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La septoriose était la maladie dominante de l’année 2009, avec une nuisibilité importante. |
Vous trouverez dans cet article les principaux enseignements de l’année 2009, les bases du raisonnement pour établir sa commande fongicide blé morte-saison et des propositions concrètes de programme fongicide en fonction des principales situations. Toutes ces informations sont issues de la réunion qui s'est tenue le 27 novembre à Champdivers, où Mathieu Killmayer d’Arvalis et Émeric Courbet de la chambre régionale d’agriculture de Franche Comté sont intervenus sur le sujet.
Parmi les nouveautés, signalons Osiris Vin (ou Korema) de BASF. Ce nouveau produit associe deux triazoles bien connues, l’époxiconazole et le metconazole.
À sa dose d’homologation, 3l/ha c’est l’équivalent de 0,9l d’Opus + 0,9l de Sunorg Pro (ou de Caramba Star). Selon Arvalis, son efficacité sur septoriose mais aussi sur fusariose est parmi les meilleures.
Sa formulation n’y serait pas étrangère, meilleur étalement, adhésion, résistance au lessivage (temps de séchage très rapide). On peut retenir les équivalences suivantes :
• Osiris Win 1,5 l = Opus 1 l
• Osiris Win 1,5 l + PYros 0,7 l = Opus 0,8 l + Pyros 0,7 l
Reste à savoir son prix pour juger de son intérêt économique
Piétin verse : en situation à risque
Les observations de 2009 :
La nuisibilité du piétin verse en 2009 est parmi les plus faibles depuis 15 ans.
Dans les parcelles à risque, les observations en tout début de montaison indiquent un pourcentage de pieds porteurs faibles (contaminations secondaires limitées). Dans ces parcelles, à l’approche de la récolte, le pourcentage de sections nécrosées, soit 47 %, est proche de la moyenne des 15 dernières années.
Plus gênant, on comptabilise un pourcentage de section nécrosée compris entre 40 et 75 % sur des situations où le pourcentage de pieds touchés fin mars est compris entre 0 et 15 %. Ce qui veut dire que l’observation au champ n’est pas toujours suffisante pour déclencher un traitement ou peut être source d’erreur.
Dans l’essai réalisé à Annoire, Bell 1,2 l et « Unix 0,8 l sous forme liquide + Bell 0,7 l/ha » appliqués au stade 1 nœud, obtiennent comme en 2008 la meilleure efficacité et la meilleure rentabilité.
Input Pack à la dose 0,6 + 0,6, bien qu’inférieur, procure un gain net par rapport au témoin traité contrairement à l’Unix seul ou associé et au Flexity associé à l’Opus.
Compte tenu de la faible pression de cette maladie, la rentabilité d’un premier traitement piétin-verse + septoriose est faible. Un positionnement tardif (2 nœuds) était plus rentable qu’un positionnement précoce (1 nœud).
Bases du raisonnement pour 2010 :
En situation à risque (parcelle où la note de 10 est atteinte ou dépassée après utilisation de la grille piétin-verse Jura) et sous réserve que la variété ne soit pas tolérante (note Geves > 6), différentes substances actives sont utilisables : cyprodinil, métrafénone, boscalid, prothioconazole, (prochloraze = PCZ), mais aussi associations.
Ces dernières sont d’autant plus efficaces qu’il y a de composantes. Cependant, leur alternance est fortement conseillée. Est-ce que votre parcelle de blé a reçu un traitement piétin-verse la dernière fois qu’elle était en blé, et si oui avec quoi ?
Remarque : la double application de PCZ étant fortement déconseillée, on réservera cette matière active pour la lutte contre la septoriose ou la fusariose.
Propositions :
- Pour les variétés dont la nuisibilité maladie est faible (1 traitement septoriose) ou les situations à risque fusariose (3 traitements PV + septoriose + fusariose), préférer plutôt un produit spécifique sans efficacité sur septoriose (efficace sur oïdium) appliqué au stade 1 nœud : Unix 0,8 kg ou Flexity 0,5 l/ha. Coût d’environ 30 ?/ha.
- Plus adapté pour les variétés dont la nuisibilité maladie est élevée voire moyenne (2 traitements au total) hors situation risque fusariose : un produit ou une association efficace à la fois sur piétin-verse et septoriose positionné de préférence au stade 2 nœuds. Coût : 35 à 45 ?/ha.
Les combinaisons sont multiples. Selon la pression maladie de l’année, les doses de chacun des produits pourront être diminuées ou augmentées sans dépasser la dose autorisée. Voir tableau dans notre édition papier.
Septoriose : la maladie dominante
Les observations de 2009
La septoriose est la maladie dominante de l’année 2009 comme c’est généralement le cas. Malgré une arrivée tardive, la nuisibilité est importante, supérieure à la moyenne des 7 dernières années selon Arvalis.
Le Bulletin de Santé du Végétal du 4 mai indiquait un risque élevé pour les parcelles ayant atteint ou dépassé le stade légal visible. Presept déclenchait le 10 mai, stade dernière feuille établée.
La résistance au QOL (strobilurine) est généralisée sur tout le territoire. L’intérêt des strobilurines se limite essentiellement aux situations à risque rouilles (sensibilité variétale).La résistance aux IDM (triazole) évolue notamment au travers de ses différentes souches.
Jusqu’en 2007, aucune souche de TRIHR (hautement résistante) n’a été détectée en France. Après quelques découvertes en 2008, ces souches sont présentes dans 11,4 % des échantillons (72/637) et représentent en moyenne 4,8 % des souches présentes. Le Jura n’est pas épargné puisque sur la seule analyse effectuée on a trouvé 4 % de TRIHR.
On observe aussi une évolution significative des souches TRIMR (moyennement résistante) et en particulier TRIR6 (légèrement résistante au PCZ) qui représente à elle seule 85 % de la population des souches (idem Jura). Il semble aussi que le PCZ exerce la pression de sélection la plus forte sur les souches TRIHR. C’est pour cela qu’une seule application de PCZ est préconisée par saison.
Effet aussi de l’année, on constate qu’en cas de double application, ce sont les positionnements 2 nœuds et floraison qui obtiennent le meilleur gain net. Preuve que la septoriose a évolué lentement et qu’après un traitement au stade 2 nœuds (piétin-verse + septoriose ou septoriose), on pouvait attendre le stade floraison.
En présence de TRIHR, la double application Opus 0,5 l + PCZ 315 GR est plus efficace et plus rentable que celle de Joao 0,5 l ou Bell 0,9 l. À dose équivalente d’époxiconazole (Opus), le PCZ est donc plus efficace que le boscalid.
Vis-à-vis de la septoriose, c’est l’association Bell 0,75 l + Pyros 0,7 l (triazole, boscalid, PCZ) qui obtient le meilleur gain de rendement net compte tenu de son rapport qualité prix en 2009. la nouvelle spécialité Osiris Win peut faire jeu égal, par exemple à la dose de 1,5 l/ha associée au Pyros (0,7 l). Voir nouveauté.
Bases du raisonnement septoriose pour 2010 :
Pour constituer le programme fongicide de sa parcelle, la dépense doit d’abord être fixée. Arvalis détermine cette dépense optimum à partir de la nuisibilité feuillage attendue et du prix du blé : deux valeurs que nul ne connaît précisément.
Pour le département du Jura, la nuisibilité feuillage moyenne est de l’ordre de 15 voire 20 q/ha dans les zones à potentiel type Finage. Pour le prix, le contexte incite à la prudence et non à l’euphorie. Soit au final, 45 euros/ha (15 q) à 60 euros (20 q) pour un prix de 12 euros/q. Il faut aussi y ajouter les risques spécifiques (piétin-verse, oïdium, rouille brune, fusariose) sachant que certains n’engendrent pas de dépense supplémentaire grâce à un choix judicieux.
Propositions
Pour la majorité des situations franc-comtoises (nuisibilité feuillage 15 à 20 q/ha), Arvalis propose un programme en deux traitements pour une dépense d’environ 50 à 65 ?/ha. Tous les produits ou associations de produits mentionnés dans le tableau « Programmes fongicides» (dans notre édition papier) sont considérés comme équivalents en terme d’efficacité.
Remarque : Dans les propositions d’Arvalis, le choix de produits se restreint rapidement si l’on veut éviter d’utiliser 2 fois la même triazole. Si vous retenez Opus ou Bell ou Osiris Win en 1er traitement, il ne reste plus que le choix du Joao en 2e traitement (adapté aux situations à risque fusariose).
Si vous optez pour Joao ou Fandango en 1er traitement, Opus et Osiris Win peuvent être utilisés en 2e traitement (inefficace sur fusariose). Dans le cas du Menara + Bravo en premier, tout reste possible pour le deuxième.
En cas d’année à faible pression et pour des situations à potentiel limité ou pour des variétés peu sensibles aux maladies feuillage, on peut s’orienter sur un seul traitement pour une dépense d’environ 40-45 euros/ha. On peut reprendre les propositions du 1er traitement en augmentant la dose d’environ 10 à 25 % du premier produit.
En conclusion, tous les produits ne pouvant être testés ou tous les résultats ne pouvant être présentés, seuls les principaux produits ont été retenus. Probablement d’autres produits vous seront aussi proposés. Dans ce cas, il faudra évaluer leur(s) efficacité(s) par rapport à ceux cités.
Le prix proposé peut aussi être déterminant dans votre choix final. En 2009, le programme Menara + Bravo 500 (anciennes triazoles + contact) était moins coûteux que des propositions à peu près équivalentes à base de produits de référence, plus ou moins récents comme l’Opus ou le Bell ou encore le « prothioconazole ». La nouveauté, la performance a un prix généralement supérieur. Qu’en sera-t-il en 2010 ?
Recommandations d'Arvalis : diversifier les modes d'actions
• Diversifier les modes d'action, en respectant les règles suivantes :
- pas plus d'un prochloraze, pas plus d'un carboxamide, pas plus d'une strobilurine par saison ;
- essayer d'alterner parmi les IDM (triazoles) au cours de la saison : éviter, si possible, d'utiliser deux fois la même matière active.
• Contre le piétin verse : dans la grande majorité des situations, les souches sont résistantes au prochlorase.
• Sur septoriose : les triazoles sont proposées de préférence associées avec du prochloraze ou du chlorothalonil Ce dernier doit être utilisé en traitement préventif.
• Pour contrôler la rouille brune principalement : en complément des triazoles, les strobilurines peuvent trouver leur place, du stade sortie de dernière feuille au stade épiaison sur les variétés les plus sensibles. En cas d'adjonction de strobilurine, la dose proposée est de 0,2 à 0,3 l/ha.
• Pas de strobilurine en traitement de floraison pour toutes les situations agronomiques où le risque fusariose est avéré et pour lesquels l'objectif de qualité sanitaire est prioritaire. Dans ce cas, utiliser un triazole anti-fusarium seul.


