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Bruno Le Maire installe un groupe de réflexion « original »
Politique agricole
Jura agricole et rural
Publié le:  25 février 2010
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Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a installé le 17 février le groupe de réflexion sur l’avenir de l’agriculture européenne qui rassemble des personnalités dont le chef Yannick Alleno ou le patron de Danone Franck Riboud, sans oublier l’écrivain Erik Orsenna ou Luc Guyau. L’objectif est de « réfléchir à un projet d’agriculture française et européenne », a déclaré le ministre qui veut être à l’initiative dans les futures négociations sur la Pac.

Bruno Le Maire assume. Avant même de faire la présentation détaillée des 16 personnes faisant partie du groupe de réflexion sur l’avenir de l’agriculture européenne, le ministre le qualifie « d’original ».

« J’en assume la diversité », s’empresse-t-il d’ajouter.

Ce groupe est composé de deux agriculteurs, l’un en polyculture élevage dans l’Aisne et l’autre spécialiste des circuits courts en Haute-Savoie, et d’une quinzaine de personnalités aussi différentes qu’un ancien ministre, un président de coopérative, un membre du CSA, un écrivain, deux grands chefs, un banquier…

L’objectif de ce groupe, qui se réunira sur une base mensuelle est de  « fixer une orientation pour l’agriculture française et européenne ».


Groupe de réflexion ou réunion d'intérêts particuliers ?

Le ministre de l’Agriculture vient d’installer un groupe de réflexion sur l’avenir de l’agriculture ! Un de plus, diront les sceptiques !

Ce qui interpelle surtout c’est la composition de ce groupe où vont siéger des personnalités qui ont toujours affiché à l’égard de l’agriculture une position définitive et très éloignée des intérêts des agriculteurs.

Qui croyez-vous que Monsieur Bédier, par exemple, le porte-parole de la grande distribution, viendra défendre dans ce groupe, sinon les intérêts de la grande distribution ?

Monsieur Bédier ne réfléchira pas à la question centrale du revenu des agriculteurs car, il viendra au ministère défendre ses marges. Comme il l’a toujours fait et comme il a encore asséné sans ambiguïté  le 26 janvier dernier alors qu’il évoquait les crises agricoles : « la valeur ajoutée ne se partage pas ! ».

Dans ces conditions, qu’attendre de Monsieur Bédier ? Rien. Nicolas Vanier, le grand voyageur, auteur de livres et de films naturalistes viendra, sans doute, défendre la présence du loup en France en expliquant qu’il est possible d’envisager, chez nous, la cohabitation des troupeaux et celle du grand prédateur.

C’est tout le sens de son dernier film « Loup » dans lequel un jeune éleveur du peuple des Évènes sacrifie le troupeau de rennes et met en danger sa tribu en protégeant une meute de loups. En constituant ce groupe hétéroclite, Bruno le Maire prend le risque de faire plancher des personnalités qui ont à l’égard de l’agriculture soit une connaissance lointaine, soit des positions tranchées et hostiles.

Les deux agriculteurs(1), sur 16 membres, qui connaissent le sujet de l’intérieur, auront fort à faire pour résister à la pression des lieux communs et des intérêts particuliers que viendront défendre ces personnalités.

Enfin, cette décision du ministre en dit long sur la confiance du pouvoir actuel à l’égard des organisations professionnelles agricoles légitimes,  qu’elles soient majoritaires ou minoritaires. Le jeune ministre pourrait un jour regretter d’avoir, avec cette opération, brûlé ses vaisseaux !

(1) Pascale Thomasson agricultrice en Haute-Savoie et Bertrand Magnien, agriculteur dans l'Aisne




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