et des exportations est combinée à une baisse des cours.
Très légère reprise en décembre
Le marché des pièces a été globalement très stable en décembre. Le prix du hachage n’a pas varié. Mais celui de la longe n°3 à Rungis a baissé de 5 %, malgré un vif sursaut en fin de mois, et celui de la poitrine de 3 %. D’un autre côté, le prix du jambon sans mouille a gagné 1 %.
En moyenne sur décembre, le prix du porc français est resté proche de son niveau de novembre. Une légère reprise (+ 0,7 %) a porté le prix payé au producteur à 1,19 euro/kg de carcasse. Des reprises plus nettes fin novembre, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark ont ensuite été sanctionnées par une forte chute dans la deuxième quinzaine de décembre.
Si l’on en croit les catalogues des distributeurs, il faut s’attendre à une activité promotionnelle intense en viande fraîche en janvier. Difficile d’en tirer des conclusions pour les producteurs puisqu’en fin d’année 2009, malgré des niveaux de prix au détail relativement, le recul des achats des ménages n’a pas été enrayé.
Plus inquiétant, alors que le bilan porcin français des trois premiers trimestres de 2009 était quasi stable, la production, les abattages et la consommation y baissaient de moins de 1 % en 2009 par rapport à 2008, au cours des 2 derniers mois connus, octobre et novembre, la baisse des abattages s’est accélérée, de - 3 % et - 2 % en un an respectivement bas.
Un phénomène généralisé en Europe.
Selon les données de la Commission, incluant des prévisions, la production dans l’UE a reculé de 2,5 % au troisième trimestre et de 2,7 % au quatrième trimestre 2009, par rapport aux mêmes périodes de 2008.
Perspectives pour 2010 ?
Pour les deux premiers trimestres de 2010, la production européenne est attendue stable avec des évolutions très diverses selon les pays membres. Mais les données sur les cheptels de fin d’année, en cours d’élaboration dans l’ensemble des pays de l’UE, apporteront plus de visibilité dans quelques semaines.
Seul le cheptel du principal producteur de l’UE, l’Allemagne, a baissé davantage qu’estimé précédemment : une correction à la baisse de sa production est probable selon l’Institut du porc. Selon les opérateurs européens, le commerce international restera calme au moins jusqu’à la mi-janvier, suivi d’un petit réveil ensuite. Au-delà, si la demande sur les principaux marchés ne s’accroît pas nettement, en particulier en Asie et en Russie, le commerce mondial restera tendu. Outre-Atlantique, la production ne devrait pas beaucoup baisser en 2010.
À l’automne dernier, le prix du porc américain était très bas. Il s’est sensiblement amélioré au cours des dernières semaines, du fait d’une petite réduction de l’offre et d’une demande plus présente, tant nationale qu’à l’export.
Dans les mois à venir, il devrait poursuivre sur cette lente amélioration. Les éleveurs américains pourraient enrayer les pertes des deux dernières années. En effet, avec la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, les exportations des États-Unis resteront très compétitives.
Le porc en Europe
La production porcine a fortement chuté en Europe centrale en 2009. La France a bien résisté au prix d’un fort endettement des élevages, avec le soutien des filières. L’Allemagne et les Pays-Bas ont poursuivi leur croissance. L’Espagne est hésitante.
Les prix des porcelets commercialisés sur les marchés, après avoir connu un petit recul dans le Nord en 2008 ou une hausse légère en Bretagne, se sont sensiblement redressés en 2009. Les pièces, qui avaient moins augmenté que le porc en 2008, ont aussi moins baissé en 2009.
Mais l’année qui vient de s’achever a été marquée par un grand écart entre la baisse de la longe et du jambon, la stabilité du hachage et la reprise de la poitrine. Face aux changements brutaux de l’amont, les évolutions des prix de détail apparaissent ténues. En 2009, le prix des côtes est resté stable, celui du jambon s’étant à peine redressé.
Les exportations de l’UE des dix premiers mois de 2009 (tous produits confondus, hors porcs vivants), ont perdu 17 % par rapport au niveau record de 2008. La Russie reste la première destination, en baisse de 18 % sur la période. Toutefois, les transports de porcs vivants, en hausse en 2009, compensent partiellement cette baisse.
Toute la profession souhaite que 2010 puisse apporter un peu de sérénité avec un redressement des cours.
Source Ifip


