La présentation de l’évolution des résultats de contrôle laitier de 2000 à 2010 sur les exploitations de plaine en lait standard permet de planter le décor.
On note tout d’abord une certaine stabilité des résultats techniques et économiques entre 2000 et 2006. Le lait par vache évolue entre 7 000 et 7 200 kg, avec une distribution de concentré à hauteur de 220 g par kg de lait produit.
Seule l’année 2003 est dissonante en raison de la sécheresse. Le prix du lait quand à lui décline entre 2001 où il atteint 330 euros et 2005 avec à peine 310 euros pour 1 000 litres.
C’est donc à partir de l’année 2007 qu’une grande instabilité se fait sentir. Le prix du lait remonte à plus de 340 euros et un vent de productivisme souffle alors sur la filière. Le lait par vache augmente fortement pour dépasser 7 600 kg par vache et par an. Mais cette croissance se fait au détriment de la valorisation des fourrages puisque la quantité de concentré pour produire 1 kg de lait passe de 220 à plus de 250 grammes.
Envolé du prix des concentrés en 2006
On note donc à partir de 2006 et ce jusqu’en 2009, une augmentation de la dépendance des exploitations vis-à-vis des concentrés. Sur les systèmes maïs c’est le concentré protéique qui pèse le plus lourd en matière de charge alimentaire.
C’est en 2006 également que l’on a connu une envolée du prix des concentrés et plus particulièrement des tourteaux. Le coût de concentré qui évoluait habituellement autour de 45 à 50 euros pour 1 000 kg de lait produit s’est mis à grimper entre 2006 et 2009 pour atteindre cette année-là 73 euros pour 1 000 kg de lait produit.
Ciseaux insupportables entre prix du lait et coût de concentré
L’année 2009 est particulièrement difficile pour les producteurs de lait standard (c’est encore le cas aujourd’hui). En effet, on vit un effet de ciseaux très fort entre le prix du lait qui chute à 300 euros pour 1 000 litres et un coût de concentré qui atteint un niveau record à 73 euros pour 1 000 litres.
Cette situation aussi insupportable soit elle, nous a fait réagir. En temps qu’organisme de conseil aux éleveurs laitiers, nous nous devons d’apporter des conseils afin de maintenir la productivité des troupeaux mais en ayant cette fois comme priorité, la rentabilité économique de la production laitière.


