RSS
« Redynamiser nos actions collectives »
GVA de Chemin Dole
Jura agricole et rural
Publié le:  11 février 2010
Page 8 

L'assemblée générale du GVA chemin Dole, le 2 février à Tavaux, a permis de valoriser les expériences de certains de ses adhérents sur les thèmes des toitures  photovoltaïques et des cultures énergétiques. Un tournant dans les GVA qui décide de revenir aux fondamentaux : impliquer.

Les réunions techniques, les tours de plaines et les différentes manifestations qui rythment la vie du GVA de Chemin Dole réunissent à chaque fois entre 80 et 100 personnes sur le Finage.

Preuve que les activités du groupement répondent à une demande. En parallèle, le nombre d'adhérents reste stable : autour d'une quarantaine

Ce qui fera réagir le président Didier Fontaine lançant à qui veut entendre : « Je tends la perche, vous êtes les bienvenus au GVA ! ». L'année 2009 a aussi été tournée vers la communication grand public avec la parution d'articles sur l'agriculture de la plaine en collaboration avec le journal «Le Pays dolois».

En 2010, le GVA continue le partenariat engagé avec le syndicat cantonal des jeunes agriculteurs JA pour intervenir dans les écoles primaires.

Beaucoup de questions sur le photovoltaïque

À côté des essais en culture, essais mutualisés entre GVA à l'échelon du département et qui restent pertinents pour accompagner les agriculteurs dans leurs choix technico-économiques, le GVA de Chemin Dole engage un tournant. « Comme tous les groupements, nos moyens diminuent, en terme d'animation notamment. Nous ne pouvons pas nous disperser et il faudra tourner une page. Rénover l'action collective passe par une plus grande implication de chacun dans le groupe pour apporter une nouvelle énergie et redynamiser nos actions », indique Didier Fontaine.

Ce changement était perceptible dans le déroulement même de l'assemblée générale du GVA où le choix a été fait d'impliquer les adhérents en demandant à plusieurs de partager leur expérience. Ainsi Xavier Schouwey en Gaec à Vaudrey a présenté le bâtiment à toiture photovoltaïque réalisé sur l'exploitation ( lire à ce propos notre article publié le 26 novembre sur www.juragricole.com).

L'entreprise Photon technologie, filiale d'EDF ENR partenaire du projet a également présenté les services qu'elle proposait aux agriculteurs. Au vu des changements de tarifications pour le rachat d'électricité, les projets s'orientent pour l'instant sur des rénovations de toiture (rachat à 50 ct d'euros le kWh).

En construction de bâtiment neuf, l'ambition n'est plus de « gagner de l'argent » avec l'électricité produite mais de prendre en charge une partie du coût de la toiture.

Pour répondre aux nombreuses questions sur le sujet, y compris au niveau fiscal et juridique, la FDGeda proposera une réunion d'informations début mars, signale Philippe Prost, technicien chargé de suivre le développement des énergies renouvelables pour la chambre d'agriculture et la FDCUMA.

De son côté, la société Photon voltaïque organise la visite d'un bâtiment d'élevage de 530 m2 équipé récemment d'un toit photovoltaïque, le 18 février près de Semur-en-Auxois. Les personnes intéressées sont invitées à prendre contact directement avec la société.

Premières récoltes de miscanthus

La deuxième intervention de cette assemblée générale a permis de faire le point sur le développement des cultures énergétiques type miscanthus et switchgrass sur le secteur. Pour ce faire, le GVA a donné la parole à l'un de ses adhérents, Michel Bouffaut, qui a introduit cette culture sur son exploitation.

Philippe Béjot, chargé de mission du groupe cultures énergétiques DR-PRN Bourgogne - Franche-Comté a exposé les aspects techniques et économiques de ces cultures.

Les premières lignes de fabrication de pellets à base de miscanthus devraient être opérationnelles en avril-mai sur le site de Bourgogne Pellets à Aiserey. D'ici là, les agriculteurs pourront assister à une démonstration de récolte prévue le 11 mars au matin, si le temps le permet (lieu à préciser).

Avec cette assemblée générale, les responsables du GVA ont voulu montrer que les initiatives de chacun peuvent apporter au groupe. Pour Roland Berthelier, président de la FNGeda, les jeunes générations d'agriculteurs doivent réinvestir l'action collective.

« Aujourd'hui, quelle que soit la production, si l'on n’est pas en réseau, on est en danger. Cela commence avec le GVA, pour discuter, se former, s'appuyer sur l'expérience et l'intelligence des autres. Les jeunes, impliquez-vous ! », lance le responsable national.

Un appel qui sera sans doute relayé par les jeunes présents dans l'assemblée, un peu plus nombreux qu'à l'accoutumée.


Une couche de plus...

« Comment penser de manière positive quand, après une récolte avec de très bons rendements, nous avons du mal à équilibrer notre budget avec des prix qui couvrent à peine les coûts de revient ? », lance Didier Fontaine, président du GVA.

La coupe est pleine pour les céréaliers qui voient se surajouter des contraintes de tous ordres.

« Une couche de modulation, une couche de surface équivalent topographique (SET), une couche de carte des cours d'eau qui est toute bleue, même les fossés n'existant plus sont en bleu, une couche qui vous rappelle que ces couches de modulation et de SET augmenteront jusqu'en 2012... Et pour couronner le tout, on vous annonce qu'il faudra contrôler vos pulvérisateurs, suivre une formation pour vous servir des pulvérisateurs (le tout payant), que des produits phyto vont être encore interdits et que demain vous n'aurez plus le droit d'en utiliser ou très peu sous peine d'être pénalisé sur le peu de primes compensatrices qui vous restera... »

Réfléchir autrement

Pour François Lavrut, représentant le président de la chambre d'agriculture, le contexte de crise traversé par l'agriculture oblige à « réfléchir autrement». Et d'énumérer rapidement plusieurs pistes : apporter de la valeur ajoutée sur la zone, par des projets structurants comme l'irrigation collective, les cultures énergétiques ; mettre l'agriculture au cœur de la société par la communication ;  travailler en circuits courts ( production de protéines pour l'alimentation animale...).

« Nous devons inventer de nouvelles solutions, prendre en compte les nouveaux équilibres demandés par la société. On nous en rajoute un peu plus avec le plan Ecophyto 2012 mais nous ne pourrons pas y couper. Il est important que des exploitations du Finage étudient concrètement l'impact des réductions de doses de phyto». Trois exploitations du GVA Chemin Dole sont d'ailleurs engagées pour tester des IFT à -35 % sur une partie de leur exploitation.




Newsletter GRATUITE