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À la demande de la FDSEA et des JA du Jura, la préfète s'est rendue à Lavangeot et Romange pour se rendre compte, concrètement, des difficultés rencontrées sur une exploitation de polyculture – élevage, en lait standard.
«Il faut absolument que quelque chose se passe, que les cours remontent dans toutes les productions, car nous avons des échéances à honorer et les banquiers ne nous font pas de cadeaux. Nous avons déjà réduit nos charges, nos salaires et maintenant c'est notre trésorerie personnelle qui s'épuise ! ».
À l'entendre, Cyril Maignan est un garçon plutôt posé. Il n'a pas besoin d'élever la voix, de crier pour se faire entendre de la préfète du Jura qui, ce jour, est venue jusqu'à Lavangeot pour prendre le pouls d'une exploitation de polyculture élevage, en lait standard, sur le secteur du Bas Jura.
La représentante de l'État est très attentive aux propos tenus. Même si elle reconnaît « ne pas être une spécialiste du domaine agricole » et « être venue pour écouter et comprendre la difficulté de ces jeunes ».
Ces jeunes ne sont autres que Cyril Maignan et Lars Sempach, deux des trois associés de la société civile laitière du Château, à Romange. Ils parlent de cette société qui a été créée de manière un peu précipitée, suite au départ des parents de Cyril.
Les deux hommes disent leurs inquiétudes. Pour l'exploitation dont les quelques réserves de trésorerie sont épuisées et où le seuil critique sera vite atteint sans remontée des cours dans les mois qui viennent.
Pour la filière aussi où le cocktail « cours au plus bas » et « nouvelle PAC » sera fatal pour beaucoup. Sans parler des effets qui se font déjà ressentir chez les fournisseurs.
Stop aux distorsions de concurrence
Le président de la FDSEA du Jura est là. Il martèle : « cela fait six mois que le Président de la République est venu dans le Jura et qu'on ne voit toujours rien au niveau des prix ! ». Emmanuel Courvoisier des JA, renchérit : « La filière laitière s'enterre petit à petit. Je prends l'exemple de Danone qui voudrait nous faire supporter la situation en remettant en cause les primes de qualité dans la négociation du contrat. »
Frédéric Perrot a conscience que la clé du problème est d'abord européenne. « Il faut que l'Europe joue un rôle de régulateur. Beaucoup de projets sont gelés à cause de la crise. Il y a urgence que les cours remontent, urgence que l'on intervienne sur les prix et les charges, sinon des entrepreneurs vont disparaître rapidement... »
Globalement, il demande que l'on lève le pied sur les contraintes - surtout les environnementales - que l'on trouve des solutions aux distorsions de concurrence. Et, au niveau national, que soit dénoncé le monopole des grandes surfaces et mis en place un système qui rende aux producteurs une partie de la valeur ajoutée, et surtout que soit redonnée un peu de perspective économique au travers du FAC...
Des revendications bien entendues par Joëlle Le Mouël qui « les fera remonter ». Localement, elle rappelle que le PSE c'est, dans le Jura, 5,5 millions d'euros de prêts accordés à 270 exploitations, que 290 dossiers ont été éligibles au FAC exploitations pour un montant de 680 000 euros...
Elle évoque le projet de LMA Qui sera débattu au Sénat à la mi-mai et qui se dessine avec une nouvelle donne comprenant un programme pour l'alimentation, la stabilisation des revenus par des contrats entre producteurs et industriels, le renforcement de l'Observatoire des prix, une recherche de gain de compétitivité...
À l'échelle du Jura, les demandes syndicales ont d'abord porté sur un allégement de la barque des nouveautés restrictives dans les dossiers PAC, sur le règlement anticipé du solde de la PMTVA et sur une « souplesse administrative » à donner aux nouveaux dossiers d'installation.


