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Un bilan économique positif
Jura agricole et rural
Publié le:  22 avril 2010
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La réduction des intrants en production intégrée conduit parfois à une perte de rendement. L'Inra montre que l'on peut minimiser cette baisse en choisissant des systèmes de culture appropriés et ainsi obtenir un bilan économique positif pour l'agriculteur même si la récolte est moins abondante.

Diminuer les intrants s'accompagne souvent d'une baisse de rendement à la récolte. Les chercheurs de l'Inra conduisent des expérimentations sur plusieurs années pour tester des itinéraires techniques compatibles avec la réduction d'intrants tout en minimisant la baisse de rendement.

Ainsi, une expérimentation menée pendant huit ans à l'Inra de Dijon-Époisses, montre qu'il est  possible de réduire les herbicides de 55 à 70 % avec une diminution du rendement nulle pour l'orge, de -7 % pour le colza et de -16 % pour le blé. Pour cela, il a été nécessaire d'allonger la rotation des cultures (6 ans au lieu de 3 ans) et de mettre en place des peuplements plus compétitifs (semis plus denses).

L'itinéraire technique est complété par le désherbage mécanique en végétation (binage, hersage) et la technique du " faux semis", qui consiste à travailler le sol bien avant le semis pour faire germer les mauvaises herbes et les détruire à des stades jeunes avant de semer la culture.

Une meilleure marge

Pour apprécier globalement l'impact économique pour l'agriculteur d'une conduite à intrants réduits, il faut tenir compte de l'ensemble de ses dépenses (quantité et prix des intrants, y compris fuel) et de ses recettes (quantité récoltée, prix de vente de la récolte). Ce calcul de marge a été réalisé à l'Inra dans le cadre d'une autre expérimentation : le « réseau blé rustiques ».

Ce test comporte une trentaine d'essais menés dans le Nord-Ouest de la France entre 2004 et 2007.

Dans ces essais, on compare deux systèmes de culture : une variété de blé productive cultivée pour maximiser le rendement et une variété de blé dite « rustique », c'est-à-dire multirésistante aux maladies et à la verse, cultivée avec un système à niveau d'intrants réduit.

Dans ce dernier système, on diminue la densité de semis et la fertilisation azotée et on accepte une diminution modérée de rendement (9 % en moyenne sur les 4 ans).

Si on calcule la marge brute, on constate que le système à bas intrants est plus intéressant que le système conventionnel car la baisse du rendement est compensée par la baisse des coûts. Mais ceci n'est valable que si le prix du blé est inférieur à 140 euros la tonne.

En revanche, si le prix du blé est supérieur à 140 euros la tonne, le système à bas intrants dégage, suivant les années, des marges légèrement inférieures ou égales au système de référence. Ces résultats montrent que l'agriculteur peut trouver avantage sur le plan économique à développer ces nouveaux itinéraires techniques à bas intrants.




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