Les CER France de la région disposent de chiffres provenant du suivi comptable de 5 000 exploitations. Une première réunion a permis de tracer une synthèse de l’année écoulée, de développer les tendances en cours et de présenter en réflexion des pistes d’action.
Si chaque département franc-comtois dispose d’analyses fines en termes économiques, la Franche-Comté ne disposait pas d’une vue globale. « C’est chose faite aujourd’hui », assure Claude Roussey, président de l’URCER (union régionale des centres d’économie rurale).
Doit-on y voir un symbole ? Certainement car la réunion, une première du genre, se tient dans les murs du Legta Granvelle à Dannemarie-sur-Crête. Studieuse, l’assemblée est retournée sur les bancs de l’école pour découvrir les résultats d’études économiques et prospectives.
Dominique Bourgeat revient sur l’exercice 2008-2009 et annonce d’emblée qu’elle présentera quelques tendances pour l’exercice suivant. « Ce travail nous a permis de mettre en synergie trois bases de données, soit 5 000 exploitations », précise le chef du projet d’observatoire régional. Exploitations réparties dans quatre filières : lait sous signe de qualité, lait standard, dominante viande et grandes cultures. « Ceci nous permet de vous présenter des tendances lourdes. »
Les laits sous signes de qualité maintiennent leur cap avec une bonne tenue du marché des fromages et une hausse des volumes alors que la production par vache est en baisse. « Mais ce qui nous préoccupe, c’est l’épidémie de fièvre acheteuse. Des seuils d’équilibre poseront des problèmes pour certaines exploitations. »
Le lait standard joue le grand écart avec des prix en hausse en début d’exercice réfrénée par une forte décrue. « Il faut noter que les charges opérationnelles et les charges fixes sont en hausse. »
La filière à dominante viande subit les effets de la FCO, la hausse des intrants, que ne contrebalancent pas les cours en baisse comme l’est la production. « Une situation à analyser avec prudence car les exploitations sont très hétérogènes. »
Optimiser les outils
En grandes cultures, il convient de distinguer les céréales à paille et les colzas. Les premiers ont de bons rendements mais la baisse de leur prix dépasse les 20 %. Quant aux colzas, les rendements sont très bons malgré les charançons mais les cours sont très fluctuants.
Mécanisation et mises aux normes et flux de trésorerie sont d’autres points abordés. Tout ceci permet de dégager une tendance pour 2009-2010 « sur des échantillons réels qui nous permettent par anticipation de raisonner à structures et volumes constants. » Avec en corollaire comme inconnues la variation des stocks et l’évolution des charges sociales.
« En lait sous signe de qualité, les filières sont en bonne santé. » Grâce à la maîtrise de la production et des marchés porteurs. « Néanmoins, il faudra se questionner sur l’augmentation des stocks et sur le devenir de la société Entremont. »
D’une certaine manière, les pistes dans lesquelles s’engager s’énoncent ainsi : travailler la marge technico-économique, valoriser l’herbe, optimiser les charges de structures, réfléchir au développement d’ateliers ou à la création d’activités complémentaires… « Pour ne pas s’endormir sur ses lauriers et préparer 2013. »
Une réflexion dans ce sens concerne aussi les exploitations en lait standard.
Par ailleurs, les producteurs à dominante viande devront penser à développer les circuits courts afin qu’ils soient plus rémunérateurs. Ils devront aussi viser l’autonomie alimentaire tout en simplifiant la conduite des ateliers.
Reste le cas des grandes cultures où les marchés sont très volatils. S’il faut gagner dans l’optimisation technico-économique, il faut de « façon très urgente raisonner l’investissement et valoriser les outils de commercialisation car nous sommes de plus en plus tributaires de la mondialisation. »
« Il ne reste plus qu’à avoir une vision de projets avant d’optimiser les outils », rappelle Jean-Marc Vuillemin.
Comme favoriser la culture de la valorisation de l’herbe en tant que facteur économique pense un intervenant. « En étant bien conscient qu’elle est moins flexible que le maïs, il faut y penser si on envisage de produire des laits de dégagement », poursuit Vincent Thoral. Il faudra donc s’adapter pour rester un producteur dynamique en améliorant ses marges de sécurité, en raisonnant ses prix de seuil.
Pour passer la crise en zone basse ; pour créer des marges de manœuvre en zone haute. La réflexion doit aussi s’engager à viser une cohérence entre outil, objectifs, et facteur de production tout en s’insérant dans son environnement en tant qu’acteur. Car l’entreprise agricole devra être de plus en plus flexible.
« A l’automne, nous vous donnerons des résultats définitifs », conclut Claude Roussey.


