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« Nous avons besoin d'une régulation des marchés »
Jérôme Volle, (Ardèche)
Jura agricole et rural
Publié le:  05 mai 2010
Page 10 

• Six mois après, quel bilan tirez-vous du plan exceptionnel de soutien mis en place par le gouvernement ?

«Quand nous nous sommes mobilisés en octobre 2009, nous demandions à la fois des aides conjoncturelles pour passer le cap d'une année très difficile et la mise en place d'un plan structurel. Plus d'1,8 milliard de prêts aidés ont été débloqués et concrétisés, ce qui témoigne du besoin important  des agriculteurs. Ces aides ont été débloquées assez rapidement.

«C'est plutôt positif, sauf que nous avions demandé des aides, nous avons eu des prêts, dont les premières échéances arriveront en novembre pour les premiers. Sans une amélioration du cours des produits agricoles, les premières échéances vont être difficiles à passer. Enfin, pour les exploitations avec des pertes d'EBE importantes, les dossiers sont toujours en attente pour mesurer leur éligibilité».

• Et sur le plan structurel ?

«Sur le volet structurel du plan, le travail n'avance pas assez vite. La loi de modernisation de l'agriculture devait être une solution mais elle tarde à entrer en vigueur. Les professionnels devaient rendre un avis au 15 octobre 2009, or depuis 5 mois le texte est toujours en lecture à l'Assemblée et au Sénat en espérant qu'il sera adopté avant juillet.

«Cependant, avec le délai des décrets d'application, la mise en œuvre, les effets concrets n'auront pas lieu avant le début 2011, s'il reste quelque chose dans la loi. Pour le reste, nous voulons que l'on parle de gestion des marchés, mais on ne parle que de gestion de crise. C'est d'une régulation des marchés dont nous avons besoin.»


• Quelles propositions faites-vous pour avancer vers la régulation des marchés ?

«La contractualisation avec un prix, un volume et une date est une bonne avancée pour assurer des débouchés. Il faut des garanties fortes pour que les entreprises respectent les contrats. Cependant, on ne peut continuer à laisser entrer tous les produits du monde en Europe.

«Celui qui a un potager, n'achète pas les légumes qu'il produit. Il faut faire la même chose à l'échelle européenne. Notre modèle ne peut pas lutter avec des pays qui n'ont pas les mêmes contraintes environnementales, sociales et de santé.

«Ces contraintes sont posées pour le bien de tous, mais avec l'importation de produits agricoles qui n'y sont pas soumis, on accepte par exemple d'exposer la population à de nombreuses molécules chimiques interdites en France. Il faut contrôler les entrées de produits agricoles grâce à une ouverture modulée et non une ouverture totale».




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