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Premières esquisses de la future Pac
Politique agricole
Jura agricole et rural
Publié le:  14 avril 2010
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Jean-Luc Demarty, directeur général de l’agriculture à la Commission européenne plaide pour le maintien des subventions.

La prochaine Pac devra conserver des outils de gestion du marché, garder un socle d’aides directes et mettre en place de nouveaux dispositifs de soutien au revenu comme les fonds mutuels, a indiqué Jean-Luc Demarty, le directeur de l’agriculture à la Commission européenne aux étudiants de Sciences politiques à Paris, le 7 avril. Mais la partie n’est pas gagnée.

La politique agricole commune n’a pas que des défenseurs à Bruxelles. Alors que s’engage le débat sur les perspectives financières de l’Union européenne et le contenu de la prochaine Pac au-delà de 2013, des voix s’élèvent pour dénoncer ses effets pervers.

« C’est un désastre »,  n’hésite pas à déclarer Thijs Berman, parlementaire européen d’origine néerlandaise et qui fut membre de la Commission de l’agriculture et du développement rural dans la précédente législature, lors d’un débat organisé par touteleurope.fr à l’Institut d’Études politiques en partenariat avec l’Association des journalistes agricoles, le 7 avril à Paris. Et de pointer ses défauts réels ou supposés. Les revenus agricoles ? Ils se sont effondrés, alors que « les agriculteurs sont contraints d’investir de plus en plus » pour un revenu toujours plus faible.

La biodiversité ? Elle s’est dégradée, « à cause de l’agriculture intensive ».  Les inégalités entre États au niveau des aides ? « L’agriculture néerlandaise est moins subventionnée que la française : 11 000 euros par exploitation en France, en moyenne, contre 3000  euros aux Pays-Bas » assène le parlementaire européen qui reproche également à la Pac de favoriser l’obésité européenne au détriment de la santé.

Et d’évoquer une « Pac sans aide », à l’image de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie chez qui la suppression des aides aux agriculteurs n’a pas trop mal réussi. Du moins à son avis. « Un mauvais procès » estime Jean-Christophe Bureau, chercheur à l’Inra.

« Un propos caricatural » pour Jean-Luc Demarty, directeur général de l’Agriculture et du Développement rural à la Commission européenne. Mais les uns et les autres insistent néanmoins sur la nécessité de réformer les dispositifs actuels.

Convergences européennes

On en sait d’ailleurs un peu plus sur les propositions que pourrait faire la Commission de Bruxelles à la fin de l’année. Propositions qui combinent à la fois des mesures de gestion de marché et des aides au revenu.

Sur le soutien des prix, Jean-Luc Demarty a évoqué le maintien de mécanismes d’intervention, le stockage public et privé, mais à des niveaux très bas pour éviter la constitution de stocks pléthoriques. Quant aux aides, elles doivent être maintenues « pour éviter que la production ne se concentre dans les zones les plus fertiles ».

Mais elles ne doivent plus être accordées sur une base historique « qui n’a plus aucune justification ». Tout en veillant à ce que le niveau d’aides à l’hectare se rapproche d’un pays à l’autre. Elles sont en moyenne de l’ordre de 300 euros/ha dans les anciens états membres de l’Union, contre 180 euros/ha pour les nouveaux.

La Pac va se « verdir »

Le directeur de l’Agriculture y ajoute la mise en place de nouveaux instruments de soutien comme les fonds mutuels soutenus par l’Union européenne et les États membres.

Un mécanisme qui consiste à prélever de l’argent quand les cours sont bons pour les redistribuer en situation de crise. Et il plaide aussi pour une dérogation au droit de la concurrence pour renforcer le poids des agriculteurs  dans les négociations avec leurs partenaires de l’aval.

Il devrait faire une proposition en ce sens dans le cadre du groupe de haut niveau sur le lait qu’il préside et qui devrait rendre ses conclusions dans quelques semaines. En indiquant au passage qu’il croyait « modérément » aux interprofessions.

Un accord général se dégage également sur la nécessité de « verdir » les aides de la Pac, du moins en durcissant les critères d’attribution au regard de la protection de l’environnement, de la préservation de la biodiversité, ou du bien-être animal. Voire en prévoyant des financements spécifiques pour la sauvegarde de ce qu’on appelle désormais les biens publics




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