Organiser l'équilibre de la filière laitière par l'offre, tel était le rôle des quotas laitiers instaurés en 1984. Lié aux hectares, non marchand et contrôlé par l'administration, ce mécanisme, certes imparfait et même parfois injuste, aura fini par être adopté et défendu par la profession parce que globalement satisfaisant.
Ce modèle aura vécu 30 ans. Ses derniers défenseurs - la France en particulier - ont fini par rallier la pensée européenne majoritaire.
La grave crise laitière actuelle ayant pris naissance sous le régime des quotas et dans un contexte de sous-réalisation de la production, aura sans doute fini par convaincre de l'incapacité des quotas à éviter ce genre de crise, anéantissant toute éventuelle remise en cause de la sortie des quotas.
L'atterrissage est annoncé « en douceur », mais la situation catastrophique de la plupart des marchés agricoles en ce moment prouve une fois de plus que sans organisation collective, sans régulation et sans volonté politique ni intervention publique l'agriculture ne peut fonctionner.
Le constat est donc fait, les décisions prises : les quotas ne donnent plus satisfaction ! Nous allons en sortir, mais aucun mécanisme n'est aujourd'hui prêt pour les remplacer.
Nous devons construire l'après-quotas, donner du contenu à ce qui est appelé la contractualisation. Le changement est profond !
Si nous passons d'une organisation par l'offre à une organisation par la demande, qui détiendra alors la demande et donc la capacité à attribuer les droits à produire ?
Une certitude demeure pour qu'une production perdure : il doit lui correspondre un marché !
Le sujet est complexe, les enjeux majeurs et nous devons sans tarder être en capacité de faire des propositions sur ce que nous souhaitons pour notre région fromagère, si nous ne voulons pas que soient déstabilisées nos filières AOC .
Le conseil d'administration de la FDCL a choisi de mettre ce thème à l'ordre du jour de son assemblée générale. Nous avons, à cette occasion, invité nos voisins suisses à venir témoigner de leur expérience en la matière. Producteur, transformateur ainsi qu'un représentant de l'office fédéral nous feront partager la situation suisse neuf mois après leur sortie du contingentement.
Rendez-vous est donc donné le lundi 22 mars prochain, à Champagnole, pour évoquer ce sujet ainsi que tous ceux qui alimentent l'actualité et bouleversent le paysage laitier en cette période de grande instabilité.


