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Une simple bouffée d’oxygène
Le Gaec de l‘Orme à Salles (Ain)
Jura agricole et rural
Publié le:  05 mai 2010
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« Nous demandons en priorité que nos produits soient vendus à un juste prix, c’est comme cela que l’on aidera l’agriculture » explique Gilles Brenon.

Le Gaec de l’Orme, quatre associés, trois salariés, a eu recours aux aides du plan d’urgence agricole : « pour tenir en attendant des jours meilleurs » souligne Gilles Brenon.

Dès que nous avons été informés de la mise en place de ce plan d’urgence annoncé par le président de la République, lors de sa visite à Poligny (Jura) en octobre 2009, nous en avons étudié les tenants et les aboutissants.

Nous devions savoir quelles réponses rapides il pouvait apporter à nos difficultés », explique Gilbert Brenon, qui dirige avec trois associés un élevage de porcs au sein du Gaec de l’Orme à Salles (Ain).

Engorgement

En tant que secrétaire général de la FDSEA de l’Ain, Gilles Brenon avoue avoir encouragé tous les agriculteurs à monter des dossiers, mais l’on sait que certains, n’auront pas eu le courage de se plonger dans de nouvelles paperasses.

« Nous avons déposé un dossier pour obtenir un prêt de reconstitution de fonds de roulement. Mais nous nous sommes heurtés à une certaine lenteur au niveau du montage. Les banques ont sans doute été prises de vitesse avec la nécessité de former leurs personnels et de répondre à un nombre très important de demandes, environ 1 000 sur le département de l’Ain. Si bien que pour un dossier déposé fin novembre 2009, la signature n’est intervenue que début février. Ensuite, les fonds ont été débloqués très vite, 90 000 euros au titre des trois associés. »

Il ne faut rien négliger

Le Gaec de l’Orme n’a pas fait de demande pour bénéficier d’un prêt bonifié de consolidation avec report d’un an du paiement des annuités 2010.

Gilles Brenon rappelle d’ailleurs que ça ne correspond pas aux attentes de la profession, qui demandait le report des annuités 2010 en fin d’échéancier, au lieu du report d’un an comme proposé. « Au Gaec, nous avons opté pour une demande de fonds d’allégement de charges (FAC) qui n’était pas cumulable avec le prêt bonifié de consolidation.

Pour l’instant nous ne savons pas de quel montant nous allons bénéficier et quand nous pourrons en disposer. Nous sommes certains d’une seule chose : le FAC ne suffira à couvrir, ni les intérêts de retard sur la trésorerie, ni les dettes fournisseurs. Mais tout est bon à prendre quand même.

Heureusement, nous avons la certitude et la satisfaction de pouvoir compter sur nos outils professionnels (coopérative, Cuma, groupement) qui, en nous accordant des délais, feront offices de banquiers. Cela nous apporte un certain réconfort, même si on sait bien qu’en fin de compte, nous en supporterons tout de même les conséquences. »

Gilles Brenon explique que la filière porcine est d’autant plus prudente qu’elle attend toujours l’application des mesures annoncées, il y a un an, par le ministre Barnier. Pour lui, il y a d’une part les effets d’annonce et d’autre part, la réalité du terrain bien souvent sans aucun lien entre elles.

Des prêts qui s’additionnent

Le Gaec de l’Orme emploie trois salariés, et donc à ce titre a fait une demande de prise en charge des cotisations sociales. « Celle-ci s’élève à 700 euros, au lieu des 1 800 prévus. Pour l’instant, nous n’en savons pas plus. La MSA a fait beaucoup d’efforts pour la faire valider dès février, mais cela vient seulement en déduction des charges que l’on doit déjà payer. »

Pour lui, ce plan ne fait qu’apporter une petite bouffée d’oxygène pour tenir la tête sous l’eau un peu plus longtemps. Il ne nous offre pas une meilleure lisibilité de l’avenir.

Il était nécessaire, mais il n’est pas bon parce qu’il ne fait que proposer de nouveaux prêts qui viennent charger encore un peu plus la barque. Dans la filière porcine, comme dans toutes les autres filières d’ailleurs, ce qui pourrait vraiment nous aider, c’est la garantie d’un bon prix de vente de nos produits.




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