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Les anciens agriculteurs lassés
Claude Berger
Jura agricole et rural
Publié le:  11 mars 2010
Page 6 

Grosse colère du président de la Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA devant l’inertie des pouvoirs publics « qui nous baladent depuis trop longtemps sur la question des petites retraites agricoles ».

Profitant des visites ministérielles au Salon, Claude Berger assume ses responsabilités de syndicaliste intransigeant et interpelle la secrétaire d’État  chargée des aînés, Nora Berra, puis, plus tard, Xavier Darcos, le ministre du Travail et des Relations sociales, en charge de la réforme des retraites. Chaque fois c’est pareil, les ministres sourient, compatissent, écoutent et… rien ne change.

« Une veuve d’agriculteur continue de percevoir moins de 500 euros de retraite par mois, c’est-à-dire loin derrière le minimum vieillesse qui n’est pourtant que de 638 euros par mois », s’indigne Claude Berger.

Qui peut sérieusement prétendre que la revalorisation de ces retraites ruinerait le budget national alors que le gouvernement fait valser les milliards en d’autres circonstances et pour d’autres catégories bien moins légitimes et méritantes ?

Ce mépris des petits retraités de l’agriculture, souvent des femmes, est insupportable et Claude Berger, après plus de cinquante ans de syndicalisme, est lassé d’entendre toujours les mêmes discours sans qu’ils ne soient suivis d’actes qui corrigent une fois pour toutes ces injustices flagrantes.

Claude Berger est un militant sincère, passionné, compétent et désintéressé. Il n’a plus le temps ni l’envie d’entendre des propos politiciens policés et insincères. Le président des anciens exploitants ne cache pas son inquiétude devant la montée spectaculaire de la pauvreté en agriculture : « Nos élus ne se rendent pas compte de cette situation et l’on se demande comment il faut leur dire pour être enfin entendus ! »

Cet immobilisme des élus est aussi à l’origine de la terrible division qui menace le monde agricole. Lorsque l’espoir de voir sa situation s’améliorer disparaît, il ne faut pas s’étonner que les voix des marchands d’illusions soient écoutées !




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