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Travailler la proximité
Franche-Comté Élevage
Jura agricole et rural
Publié le:  25 février 2010
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Avant le grand rendez-vous de l'assemblée générale, au mois de juin, la coopérative Franche-Comté Élevage vient à la rencontre de ses adhérents en organisant des réunions d'informations départementales. Dans le Jura, une quarantaine d'éleveurs se sont retrouvés à Dole.

En introduction à cette réunion, le président de Franche-Comté Élevage, Christophe Jacquin a donné les grandes lignes de l'année. 2009 a été marquée par le rapprochement des numéros 1 et 2 de la filière viande, les sociétés Bigard et Socopa, qui abattent 55 % des animaux en France, limitant d'autant le nombre d'interlocuteurs pour les débouchés.

La campagne se caractérise également par une forte augmentation du nombre de femelles collectées, les vaches laitières gardées sur les fermes étant arrivées sur le marché surtout en fin d'année. Une tendance moins affirmée en Franche-Comté  avec « seulement » 18 % de femelles collectées en plus.

Les éleveurs présents à Dole le 5 février se sont interrogés sur les campagnes menées par des militants « anti-viande » et sur l'avenir de leur filière.

Le président s'est voulu rassurant : « La consommation de viande de bœuf est stable, moins importante quantitativement par personne, mais le nombre de consommateur a tendance à augmenter ». « Dans ce contexte, la France et ses pays voisins vont devenir déficitaires en viande.

Le problème se situe surtout au niveau du prix que coûte à produire un kilo de viande et qui ne correspond pas à ce que le consommateur est prêt à payer », ajoute Philippe Pierrat, directeur de Franche-Comté Élevage. « Sans politique de soutien agricole, les producteurs de viande bovine disparaîtront à moyen terme ».

Même constat pour la viande porcine. La diminution du prix de l'aliment en 2009 n'a pas permis de compenser la chute du prix de la viande.  « Nous devons absolument maîtriser le coût alimentaire si nous voulons encore des éleveurs de porcs demain », insiste Philippe Pierrat.

Dans ce contexte difficile, le conseil d'administration de la coopérative a décidé d'accompagner les producteurs en accordant un complément de prix sur les porcs livrés entre le 1er août et le 31 décembre 2009, pour un total de 150 000 euros.

Bonne activité en porcs

La réunion a été l'occasion d'apporter des informations sur l'activité de la coopérative, de ses groupements et de ses filiales.

L'activité porcine,  qui représente 45 % du chiffre d'affaires du groupe Franche-Comté Élevage,  progresse régulièrement malgré les crises : +5 % d'augmentation des livraisons depuis 2006 ; près de 170 000 porcs livrés en 2009 dont 15 000 en provenance du Jura.

La viande sous signes de qualité IGP et Porc comtois élevé à partir de petit-lait représente toujours le principal débouché avec les deux tiers des volumes.

Une caractéristique qui pourrait évoluer à partir de cette année avec l'obligation pour la saucisse de Morteau non pas d'un approvisionnement dans la zone IGP mais d'une alimentation spécifique des animaux.

Les porcs proviennent de divers apporteurs : 43 % par des intégrateurs, 35 % par des éleveurs, 12 % par des porcheries issues de fruitières, et environ 9 % par Sicaporcs, filiale de la coopérative Franche-Comté Élevage.

Cette dernière a également repris les porcheries de Billecul et de Mont-Rivel, relouée à la coopérative fromagère.

« Il n'est pas toujours évident de trouver des repreneurs. Notre objectif est de maîtriser davantage l'approvisionnement de porcs au sein de l'abattoir de Valdahon, pour l'heure 43 % proviennent d'intégration et ce sont eux qui font le marché ».

Diversifier et consolider les marchés

Le volume de bovins traités par le groupe Franche-Comté Élevage en 2009 se décompose comme suit : 16 142 vaches, 2 259 génisses, 1 961 bœufs, 8 624 jeunes bovins et 572 taureaux.

Le ramassage des veaux réalisé chaque semaine chez les éleveurs, sans passer par des marchands, a permis de faire progresser la collecte  en quantité et de réaliser des lots de qualité. « Plus on améliorera la qualité, plus on sortira la filière veau du marasme », rappellent les dirigeants de Franche-Comté Élevage.

Concernant la filière veaux sevrés, le directeur de Franche-Comté Élevage précise que son développement (2154 veaux en 2009, + 6 %) passe nécessairement par une contractualisation.

« Dans ce marché très concurrentiel, mieux vaut avoir le client en face ». Cette production peut apporter un volant de sécurité par rapport aux veaux de 8 jours. Une autre piste intéressante : les jeunes bovins montbéliards de 420kg à rotation rapide.

« Nous avons la volonté de travailler en proximité, sans chercher un marché d'opportunité mais en faisant travailler nos clients pour les garder toutes l'année », précise Christophe Jacquin, se référant notamment au marché des broutards. Un autre dossier positif pour le groupement : le contrat « Bœuf de nos régions » qui permet d'abattre une centaine de bêtes  sur Besançon par semaine en complétant les camions avec des bovins d'autres catégories.

Tous les animaux qui entrent dans le cahier des charges « Bœufs de nos régions »  sont primés. Le développement de la filière viande bio (vaches et génisses) contribue également à consolider l'abattoir de Besançon. « Nous arriverons à maintenir nos outils en ne mettant pas tous les œufs dans le même panier », remarque le président.

Pour terminer cette rencontre, Pascal Douheret, technicien de la coopérative a donné quelques précisions sur la chaîne alimentaire et les informations qui doivent apparaître sur les nouvelles Asda émises depuis le 1er janvier 2010 (ou sur les documents complémentaires à demander au GDS pour les anciennes Asda).

Il fut aussi question de l'accord interprofessionnel sur la propreté des animaux qui entre en vigueur le 1er janvier. Le prélèvement de 100 euros par animal « non propre » se fera via l'abattoir auprès de l'apporteur qui le répercutera à l'éleveur.

Franche-Comté Élevage a mis en place un relevé de l'état de propreté des animaux lors du ramassage chez l'éleveur pour vérifier, si besoin était,  la cohérence avec les observations faites à l'abattoir.




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