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« La solution réside dans la garantie des prix »
Crédit agricole Rhône-Alpes Sud
Jura agricole et rural
Publié le:  05 mai 2010
Page 11 

Pierre Fayolle est responsable du service financement de l’agriculture au Crédit agricole Rhône-Alpes Sud qui regroupe les départements de l’Ardèche, de la Drôme et de l’Isère. Il explique la mise en œuvre des mesures du plan de soutien exceptionnel à l’agriculture au sein de l’établissement bancaire et nous livre ses sentiments sur ce plan.

Dès la mi-novembre, grâce à la mobilisation de la presse spécialisée agricole, des élus, des agents commerciaux et des OPA, l’information a été vite et bien relayée auprès des agriculteurs. Cette mobilisation et la mise en place de procédures simplifiées au sein des agences de la banque ont permis un traitement rapide des dossiers.

Le Crédit agricole Rhône-Alpes Sud a traité 1 643 dossiers de demandes de prêts de reconsolidation de fonds de roulement pour un montant total de 38 160 000 euros et une centaine de dossiers de prêts de consolidation pour un montant de 1 200 000 euros.

Cette dernière mesure a eu moins de succès car elle s’adressait principalement aux jeunes agriculteurs qui, pour la grande majorité, ont déjà tous des prêts bonifiés. Cette mesure était aussi beaucoup plus contraignante au niveau du montage du dossier, alors que pour les prêts de reconstitution de trésorerie, il suffisait que l’agriculteur déclare avoir une perte de trésorerie ou de chiffre d’affaires.

Le point positif de ces mesures est d’avoir pu injecter dans l’économie 40 000 000 euros, ce qui n’est pas négligeable.  Le Crédit agricole n’a pas rajouté de critères supplémentaires à ceux qui avaient été fixés par l’État et négociés avec la profession et les syndicats. Nous avons eu une approche classique du risque.

Pour certains dossiers, un peu limites, nous avons fait du cas par cas en proposant d’autres mesures plus efficaces comme, par exemple, une année blanche. Les agriculteurs avaient la possibilité d’un recours auprès du médiateur et nous n’avions aucun intérêt à ce que cela arrive. Nous avons toujours travaillé à la recherche de solutions en faisant de la prévention. Globalement, les prêts vont permettre aux agriculteurs de passer, plus ou moins bien, la crise.

Néanmoins, pour certains, il ne faudrait pas un nouveau coup dur cette année, comme une mauvaise conjoncture ou un tracteur à changer. Leur capacité de remboursement par rapport au revenu est déjà au plafond. Pour ceux qui avaient besoin de trésorerie, ces mesures ont apporté un peu d’oxygène dans les finances des exploitations, mais la vraie solution réside dans la garantie des prix, la régulation des marchés. »




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