Les éleveurs de chevaux de la Fédération nationale du cheval comptent bien faire entendre leur voix pour bénéficier de réels soutiens dans le cadre de la Pac 2013, et notamment d’« une politique globale de l’herbe ».
Préparer au mieux la future réforme générale de la Pac qui interviendra en 2013, cela concerne aussi la filière équine. La Fédération nationale du cheval (FNC) y a insisté lors de son assemblée générale du 2 février 2010.
Représentante de plus de 100 associations de race, d’agriculteurs diversifiés en lien avec le cheval (fermes équestres, pension de chevaux…) ou d’éleveurs de chevaux de sport, de loisirs, de travail, de course, et de chevaux destinés à l’alimentation (viande…), la FNC entend que « le cheval retrouve sa place au sein d’une Pac qui tienne enfin compte des problématiques des éleveurs de chevaux », estime sa présidente, Marianne Dutoit.
Via la FNSEA, la FNC a déjà fait entendre sa voix en 2008 lors des débats sur le bilan de santé de la Pac qui est entré en application cette année.
Les éleveurs de chevaux vont maintenant veiller à ce que la filière cheval intègre, au même titre que les autres secteurs agricoles, le fonds de mutualisation en cas de maladies animales ainsi que les dispositifs d’assurance récolte prévus par l’article 68 des règlements Pac issus du bilan de santé. Les éleveurs ont par ailleurs, dans toutes les régions, bénéficié de la prime aux races menacées d’extinction (PRME).
Maintenir la PHAE
De plus, dans le cadre des discussions qui débutent cette année entre la profession agricole et les pouvoirs publics français et européens sur le contenu de la future Pac, la FNC réclame la mise en place d’« une politique globale de l’herbe » et l’inscription de la viande chevaline, au même titre que les autres viandes (bovine, ovine…), sur la liste des secteurs agricoles en difficulté.
Parce qu’elle est « indispensable à l’ensemble des éleveurs qui ont un taux d’herbe sur leur exploitation », Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA, invité à intervenir durant l’assemblée générale, a jugé que la PHAE (Prime herbagère agro-environnementale) « doit être maintenue » dans la future Pac. Car cet élevage est « indispensable à l’équilibre biologique des territoires », a-t-il poursuivi.
Plus généralement, selon la FNSEA, « on ne peut pas rester sur des références historiques (pour le calcul des DPU, ndlr) et la profession doit arbitrer sur ces questions en amont, sinon d’autres le feront à notre place », a insisté Pascal Ferey.
Certains États membres « se sont déjà préparés à une Pac libéralisée » comme l’Allemagne, a-t-il rappelé devant la FNC, « mais, nous, nous avons encore à faire ». Les éleveurs de chevaux doivent donc réfléchir dès maintenant aux soutiens qu’ils attendent de la Pac 2013, et la FNSEA les appelle ainsi que toutes les productions agricoles à « créer cette réforme future de la Pac ».
Assurance agricole
Elle souhaite en particulier garder un niveau de budget Pac équivalent (49 milliards d’euros sur toute l’UE), approfondir la voie de l’assurance agricole, et réclame une réduction des distorsions de concurrence entre États membres.
Du côté de Jeunes agriculteurs (JA), invité également à s’exprimer devant les administrateurs de la FNC, on insiste sur la nécessité d’un « projet commun », d’une « unité » sur la Pac 2013.
Nicolas Fischer, membre du bureau des JA et du conseil d’administration de la FNC, demande aussi aux éleveurs de chevaux de « ne pas attendre une nouvelle Pac pour s’y intégrer » et de participer prochainement aux réunions et discussions sur le sujet.
Un élevage encore peu adapté aux marchés
« Nous avons 30 ans de retard par rapport aux autres filières. Il faut penser à adapter une conduite d’élevage à un marché. » Marianne Dutoit a été très directe devant les administrateurs de la FNC, le 2 février.
Leur présidente a commenté en ces termes les résultats peu satisfaisants de premières références technico-économiques de la filière équine, réalisées par l’Institut de l’élevage. Dans les exploitations de type sport, globalement les prix de vente des chevaux arrivent tout juste à couvrir leur prix de revient.
Pour les exploitations de type chevaux de trait, surtout produits pour leur viande (4 800 kg de viande vendus par an), les prix de vente sont souvent inférieurs au prix de revient.
Selon Thierry Jamot, vice-président de la FNC et éleveur de trait, les solutions peuvent se trouver dans la diversification des débouchés viande, « avec l’export vers l’Italie ou les circuits courts », mais aussi dans la maîtrise des charges d’exploitation ou la vente d’étalons ou de juments pour la reproduction (génétique).


