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Alexandre Méjat a décidé de devenir chercheur après avoir visité un laboratoire de l’association française contre les myopathies (AFM) |
Exemplaire sur les plans académique et professionnel, le parcours d’Alexandre Méjat l’est aussi au niveau humain, car ce jeune biologiste de l’école normale supérieure de Lyon est aussi un myopathe.
Diplômé de l’école normale supérieure (ENS) de Lyon après être passé par le prestigieux lycée du Parc, à Lyon, Alexandre Méjat a travaillé quatre ans aux États-Unis, à l’Institut national de la santé, avant de prendre, au mois de décembre dernier, à 33 ans seulement, la direction d’une équipe de recherche du laboratoire de biologie moléculaire de la cellule (à l’ENS de Lyon) en tant que chargé de recherches de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Déjà impressionnant, ce court parcours est sans doute celui d’un ambitieux. Il est surtout celui d’un passionné. « Je n’étais pas l’éternel premier de la classe, mais j’étais motivé », confie le jeune biologiste.
Myopathe et biologiste, c’est possible !
Et pour cause : ce scientifique est aussi atteint d’une forme légère de myopathie qui, enfant, le faisait sans cesse chuter. En plus des incertitudes qui ont longtemps pesé sur la nature exacte de sa maladie et qui pèsent toujours sur son espérance de vie, Alexandre Méjat a dû passer outre de nombreuses barrières.
« Toute ma vie j’ai entendu que c’était impossible. Impossible de passer le bac, impossible d’entrer à l’ENS, impossible de mener une thèse à bien, impossible de travailler à l’étranger, impossible de devenir chef d’équipe… »
Tout cela à cause du handicap et de la fatigue qu’il entraîne. Alors quand, à quatorze ans, il visite le Généthon, ce laboratoire créé par l’association française contre les myopathies (AFM) en 1990 pour décrypter le génome humain, et qu’il rencontre des personnes qui lui disent que des remèdes peuvent être trouvés, il décide de devenir chercheur.
Pour la première fois, il semblait possible de se battre !
Rien d’étonnant, au vu de cette histoire, que la vie d’adulte d’Alexandre Méjat soit presque entièrement consacrée à la lutte contre les myopathies.
Au-delà de son travail de chargé de recherches à l’Inserm, il fait partie du conseil d’administration du laboratoire I-Sterm, une autre entité de l’AFM employant plus de 80 personnes qui s’attachent à exploiter le potentiel des cellules souches pour étudier et traiter les maladies monogéniques (c’est-à-dire dues à une mutation dans un seul gène).
Avant de partir aux États-Unis, il a aussi assuré quarante conférences par an pendant quatre ans pour le compte de l’association.
Une vie consacrée à la science
L’écouter parler des avancées de la recherche sur les myopathies à grand renfort d’images est un plaisir (pour Alexandre Méjat, l’ADN est une pelote de laine et le génome un grand livre de recettes dans lequel chaque gène détient une recette qu’il transmet aux cellules, spécialisées dans les entrées, les viandes, etc.).
Pédagogue, il sait aussi transmettre sa passion en expliquant comment la biologie s’insinue dans tous les aspects de notre vie, de la reproduction (fécondation in vitro, tests de paternité…) à l’alimentation (organismes génétiquement modifiés), en passant par les cosmétiques (ARN végétal, céramides…) et la santé notamment.
« La biologie transforme notre lien à la nature, les relations familiales, notre façon de nous soigner. Nous vivons une révolution copernicienne », s’exclame le jeune chercheur. La passion qui l’anime n’est pas près de retomber.


