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Les leviers du revenu
Élevage ovin
Jura agricole et rural
Publié le:  05 mai 2010
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L’étude de bilan de reproduction révèle d’importants écarts d’un élevage à l’autre.

La maîtrise des coûts de concentrés en s’appuyant sur l’autonomie fourragère et la recherche d’une bonne adéquation entre génétique et conduite du troupeau sont déterminantes pour tirer un revenu de l’atelier ovin.

En avril dernier avait lieu à Mirecourt une journée technique ovine. L’occasion de traiter du thème du revenu sous un angle technique. Les déterminants du revenu en élevage ovin viande sont bien connus.

À structure constante la productivité des brebis constitue le premier facteur de revenu. Cela est particulièrement vrai lorsque les cours sont favorables. Le niveau de consommation de concentrés dans les élevages est le deuxième critère technique du revenu.

Dans une perspective de renchérissement du prix des aliments, à l'image du "coup de chauffe" de 2007 et 2008, la consommation de concentrés va prendre un poids croissant, et la recherche d'autonomie fourragère et/ou alimentaire est plus que jamais d'actualité.

Les résultats de la base de données régionales des appuis techniques ovin de l’Est permettent l’illustrer l’enjeu des résultats techniques de l’atelier. Dans le tableau ci-dessous, 289 élevages sont divisés en trois groupes en fonction de leur taux de productivité.

Le groupe supérieur se distingue par une différence (base 100 brebis) : de 10 brebis pleines en plus (taux de mise bas), de 38 agneaux nés en plus (taux de prolificité), d’un taux de mortalité agneaux inférieur de moitié.

Un écart de 0,5 agneau/brebis

L’écart de productivité entre le groupe « inférieur » et « supérieur » est donc de 0,5 agneau / brebis ! Les résultats du groupe inférieur sont inquiétants car ces élevages sont très dépendants des primes versées.

Des améliorations techniques sont indispensables pour la pérennité économique de l’atelier et préparer l’après-2013.

Les voies d'amélioration sont à rechercher du côté d'une meilleure adéquation entre les potentiels génétiques des animaux et leur utilisation, notamment en termes de croisements et de production à contre-saison. Dans le cas de grandes troupes, la recherche d'une certaine rusticité des animaux, synonyme de facilité de conduite, est à privilégier pour contenir la mortalité périnatale des agneaux.

Dans ce type de structure, les croisements retrouvent totalement leur place, en alliant les qualités bouchères des uns avec la rusticité des autres.

Le poste concentré est de loin la charge la plus importante quel que soit le système. L’analyse du Solde sur Coût Alimentaire met en évidence la nécessité de maîtriser les quantités distribuées pour assurer la rentabilité de l’atelier. Un écart supérieur à 50 kg de concentré distribué par agneau produit sépare les deux groupes extrêmes.

Soit une surconsommation de six tonnes d’aliment et une dépense de 1 400 € par tranche de 100 brebis. Le "retour aux fondamentaux techniques" (calcul de rations, valorisation des surfaces en herbe, choix des aliments, …) permet des améliorations rapides.

Valoriser le pâturage

L'amélioration de l'autonomie alimentaire passe d'abord par une meilleure valorisation de l'herbe en pâture. Cela implique une bonne connaissance du potentiel des prairies.

La production de céréales à des fins de fabrication d’aliment fermier reste une solution alléchante, à condition que le potentiel agronomique des sols ne soit pas trop restreint et les cultures bien maîtrisées.

La recherche de plus-value par la transformation de céréales (autoconsommées ou achetées) en kg d'agneaux, peut redevenir d'actualité, notamment dans un contexte où la production en bergerie a été fortement mécanisée, et sous réserve de solutions permettant de lever la contrainte du travail d’astreinte (pour les week-ends notamment).

De même, la complémentarité au pâturage entre ovins et bovins, permettant une meilleure valorisation de l'herbe, à l'image de certains systèmes Ardennais, pourrait retrouver un intérêt.

La maîtrise des coûts de production nécessite également un contrôle des charges fixes, par la mise en cohérence de la productivité du troupeau avec les investissements à réaliser, donc à amortir.

Le prix de vente de l’agneau stagne légèrement au-dessus de 5,00 € / kg de carcasse depuis 2001, alors que le coût de production n’a cessé d’augmenter depuis 1992, comme le montre le graphique pour atteindre 7 € en 2008 !

L’écart croissant entre les deux courbes montre l’importance des aides pour pérenniser la production ovine française, mais aussi la nécessité d’améliorer la valeur ajoutée. En plus des leviers liés à la productivité et aux charges opérationnelles, il convient de raisonner les charges fixes.

Améliorer la productivité du travail

La productivité du travail demanderait souvent à être améliorée. En cas d’investissements, il faut veiller à leur rentabilité. Sur ce point, il faudra se repencher sur la question de la spécialisation ou non des systèmes ovins viande : spécialisation ovine qui simplifie l'organisation du travail ou mixité des productions qui réduit les coûts grâce aux complémentarités entre ateliers.

L'élevage ovin viande offre l'avantage de disposer d'une très large palette de systèmes, des plus intensifs aux plus extensifs. Le principal enjeu, dès à présent et pour l'après 2013, est bien de rechercher une meilleure cohérence technico-économique à l’échelle de l’exploitation.

L'instauration d'une nouvelle aide ovine et la revalorisation des DPU à partir des surfaces en herbe vont sensiblement déplacer le curseur concernant la rentabilité de l'atelier ovin, comparée à celle des autres productions, qu’elles soient complémentaires ou concurrentes. La part des aides dans le produit et dans le revenu s’est renforcée depuis 2009. Il faut profiter de ce rééquilibrage pour moderniser les équipements et augmenter la valeur ajoutée.


Dossier PAC : pensez à déclarer vos équidés

Suite au bilan de santé de la Pac, la mesure « herbe » est, sous certaines conditions, accessibles aux éleveurs d’équidés.

Le nouveau dossier Pac, à compléter et renvoyer avant le 17 mai aux DDT, compte une nouvelle mesure, la mesure « herbe ». Suite à l’intervention de la FNC auprès de la FNSEA et du Ministère de l’Agriculture, les éleveurs de chevaux ayant par le passé souscrit à des dossiers PAC, et/ou émargé à la PHAE ou ICHN peuvent prétendre au soutien spécifique à l’herbe.

Ce soutien est calculé à partir de la surface déclarée en herbe en 2006, 2007 ou 2008, et du taux de chargement calculé pour la campagne 2008.

Les éleveurs doivent au plus vite, pour se voir reconnaître des UGB équines et dans un objectif d’optimisation du taux de chargement, vérifier et contester si besoin, le calcul fait par l’administration. La preuve de présence des équidés peut être faite en fournissant le registre d’élevage.




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