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Une trentaine de personnes étaient présentes pour cette première porte ouverte |
Emmanuel Oudin s’appuie sur le contrôle de performance de son troupeau allaitant pour raisonner les accouplements et la conduite d’élevage. C’était le thème de la journée Portes ouvertes organisée le 13 avril dernier par BCFC.
Dans un contexte régional où la dynamique est essentiellement laitière, il est important que les éleveurs allaitants sachent qu’ils sont épaulés. C’est l’objet des journées Portes Ouvertes organisées par Bovins Croissance de Franche-Comté, dont la première s’est déroulée le mardi 13 avril à l’EARL Oudin, à Igny (en Haute-Saône).
« À l’heure actuelle, Bovins Croissance de Franche-Comté recense 117 adhérents, pour la plupart éleveurs allaitants, dont 46 réalisent le contrôle de performances », explique en introduction Nathalie Coronel, de la Chambre d’agriculture de Haute-Saône.
C’est encore trop peu pour tirer l’élevage allaitant régional vers le haut ! Au programme de ces journées : information générale sur le contrôle de performances en élevage allaitant, démonstration de pesées, présentation de matériel de pesée et de contention, et surtout échanges autour des résultats de l’exploitation.
Peser les veaux
Par le service VA4, Bovins Croissance de Franche-Comté propose aux éleveurs de réaliser des pesées régulières des veaux, et un pointage au sevrage. Ce suivi permet d’éditer différents documents (Dossier Étable Production, Bilan Génétique Troupeau Allaitant, Bilan des Vêlages…), dont le commentaire et le conseil qui y sont associés permettent d’améliorer conduite et technique d’élevage.
« À l’EARL Oudin, le poids moyen des veaux à 210 jours est de 307 kg pour les femelles, et 309 kg pour les mâles », commente Patrick Vauchot, technicien peseur de BCFC. Des performances élevées, comparativement aux données moyennes en race charolaise de l’ordre de 261 kg pour les femelles, 292 kg pour les mâles à 210 jours. « Ainsi, les veaux mâles affichent un GMQ moyen de 1058 g/j à 120 jours et de 1558 g/j à 210 jours », explique encore le technicien.
Pour les femelles, les croissances observées sont du même niveau avec un GMQ de 1137 g/j à 120 jours et de 1430 g à 210 jours. On remarque aussi un gain de poids de l’ordre de 30 kg par rapport à 2009.
Les premiers veaux nés sont donc prêts à être vendus. Toutefois, Patrick Vauchot note que le poids des femelles pourrait être moins élevé afin d’améliorer la valorisation pastorale à la mise à l’herbe. La ration des femelles pourrait donc être revue à la baisse, avec des économies de fourrage à la clé.
Avec le service « post-sevrage », Bovin Croissance de Franche-Comté propose également un suivi des génisses de renouvellement. « Par des pesées régulières et un pointage à 30 mois, ce service permet de connaître la valeur génétique des femelles du troupeau. C’est une aide intéressante pour l’éleveur dans le choix des futures mères », explique Nathalie Coronel.
Vers un vêlage à 2 ans
« Les génisses de 15 mois de l’EARL Oudin pèsent en moyenne 575 kg, soit une augmentation de 24 kg par rapport à 2007 et de 33 kg par rapport à 2008. Le poids moyen des génisses de 18 à 25 mois est de 789 kg, affichant un GMQ de 836g/j. »
Là encore, le technicien constate que « les génisses valorisent moins bien l’herbe. Sur les 24 génisses de plus de 18 mois, 13 pèsent déjà plus de 600 kg ; elles ont 100 kg de trop pour l’IA ».
Pour cet élevage, la question du vêlage à 2 ans est donc légitime. Avec ces poids élevés, les génisses perdent en fertilité. Celles pour lesquelles l’IA ne prend pas sont valorisées en viande, et le troupeau risque de perdre en valeur génétique.
C’est pourquoi, dès cette campagne, Emmanuel Oudin a prévu de trier les femelles pour en passer une partie en vêlage précoce. Pour faire évoluer sa conduite d’élevage, il pourra compter sur les conseils de BCFC et de Jean-Charles Hanriot, de Génia’test.
Dans son analyse du Bilan Génétique du Troupeaux Allaitant (BGTA édition 2009), Jean-Charles Hanriot, de Génia’test, souligne que « les objectifs de sélection de l’EARL Oudin sont clairement définis : de la croissance sans dégrader le muscle ou le squelette, ce qui traduit des choix équilibrés.
Le niveau moyen des veaux nés est de 101,7 en CRsev, ce qui correspond à un gain de 2,8 kg de poids au sevrage par rapport à la race. » Le BGTA présente un IVMAT moyen des pères de 112,6 et un ALait de 107,7 (soit 8,8 kg de poids en plus au sevrage). « On voit donc clairement que l’éleveur cherche à améliorer les qualités maternelles de son troupeau ».
Toutes ces performances sont le fruit d’un travail de collaboration, d’échanges et de valorisation des données dans le cadre de Bovins Croissance de Franche-Comté. Mais c’est surtout le résultat des choix génétiques que fait Emmanuel Oudin chaque année : en raisonnant le choix des taureaux d’insémination et en accouplant les femelles à partir des index Iboval, il laisse peu de place au hasard !
De bonnes performances
Le potentiel génétique est là et l’éleveur le valorise à plein. Emmanuel Oudin confirme : « le pointage des veaux me guide, d’année en année, et me renseigne sur l’évolution du renouvellement de mon troupeau au niveau génétique, au niveau de la croissance de mes animaux, mais également sur leur qualité et leurs index. La pesée de mes bêtes m’aide à faire des choix quant à ma conduite d’élevage, pour mes rations, mon plan d’accouplements ... »
Une telle réussite est à la portée de tous ! Rendez-vous le 4 mai à Tarcenay au Gaec des fils d’Arsène Cuinet dès 9h30 pour les prochaines Portes ouvertes.
EARL Oudin : Fiche d’identité
100 ha SAU dont 30 HA Scop, 70 ha SF
65 VA de race Charolaise
Adhérent au Herd Book 100% IA
Conduite des génisses en vêlage à 3 ans
Production moyenne : 10 à 15 broutards, 20 taurillons, 8 à 10 génisses grasses et 10 à 15 vaches de réforme
Adhérent de BCFC depuis 2001, en VA4 en 2004, en suivi post-sevrage en 2007.
Bilan Génétique du Troupeau Allaitant
Ce document, édité chaque année au printemps pour les éleveurs allaitants en contrôle de performances, reprend les performances génétiques et techniques du troupeau sur la campagne précédente.
Il est constitué d’un volet de synthèse, et reprend les listes des taureaux, des vaches en production et des génisses avec leurs index Iboval. Enfin, un volet troupeau, remis par le technicien à l’éleveur, présente une synthèse de la conduite du troupeau (IVV, pyramide des âges des vaches…), du niveau génétique des vaches et de son évolution, du niveau génétique des pères et des veaux nés… Les différents graphiques permettent notamment de mettre en évidence « l’effet élevage ».


