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Nicolas Sarkozy, lors de sa visite à Poligny dans le Jura. |
Lorsque la situation est grave ou l’exige, le président de la République monte en première ligne et reprend la main sur les dossiers délicats. C’est ce qu’il a fait, le 27 octobre dernier, en venant à Poligny dans le Jura annoncer un plan de soutien exceptionnel à l’agriculture. Dans la capitale du comté, il a dévoilé une batterie de mesures comprenant un milliard d’euros de prêts bancaires et 650 millions d’euros de soutiens exceptionnels de l’État pour faire face à une crise agricole sévère et qui touche toutes les productions et toutes les régions. Le bilan 6 mois après.
La publication du revenu net d’entreprise agricole pour l’année 2009 par la Commission des comptes de l’agriculture confirme ce que tout le monde craignait et savait déjà. Les revenus agricoles sont en baisse.
Ce qui a un peu plus surpris, c’est le niveau de la baisse : - 34 % en 2009. Une baisse de revenu qui fait suite à celle de l’année précédente : - 20 % en 2008. Personne n’est épargné, toutes les filières de production sont touchées à des niveaux plus ou moins élevés.
L’analyse des chiffres montre que la baisse des revenus est surtout liée à la baisse des prix des produits agricoles dans la plupart des productions.
Comme l’a dit Nicolas Sarkozy à Poligny : « la crise que traverse l’ensemble du secteur agricole n’est pas une simple crise conjoncturelle dont les traces seraient appelées à être vite effacées. Cette crise est structurelle.» L’analyse est d’ailleurs partagée par la profession et le syndicalisme. Pour faire face à cette crise, « la plus grave depuis trente ans » selon le ministre de l’Agriculture, le Président a proposé « un nouvel élan pour l’agriculture française ».
Sa stratégie se décline en trois points : une régulation rénovée de l’agriculture et de l’agroalimentaire en Europe et dans le monde ; la poursuite de la modernisation de l’agriculture pour préparer la Pac en 2013 avec une loi en discussion et, pour parer au plus urgent devant le désarroi des agriculteurs, la mise en œuvre d’un plan de soutien exceptionnel.
Parer au plus pressé
Dans les exploitations, les situations économiques et financières sont très tendues. Il faut faire face aux charges, assurer les investissements pour la future campagne mais les besoins en trésorerie font défaut.
Les agriculteurs attendent des mesures efficaces et surtout rapides. Dans l’urgence de la situation, le 27 octobre, le Président a annoncé la mise en œuvre d’un plan de soutien exceptionnel, doté d’un milliard d’euros de bonification de prêts bancaires et de 650 millions de soutiens de l’État.
Ce plan rassemble des prêts de reconstitution de fonds de roulement et des prêts de consolidation de l’annuité 2010 ainsi qu’une série de dispositifs visant à alléger les charges financières et sociales.
Les prêts de reconstitution de trésorerie ont été très sollicités.
En Franche-Comté, 1 278 prêts de reconstitution de fonds de roulement ont été accordés (au 26 avril) pour un montant total de 29,4 millions d’euros. Selon la Draaf régionale, au 22 avril, 46 % du montant a déjà été versé aux agriculteurs (contre 29 % au niveau national) et les paiements devraient être achevés fin juin.
En Rhône-Alpes, 4 165 prêts ont été contractés auprès des banques pour un montant total de plus de 82 millions d’euros et la Saône-et-Loire a eu plus de 1 500 demandes pour un montant total de plus de 33,4 millions de prêts. Les besoins de trésorerie étaient là, ces prêts étaient nécessaires, la demande a été forte, l’État a même dû rallonger l’enveloppe de 1 à 1,8 milliard. Autre mesure qui a été fortement sollicitée, le fonds d’allégement des charges (FAC).
Plus de 2 000 dossiers éligibles en Saône-et-Loire (au 29 avril) pour plus de 3,3 millions d’euros ; en Franche-Comté les demandes (1 800) ont dépassé les prévisions et s’élèvent à 8,4 millions d’euros (le double de l’enveloppe fixée à 4,3 millions d’euros). La région Rhône-Alpes, au titre du FAC, a reçu 6 844 demandes.
Régler les problèmes de fond
Dans les cours de ferme, dans les bureaux des banquiers ou encore dans les rangs des syndicalistes, tout le monde s’accorde à dire que ce plan de soutien exceptionnel était nécessaire, qu’il a été plutôt bien utilisé mais personne n’oublie de dire que ces prêts ne sont que des prêts et qu’il faudra bien les rembourser.
« Si ce plan de soutien a permis de donner un peu d’oxygène dans les trésoreries, il ne règle rien en profondeur. » selon eux. Maintenant, on attend de pied ferme et l’on compte sur la prochaine loi de modernisation agricole qui, pour les responsables agricoles, « doit amener de la régulation, de la contractualisation et de la stabilisation dans les prix ».
Enfin, au-delà de la politique française, on compte aussi sur l’Europe et sa politique agricole pour apporter, là encore, « garantie, régulation et stabilité sur les prix et les marchés ».


