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Une alimentation plus simple et économe
Perrot-Jeannet-Belleville à Santans
Jura agricole et rural
Publié le:  11 mai 2010
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La ration bénéficie de l'apport de 4 sources de protéines différentes, dont deux sont produites sur l'exploitation.

La luzerne a pris le pas sur le maïs ensilage, le tourteau est acheté par camion de 25 tonnes... Le Gaec de la Leule a mis en place une alimentation du troupeau laitier plus simple et économe.

Notre objectif est d'acheter le moins possible d'aliments à l'extérieur et d'utiliser la mélangeuse avec les produits issus de l'exploitation », précise Thierry Perrot, l'un des 4 associés du Gaec de Leule à Santans.

L'éleveur suit plus particulièrement le troupeau de 80 vaches laitières montbéliardes et s'est naturellement penché sur le coût de l'alimentation. « Le prix du lait a encore baissé. Il faut qu'on trouve des solutions... ».

Depuis un an, cette exploitation de polyculture élevage spécialisée en lait standard a évolué dans la manière de nourrir son troupeau. La ration est passée de 90 à 65 % de maïs ensilage avec introduction de luzerne et de trèfle violet enrubannés.

« Nous connaissions la culture de luzerne depuis longtemps sur nos terres calcaires. Après le foin dactyle-luzerne, nous avons donc évolué vers la luzerne enrubannée : 4 coupes par an, avec un préfanage d'un à deux jours pour récolter à 30 % de matière sèche.

L'objectif est de ramener le maximum de feuilles, riches en protéines. » Et les résultats sont encourageants : 23 % de MAT (matière azotée totale), soit deux points au-dessus d'un bouchon de luzerne déshydraté. 10 ha de luzerne sont nécessaires pour nourrir l'ensemble du troupeau, exceptées les vaches taries qui ne reçoivent que du foin de prairie, à volonté, y compris au pâturage (terres séchantes) et les restes des VL.

2 euros par jour

Pour ramener de l'appétence, les éleveurs mélangent luzerne et trèfle violet à part égale. La ration est complétée par de l'orge, produits sur l'exploitation ainsi que des tourteaux de colza et drèches de brasserie, achetés par camion de 25 tonnes et stockés pour l'année.

Les 4 sources de protéines s'équilibrent et permettent de se passer de tourteaux « haut de gamme ». « Nous connaissons nos besoins, 60 tonnes de tourteau, 60 tonnes de drèches, et nous pouvons acheter au meilleur prix, en été.Cela nécessite d'avoir de la trésorerie et du stockage disponibles mais l'économie sur un camion d'aliment peut nous faire gagner autant qu'un lot de broutard. On peut enlever un lot et choisir de stocker des aliments à la place ! »

La ration est équilibrée pour toutes les vaches à 29 kg de lait avec un apport quotidien de 1,2 kg de tourteau de colza, 1,5 kg de drèche de brasserie et 3 kg d'orge. Le trèfle et la luzerne permettent d'économiser l'équivalent de 1,5 kg de tourteau par VL et par jour.

Le calcul du coût alimentaire de la ration est de 2 euros par vache et par jour soit environ 80 euros les 1 000 litres, hors amortissement du matériel.

Sur ce point, Thierry Perrot reste prudent : « Ce qu'on gagne sur le tourteau, on le remet en partie dans le fuel avec le tracteur qui fait tourner la mélangeuse. Toutefois ce système d'alimentation nous permet d'amortir un matériel qui facilite grandement la distribution ». L'organisation du travail est essentielle pour la bonne marche du Gaec.

Pour cette raison (et pour que les vaches aient les mêmes besoins alimentaires pratiquement en même temps), les éleveurs ont regroupé les vêlages : 95 % ont lieu entre le 24 août et le 24 décembre. La baisse de production laitière en été permet de faire les moissons, de prendre des vacances...

Une reproduction au top

« Au niveau de la ration, nous raisonnons "troupeau" et non "individu" », résume l'éleveur. Que les vaches produisent 15 ou 40 kg, aucun apport extérieur : elles doivent se réguler toute seule. Une vache qui tourne à 15 kg est soit en croissance, soit en engraissement. Une mauvaise adaptation à la ration peut devenir un critère de réforme.

Le changement d'alimentation a eu des conséquences sur la production. La substitution d'une partie du maïs ensilage par de l'herbe s'est logiquement accompagnée d'une baisse de la moyenne laitière qui se stabilise autour de 8 400 kg de lait à 39,7 TB et 33 TP.

Parallèlement, les éleveurs estiment avoir progressé sur plusieurs critères : une meilleure santé des animaux et une réforme plus tardive, qui permettent de gagner environ une lactation une lactation sur la vie de l'animal. Mais surtout une reproduction « au top » !

Là aussi, les résultats vont dans le bon sens : 76,2 % de réussite de l'IA sur la période 18 à 90 jours (sur 105 IAP). « La clé de la réussite, pour nous, c'est la reproduction. Elle est un signe de bonne santé, preuve que la ration est bien calée. »




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