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Sur le stand de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer reçoit Michel Mercier, le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’espace rural accompagné de Jo Giroud, le secrétaire général de l’APCA. |
Ce Salon 2010 situé à une semaine du premier tour des élections régionales a été rythmé par le ballet d’élus politiques et de ministres venus au chevet d’une agriculture malade d’une profonde crise économique et de confiance. Même le chef de l’État est venu, comme les autres, flatter la croupe des vaches et dire qu’en matière d’environnement « ça commence à bien faire ! ».
L’absence du président de la République à l’ouverture du Salon, puis sa venue tardive, suivie de ses déclarations sur l’environnement tournant le dos au Grenelle de l’environnement qu’il avait pourtant imposé comme un modèle ont suscité, tout au long de la semaine, des déclarations contradictoires.
La FNSEA d’abord et son président Jean-Michel Lemétayer selon lequel le chef de l’État « a beaucoup de difficultés avec la campagne, avec le monde paysan ».
En échos à cette remarque, un sondage Ifop publié pendant le Salon dans le Figaro, fait état d’une baisse de la popularité de Nicolas Sarkozy auprès du monde paysan : 47 % d’opinions favorables contre 56 % l’an dernier.
La FNSEA sévère à l’égard du président de la République à cependant salué à la clôture du Salon et après deux heures de table ronde, l’effort supplémentaire annoncé pour renforcer le dispositif d’aide d’urgence décidé fin 2009.
Assez de prêts, on veut des prix
Chacun sait pourtant, la FNSEA en tête, que ces mesures ne sont que des baumes sur une agriculture gravement malade de l’absence durable de prix des produits agricoles. Or les prix agricoles ne se redresseront que si l’Europe accepte enfin une stricte préférence communautaire, l’autre nom du protectionnisme que personne ne veut prononcer.
Car chacun comprend que des charges et des contraintes environnementales franco-françaises sont définitivement incompatibles avec la mise en concurrence de produits venus de pays où il n’existe ni charges sociales, ni contraintes environnementales, ni règles sanitaires comparables aux nôtres.
C’est le principe même de la concurrence loyale et non faussée, l’un des fondements de tout commerce, qui est en permanence bafoué.
Si l’Europe a un sens, si elle veut encore représenter un idéal et un espoir pour les générations futures.
Si elle veut constituer un espace géographique de paix, de bien-être et de progrès, alors ses dirigeants devront placer ces valeurs humaines au-dessus des intérêts financiers de quelques groupes qui n’ont pour religion que de commercer sans frein ni contrainte.
Qui dit vrai sur l’environnement ?
Enfin ce Salon aura été l’occasion d’aborder la question de l’agriculture et du respect de l’environnement.
La France voulait être en Europe un exemple à suivre. Elle vient de se raviser. Nicolas Sarkozy estime en effet aujourd’hui que sur l’environnement « ça commence à bien faire ! ».
Mais déjà, le ministre de l’Environnement minimise ses propos en déclarant qu’il s’agit surtout « d’un problème de paperasse et de modalités ». Selon le ministre de l’Environnement, le chef de l’État « ne nous a jamais lâchés et c’est même lui qui nous a toujours poussés à aller plus loin ».
Un jour oui, un jour non ! Les agriculteurs attendent de voir maintenant qui du ministre de l’Environnement ou du président dit vrai.


