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La bio à l’épreuve du marché
Jura agricole et rural
Publié le:  22 avril 2010
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La viticulture bio connaît un développement de ses volumes sans précédent. Les opérateurs doivent maintenant gérer cette expansion pour ne pas subir la loi du marché comme les vins conventionnels.

Présenté par la directrice de Corabio, Marinette Feuillade, comme « l’un des meilleurs spécialistes nationaux de la bio », le directeur de l’association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc-Roussillon, Thierry Duchenne, a décrit un tableau relativement exhaustif de la viticulture bio et de son marché. La surface de vignes bio a triplé en 10 ans. Elle atteint aujourd’hui 3,3 % de la SAU. Une tendance qui se confirme.

En Rhône-Alpes, les surfaces en conversion sont quasi équivalentes (environ 1000 ha) aux surfaces déjà labellisées. Du coup, l’objectif du plan Barnier de 6 % de la SAU en 2012 sera vraisemblablement atteint.

Le négoce et la coopération s’y mettent

Le bio n’est plus une production confidentielle. Elle concerne tout type de vins : les AOC (45 %), les vins de pays (53 %) et les vins de table (20 %). Pour l’instant, la coopération est sous-représentée, mais cela pourrait changer comme en Beaujolais où la structure Bully-Quincié se lance avec conviction.

En 2009, la surface en bio cultivée a atteint 30 ha contre 1,5 ha l’année précédente. « C’est d’abord une démarche de producteurs. Il ne faut pas sous-estimer les contraintes techniques », estime Bruno Romany, coopérateur bio et trésorier de la cave.

Jusqu’où peut aller ce développement ? « Aujourd’hui, l’écart de prix est conséquent, mais cela va-t-il durer ? Il n’est pas question de brader ce marché ! Ce n’est parce qu’aujourd’hui la demande est forte qu’il faut se dispenser de communiquer. On a déjà fait cette erreur avec le beaujolais nouveau ! »

Si la vente directe domine le marché (64 %), notamment grâce à l’export (52 %), l’accroissement des volumes risque de changer la donne. « Le marché français se réveille depuis l’an passé », estime Martine Vermorel, président de l’association des viticulteurs bio du Beaujolais.

Du côté du négoce, ce marché a longtemps été réservé à des spécialistes, mais les négoces historiques pointent le bout de leur nez. Certains envisagent de convertir leur propriété à l’instar du négoce Jeanjean dans le sud de la France «  On parle là de 1000 hectares », précise Thierry Duchenne.

La GMS discrète... pour l’instant

Autre acteur incontournable appelé à « investir » le marché des vins bio : la grande distribution. Elle ne commercialise pour l’heure que 5 à 7 % des volumes bio (contre 84 % du conventionnel). « Elle va s’y mettre, c’est incontournable. Le positif, c’est que ces vins seront accessibles au plus grand nombre. Le risque, c’est de voir chuter les prix ». Une inquiétude pour les producteurs, les raisins bio coûtent cher à cultiver. Pour l’instant, l’écart entre vins bio et conventionnels se maintient : de 50 à 100 % sur les rouges et rosés, 20 à 25 % sur les blancs.

« Il n’y a pas à s’inquiéter pour les 3 ou 4 prochaines années. Mais ensuite... ». Les producteurs devront recruter de nouveaux consommateurs, parmi les amateurs de vin plus que parmi les consommateurs de produits bio, globalement peu tentés par le vin.




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