Si des progrès récents ont été constatés en matière de lutte contre l’insécurité routière, avec notamment une baisse sensible des accidents liés à la vitesse, il n’en est pas de même pour l’alcool au volant.
Il faut savoir qu’un accident mortel sur trois est imputable à l’alcool et que, triste constat, depuis une dizaine d’années, ce facteur de risque ne recule pas. Il est même aujourd’hui devenu la première cause d’accidents mortels sur la route.
Chacun doit se convaincre qu’en tant qu’usager de la route, il devient le principal acteur dans la lutte contre l’insécurité routière.
Les effets de l’alcool sur la conduite
La première menace, c’est l’euphorie procurée par l’alcool, même à petite dose. D’ailleurs, le risque survient bien avant l’état d’ébriété.
Les premières perturbations apparaissent dès 0,3 g d’alcool par litre de sang et augmentent en fonction de la consommation :
• troubles visuels (rétrécissement du champ de vision, augmentation de la sensation d’éblouissement, mauvaise appréciation des distances…),
• allongement du temps de réaction,
• diminution de la vigilance et de la résistance à la fatigue,
• troubles de l’équilibre, de la coordination des mouvements,
• effet désinhibant qui amène le conducteur à sous-évaluer les risques et à transgresser les interdits.
Mesure des risques de l’alcool sur la conduite
• Des risques pour votre sécurité
Le risque d’accident augmente de manière exponentielle en fonction de l’alcoolémie.
À partir de 0,50 g d’alcool par litre de sang (limite légale autorisée), le risque d’accident est multiplié par deux. Lorsque la consommation atteint 0,80 g d’alcool par litre de sang, ce risque d’accident est multiplié par 10.
• Des risques pour votre permis
0,5 g/l : vous êtes passible d’une contravention de 4e classe (amende forfaitaire de 135 euros), d’un retrait de 6 points sur le permis et éventuellement d’une suspension de permis pendant 3 ans.
0,8 g/l : vous commettez un délit passible de deux ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant aller jusqu’à 4 500 euros, en plus bien entendu du retrait de 6 points sur le permis. Le permis peut vous être retiré immédiatement, suspendu, annulé pendant trois ans.
En période probatoire (conducteur novice) : le permis est invalidé.
Bien avoir à l’esprit que 0,5 g d’alcool/litre dans le sang correspond à 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré (mesure habituellement prise par l’éthylomètre lors d’un contrôle de gendarmerie).
• Des risques pour votre assurance
Si vous provoquez un accident en état d’imprégnation alcoolique, les éventuelles victimes seront bien sûr indemnisées. Par contre, votre indemnité d’assurance peut être limitée ou même exclue.
- vous ne serez pas remboursé des réparations de votre véhicule,
- votre indemnité pour vos dommages corporels sera diminuée, voire supprimée,
- vous ne serez pas défendu par votre société d’assurances devant les tribunaux.
Des effets rapides, mais une élimination très lente
Le taux d’alcoolémie monte très rapidement dans le sang. Il atteint son maximum au bout d’une demi-heure, si l’on est à jeun, au bout d’une heure, au cours d’un repas. En revanche, il redescend très lentement, au maximum 0,10 à 0,15 g/heure.
Concrètement, il faut 1 à 2 heures pour éliminer un verre d’alcool (dose bar et non pas dose « maison ») et aucune astuce ne permet d’éliminer l’alcool plus rapidement. Et même si l’alcoolémie » peut légèrement varier en fonction de l’âge, du poids, du sexe de la personne, l’élimination de l’alcool restera toujours très lente.
Quelques conseils pour rester maître de sa sécurité
- Avant une sortie entre amis, organisez-vous en choisissant le conducteur qui ne consommera pas d’alcool.
- Ne prenez pas le volant si vous avez bu plus de trois verres ; confiez-le à une personne sobre en cas de taux supérieur à 0,50 g d’alcool par litre de sang.
- Un seul moyen pour tester votre taux : ayez à disposition dans votre voiture un éthylotest jetable : lors de l’achat, choisissez un produit portant le label « NF » et vérifiez régulièrement que le délai de validité n’est pas expiré. Attendez 20 minutes après l’absorption du dernier verre pour souffler.
- Refusez de monter avec un conducteur ayant consommé de l’alcool : les victimes dans les accidents avec alcool sont aussi des passagers sobres.
- Ne prenez jamais le volant si vous avez consommé à la fois de l’alcool et des médicaments : consommés seuls, certains médicaments (somnifères, antidépresseurs,…) sont incompatibles avec la conduite car ils peuvent avoir un effet sédatif, et donc entraîner des baisses de la vigilance. Lorsqu’ils sont consommés avec de l’alcool, les effets sont amplifiés.


