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Des solutions pour gérer les fumiers mous
Effluents d'élevage
Jura agricole et rural
Publié le:  04 février 2010
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Difficiles à stocker, reprendre, et encore plus à épandre, les fumiers mous peuvent voir leur consistance améliorée par différents procédés, la plupart basés sur l’égouttage.

«Les fumiers mous sont une réalité concrète dans nos régions », déclare Alain Baud, technicien bâtiment de la chambre d’agriculture du Doubs en guise de préambule.

« C’est en partant du constat d’une difficulté pour le transfert, le stockage et l’épandage de ce type d’effluents que nous avons travaillé sur le sujet », poursuit Stéphane Mille du service bâtiments et environnement à l’Institut de l’élevage.

« Le principe des procédés d’amélioration de la consistance des fumiers mous repose sur la séparation d’une phase plutôt solide avec une phase liquide. Cette séparation peut intervenir à différents moments : en amont au niveau du logement, lors du transfert, lors du stockage, ou lors du raclage. Six techniques ont été validées par cette étude effectuée en 2004. »

Trier lisier et fumier

S’appuyant sur des photos, le spécialiste a ensuite détaillé les différentes solutions, et précisé leurs coûts ainsi que les contraintes associées. Premier cas de figure, l’égouttage des déjections intervient lors de lors transfert. Cela peut être réalisé l’aide d’un dispositif de barres parallèles, espacées de 16 cm, formant une grille. « Cela équivaut à un tri : on écarte le lisier ».

Une variante de ce système consiste à utiliser un caillebotis, qui permet la descente du purin. Le problème est que les orifices peuvent avoir tendance à se boucher… L’égouttage sur dalle constitue une troisième variante : l’aire d’égouttage est une aire bétonnée d’une pente de 2 % dirigée vers un fil d’eau ou un caniveau de récupération.

« La longueur de l’aire doit être suffisante pour entreposer les déjections raclées sur une période de 4 à 10 jours. Pour éviter les reprises multiples au tracteur, le recours à un racleur mécanique est recommandé. »

L’égouttage peut également avoir lieu au cours du stockage. C’est par exemple le cas dans une fumière avec parois d’égouttage et lit de jus. « Cette technique améliore significativement la consistance du fumier, à condition que le lit de jus joue son rôle : le contact direct et permanent du fumier avec les jus assure les échanges par capillarité entre les phases solides et liquides. »

L’égouttage sur fumière avec caillebotis fonctionne bien, mais les techniciens bâtiments objectent que cette solution est coûteuse, et émettent des réserves sur sa solidité dans le temps, compte tenu des sollicitations mécaniques importantes du godet lors de la phase de chargement.

Dernière piste abordée, celle du raclage séparé du fumier et du lisier. « Cela nécessite une configuration spécifique du bâtiment et du circuit d’enlèvement des déjections : le couloir d’alimentation est raclé vers la fosse à lisier, tandis que le couloir des logettes est raclé vers la fumière. »

Alain Baud a, pour sa part, décrit un système innovant et fonctionnel, celui d’un couloir équipé d’un caillebotis à trous circulaires disposés sur toute la longueur. « Ça marche très bien en hiver. En été, quand les animaux sont moins présents dans le bâtiment, les trous se colmatent. Mais à la rentrée à l’étable, sous l’effet du piétinement et de l’humidité, ça se débouche en 48 h ! »

Les techniciens ont conclu sur l’importance des pratiques de l’éleveur « le même bâtiment peut donner des fumiers de consistance très différentes, selon le mode d’emploi : quantité de paille apportée, pratiques de distribution des fourrages, fréquence des raclages et des reprises… »




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