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Vers un groupe national
Prémices d'un groupe laitier d'envergure Grand-Est
Jura agricole et rural
Publié le:  21 janvier 2010
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Laurent Hassoux (Ulpl), Bernard Batho (Cal et Fromageries de Blâmont), Daniel Gremillet (Fromagerie de l’Ermitage), Michel Foltete (Uac) et Denis Georges (Ulm)

Cinq coopératives ont scellé une convention qui pourrait déboucher à terme sur la constitution du quatrième groupe laitier français, doté d’un plateau de fromages de près de 70 000 tonnes.

Le partenariat a été officialisé le 6 janvier sur le site de l’usine à munster d’Herbéviller des Fromageries de Blâmont.

Les coopératives de Lorraine et de Franche-Comté sont déterminées à peser sur l’évolution de la transformation laitière dans le Grand Est de la France. Cinq d’entre elles se sont engagées dans une convention de coopération approfondie le 17 décembre dernier. Les Fromageries de Blâmont (Lfb), émanation de la Cal de Blâmont et de l’Union Lorraine des producteurs de lait (Ulpl) lient donc leur avenir à la Fromagerie de l’Ermitage, le groupe vosgien originaire de Bulgnéville, dans lequel l’Union Laitière de la Meuse (Ulm) et l’Union Agricole Comtoise (Uac) possèdent des participations. L

’Ulm est par ailleurs livreuse de lait Aoc et actionnaire minoritaire chez Renard-Gillard, filiale des Fromageries de Blâmont, spécialisée dans le brie de meaux.

Centres de décisions de proximité

Les cinq présidents ont présenté les contours de ce rapprochement devant la presse mardi 6 janvier à Herbéviller, sur le site historique de l’usine à l’intérieur de laquelle la Cal de Blâmont fabrique sa pâte à munster. Bernard Batho, le président des Fromageries de Blâmont, qui accueillait ses collègues, argumente en faveur de cette synergie capable de conduire à « un groupe fort, plutôt que deux concurrents ».

« Historiquement, nos régions sont de tradition fromagère, poursuit Daniel Gremillet, le président de l’Ermitage, mais le Grand Est s’est peu à peu appauvri. Il s’agit aujourd’hui de définir une stratégie qui permette de garder des centres de décision de proximité, de donner de l’espoir aux producteurs, en permettant aux produits de la région d’exister par rapport à la concurrence…

Nous sommes situés au cœur d’un bassin de consommation européen, si l’on trace un cercle de 500 km autour de la Lorraine ».

Le président de l’Ulm, Denis Georges, illustre, en rappelant que la Meuse transformait jadis 600 millions de litres de lait sur son territoire, contre seulement 500 millions aujourd’hui. L’Ulm, à l’origine structure de collecte et de vente, a pris le virage de la transformation en 2003, en acquérant progressivement des parts dans Bulgnéville.

« Aujourd’hui, l’Ulm participe à ce tour de table » précise Denis Georges, « dans l’esprit d’une filière dynamique qui intègre les transformateurs privés, avec lesquels nous poursuivons nos contrats ».

Pour Laurent Hassoux, le président de l’Ulpl, « notre première motivation reste l’intérêt supérieur de tous les producteurs. Notre projet deviendra politiquement et économiquement incontournable ».

De son côté la Franche-Comté, qui valorise 50 % de son litrage en Aoc Comté, s’est elle aussi rapprochée de l’Ermitage dès 1996. Ce qui a favorisé la rénovation de la fromagerie de Clerval, seul outil présent sur le territoire du Doubs et qui permet de valoriser le lait standard, indique Michel Foltete, le président de l’Uac.

Quatrième rang potentiel

L’ensemble constitué par les cinq coopératives contribue à valoriser 800 millions de litres de lait émanant de près de 2 750 exploitations situées sur 14 départements, mais très majoritairement lorraines et franc-comtoises.

600 millions de litres sont actuellement transformés sur un des 24 sites industriels ou d’affinage de Blâmont et l’Ermitage. Le futur plateau de fromages potentiel du groupe pèserait environ 69 000 t et pourrait prétendre au quatrième rang national derrière Lactalis, Bongrain et la Compagnie des Fromages et Richemont.

Ses 16 000 t d’Aoc le positionneraient en n° 1 du munster et du brie de Meaux et en n° 2 du comté. Pour l’emmental, ses 23 350 t représentent 10 % de parts de marché et le classeraient à la quatrième place. Le chiffre d’affaires consolidé approcherait les 575 millions d’euros pour un effectif salarié voisin de 1 500 personnes.

Pas question toutefois pour les responsables de griller les étapes, ni de fixer un échéancier. « Les études internes aux entreprises débutent » indique Bernard Batho.

« Pour la fin de ce premier semestre, les conseils d’administration devraient disposer des éléments pour prendre des décisions », complète Daniel Gremillet. Des accords de collecte nouveaux devraient être mis en place avant la fin de l’année, y compris avec des industriels privés « afin qu’il n’y ait plus qu’un seul camion de ramassage qui passe par village… ».

Prématuré d’imaginer quelle pourrait être la future configuration, union de coop, société anonyme simplifiée… D’autant que des évolutions réglementaires sur la fiscalité des entreprises doivent prochainement intervenir. Un groupe stratégique composé d’une vingtaine d’administrateurs et des directeurs généraux est chargé du travail préparatoire.

Symbolique, la présentation du projet à Herbéviller confère au site un caractère incontournable pour le groupe en gestation, au même titre que ceux de Bulgnéville et Clerval, appartenant à la Fromagerie de l’Ermitage.




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