Le comité national des appellations d’origine de l’Inao a approuvé le 2 avril le projet de cahier des charges « Bœuf de Charolles ». Désormais, il appartient aux ministres concernés de signer le décret et d’attendre sa publication au Journal officiel pour que le « Bœuf de Charolles » soit définitivement reconnu la quatrième AOC de viande bovine.
La France comptera bientôt une quatrième AOC viande bovine. En effet, après les AOC « Maine-Anjou », « Fin gras du Mézenc » et « Taureau de Camargue », l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) a approuvé le 2 avril 2010 le projet de cahier des charges « Bœuf de Charolles » dans la perspective d’une reconnaissance de cette quatrième appellation d’origine contrôlée (AOC) en viande bovine.
L’AOC concernera 150 éleveurs produisant chaque année 600 carcasses, soit environ 258 tonnes.
La production est répartie sur 355 communes des départements de la Loire (55 communes), du Rhône (une commune, celle de Thizy), de la Saône-et-Loire (284 communes) et de la Nièvre (15 communes) des régions Bourgogne et Rhône-Alpes.
« Cette aire géographique repose sur le berceau historique de la race charolaise dont les conditions climatiques ainsi que les caractéristiques du sol favorisent l’élevage et l’engraissement des bovins », précise un communiqué de l’Inao. « Le savoir-faire des éleveurs, propre à la sélection des bovins s’est maintenu depuis 300 ans pour témoigner aujourd’hui d’un véritable produit de qualité », ajoute l’Inao.
Une reconnaissance de la qualité
Mais déjà, neuf communes du Morvan et de l’Autunois contestent cette liste de communes de l’aire géographique du « Bœuf de Charolles » et demandent pourquoi elles ont été exclues de la première liste établie en 2007. Il semble que la nature du sol de cette zone et son altitude, supérieure à 500 mètres, constituent l’explication de cette exclusion.
En attendant, l’immense travail accompli, notamment par le syndicat de défense et de promotion de la viande Bœuf de Charolles et son président Jean-François Ravault est aujourd’hui couronné. En effet, les premières discussions concernant cette reconnaissance de la qualité de l’élevage du charolais datent de 17 ans et le premier dossier déposé auprès de l’Inao remonte à dix ans.
Le cahier des charges adopté
Les exploitations qui seront autorisées à produire l’AOC Bœuf de Charolles devront présenter 75% de surface en herbe. On ne devra pas compter plus de 1,8 bovin à l’hectare et il faudra que le bœuf de Charolles soit né, élevé, engraissé et abattu sur la zone AOC.
L’exploitation devra avoir des prés d’engraissement, c’est-à-dire des prairies offrant les capacités en herbe pour finir l’alimentation des animaux, avec un minimum d’apports extérieurs.
L’alimentation complémentaire en céréales devra être constituée à 70 % de tourteaux de lin, ce qui avait été initié par les éleveurs charolais au début du siècle. n


