Les projets d’équipement en photovoltaïque de moins de 250 kilowatts déposés entre le 1er novembre 2009 et le 11 janvier 2010 pourront bénéficier du tarif initial de rachat de l’énergie produite. Une décision saluée par les chambres d’agriculture et par la FNSEA.
Le 12 janvier 2010 un arrêté du ministère du Développement rural modifiait, avec effet rétroactif au 1er novembre 2009, les tarifs de rachat de l’électricité produite au moyen de panneaux photovoltaïques.
L’objectif du gouvernement était de mettre un terme au développement d’un effet d’aubaine qui permettait à des financiers d’investir massivement dans l’énergie solaire en se faisant payer l’électricité à un prix très rémunérateur. La décision du ministère parfaitement légitime au regard des abus constatés s’est cependant retournée contre les projets de taille modeste déposés par les agriculteurs.
Dans une action concertée entre les chambres d’agriculture, la FNSEA et les JA, le ministère du Développement rural vient de prendre en compte les demandes de la profession agricole et de confirmer la prise en considération de tous les dossiers de demandes déposés entre le 1er novembre 2009 et le 11 janvier 2010 pour les équipements photovoltaïques inférieurs à 250 kilowatts.
Par ailleurs, le maintien du tarif initial pour les agriculteurs ayant investi dans le photovoltaïque entre le 1er novembre et le 11 janvier, période de transition dans l’application des tarifs de rachat, est confirmé.
Il faut augmenter les tarifs pour les agriculteurs
L’APCA et la FNSEA se félicitent de cette décision qui reconnaît l’importance de l’agriculture dans la production d’énergies renouvelables.
Cependant, la FNSEA et les chambres d’agriculture, par la voix de leur secrétaire général Jo Giroud, demandent un relèvement des tarifs dont la nouvelle grille favorise les équipements de plus de 250 kilowatts mais pénalisent les petits équipements compris entre 36 et 250 kilowatts.
« Il n’est pas normal de favoriser ceux qui sont à l’origine de la bulle spéculative constatée cette fin d’année sur le photovoltaïque », indique Jo Giroud qui veut défendre les « équipements de moins de 250 kilowatts sur bâtiments agricoles, à usage professionnel, fermés sur trois faces et pour lesquels il faudrait porter le tarif à 50 centimes d’euro ».
Cette position permet par ailleurs de condamner les équipements au sol contre lesquels se battent les chambres d’agriculture, la FNSEA et les JA. C’est d’autant plus d’actualité que quelques projets gigantesques sont à l’étude.
Dans les Landes, au cœur de la forêt détruite par la tempête Klaus en janvier 2009, une installation de 317 hectares de panneaux photovoltaïques sera connectée au réseau EDF en juin 2010 et deviendra la plus grande unité de production d’énergie solaire d’Europe. Cet équipement a même nécessité le drainage du terrain pour en faciliter l’accès.
L’énergie solaire qui grignote la forêt et assèche des zones humides ! L’écologie est aussi, comme les autres activités humaines, confrontée à ses contradictions.


