RSS
Mieux vaut prévenir que guérir
Pâturage et parasitisme en élevage caprin bio
Jura agricole et rural
Publié le:  11 février 2010
Page 21 

La gestion du parasitisme dans les élevages de chèvres bio passe par la prévention et une bonne gestion du pâturage… Restitution d’une étude conduite dans le cadre du Pep caprin Rhône-Alpes avec l’institut de l’élevage.

En termes de parasitisme, « il faut prévenir plutôt que guérir », estime Christel Nayet, conseillère à la chambre d’agriculture de la Drôme et référente technique régionale caprin bio, tout en soulignant l’importance, en la matière, d’une bonne gestion des pâturages.

En système pâturant, chez les caprins adultes, les strongles digestifs (gastro-intestinaux) sont les parasites dominants, les autres sont les strongles respiratoires, la grande et la petite douve, le ténia.

Leur présence peut se manifester, selon le parasite, par des signes digestifs (baisse de l’appétit, amaigrissement et, plus rarement, diarrhées), une diminution de la production de lait, un poil « piqué », une anémie (pour hæmonchus, espèce hématophage).

Les diagnostics doivent être confirmés par analyse : coprologie, coproculture, autopsie.

La contamination des pâturages dépend de leur histoire. Une parcelle dite « ancienne » peut être un réservoir de larves (un kilo de matière sèche peut contenir 500 voire 1 000 à 2 000 larves de stade L3).

Un labour enfouit les parasites avec le support végétal et, donc, les détruit. Plus une parcelle est pâturée de manière consécutive et intensive, plus elle risque d’être contaminée. La contamination dépend aussi de la climatologie.

La sécheresse et le gel ne favorisent pas la survie des larves, contrairement à des étés pluvieux. Et, là, Christel Nayet met l’accent sur l’importance de l’analyse du parcellaire.

Les moyens de lutte au pâturage consistent à limiter le contact entre les animaux et les larves infestantes.

Il est conseillé de faire pâturer les animaux sensibles (tels que les chevrettes) sur des parcelles peu contaminées. Mais aussi d’assainir les parcelles par une mise au repos, un pâturage mixte ou alterné et des pratiques culturales.

Réduire les sources d’infestation

Mélanger chevrettes et chèvres adultes est à éviter. Si c’est le cas, l’état général et la croissance des jeunes doivent être surveillés et des coprologies doivent être faites si nécessaire. Mieux vaut que les parasites soient pas ou peu présents à la mise bas (coproscopie au tarissement, traitement des animaux en chèvrerie).

Il faut surveiller les meilleures laitières (courbes de lait individuelles) qui, étant les plus réceptives et sensibles, sont à considérer comme les « sentinelles » du troupeau.

La ration alimentaire doit être bien équilibrée (attention aux carences en protéines). Une quarantaine est à respecter lors de l’introduction de nouveaux animaux dans le troupeau (contrôler le niveau des parasites, appliquer un traitement si besoin et vérifier son efficacité).

Les ovins et caprins étant sensibles aux mêmes parasites, mélanger les deux est à éviter. En revanche, l’association d’équins (qui coupent le cycle des strongles) et de bovins est favorable. Dans ce cas, les douves sont à surveiller.

Par ailleurs, il faut éviter le prêt de parcelles (sauf si elles sont exploitées par des équins), le surpâturage, la mise à l’herbe d’animaux parasités, la rosée, le déprimage rapide(1)  , la soupade(2), l’épandage de fumier frais (préférer le compost).

Des aires d’exercice herbées, des prairies d’attente, des parcelles « du dimanche » et l’irrigation sont également des facteurs de risque. En revanche, les mises au repos longues des pâtures (trois mois en hiver, six à huit semaines en été) sont recommandées, ainsi que l’assainissement des parcelles par labour, fauche, broyage (si les broyats sont enlevés).

Accroître l’immunité des animaux, réduire les sources d’infestation (sur les animaux cibles, en décontaminant les parcelles), agir sur les vers chez les hôtes intermédiaires sont des moyens de lutte contre les parasites.

(1)  déprimage : passage précoce des animaux dans un pâturage pour étêter l’herbe.
(2) soupade : repas complémentaire.




Newsletter GRATUITE