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L’unité de méthanisation a produit l'équivalent de la consommation électrique annuelle de 260 foyers. |
Des exploitations agricoles se sont déjà dotées d'unités de méthanisation en France mais elles sont rares. Le Gaec haut-savoyard « Les Châtelets » à Gruffy a investi 405 000 euros dans un digesteur en service depuis octobre, ce qui est une première en Rhône-Alpes.
A Gruffy, en Haute-Savoie, l’unité de méthanisation du Gaec « Les Châtelets » fonctionne depuis octobre 2009. L’exploitation laitière compte 80 vaches laitières et la suite.
Elle est conduite par Jean-François et Marcel Domenge qui, à partir du 1er juin prochain, auront un nouvel associé. David Roupioz est pour l'instant salarié de la ferme depuis octobre 2009. Avec l’entrée de ce troisième associé, la production laitière va passer à 500 000 litres de lait, avec une SAU portée à 150 hectares.
« L’unité de méthanisation a permis l’installation d’un jeune à nos côtés, explique avec satisfaction Marcel Domenge. Mais ce projet n’a pas été facile à réaliser. Nous nous sommes beaucoup investis sur le dossier. Il y a tout de même eu quatre ans de préparation ».
Technologie à découvrir
Le méthaniseur de la ferme est alimenté par un ensemble de matières, issues directement de la ferme (2 000 tonnes de lisier, 300 tonnes de fumier) ou de déchets extérieurs (actuellement 400 tonnes de drèches de pommes, 300 tonnes de déchets de céréales et 550 tonnes de pâtes alimentaires). Des contrats de redevance déchets ont été établis entre les prestataires extérieurs et le Gaec, allant de 10 à 50 euros la tonne selon les matières.
Les agriculteurs ont travaillé avec la société Domaix Énergie, installée à Albens, qui a assuré l’étude technique du projet en collaboration directe avec le constructeur allemand Weltec, spécialiste mondial des unités de méthanisation.
Le cogénérateur biogaz est dimensionné à 104 kW électrique, pour une production annuelle attendue de 830 MWh électrique et 860 MWh thermique, soit une efficacité énergétique globale de 70 %. L’énergie électrique produite est revendue à EDF au tarif de 14,7 centimes d’euro le kWh. L’énergie thermique permet la production d’eau chaude pour l’exploitation (lavage, salle de traite) et un raccordement souterrain permet d’acheminer une eau à 80 °C jusqu’à huit maisons du hameau équipées d’échangeurs à plaque.
Le digestat issu de la méthanisation a l’intérêt d’être riche en azote, ce qui diminue grandement, voire supprime, la nécessité des apports d’engrais habituels. Le Gaec utilise la totalité de ce digestat sur ses surfaces.
L’investissement pour une telle installation s’est élevé à 810 000 euros, il a été aidé à hauteur de 50 % (170 000 euros de la part de l’Ademe, 139 000 euros dans le cadre du « plan de relance » européen, 50 000 euros du conseil général de la Haute-Savoie, 46 800 euros de la région Rhône-Alpes).
Quelques conseils
« Il est prématuré de parler résultats chiffrés puisque nous ne fonctionnons que depuis quelques mois, reconnaît Marcel Domenge.
S’il fallait donner quelques conseils à des collègues agriculteurs, je dirais : d’abord et avant même d’engager une étude, chercher des substrats, donc avoir des contrats d’approvisionnement, choisir le bon constructeur (nous avons bénéficié d’une formation avec le nôtre pour la mise en route de l’unité) ; et être bien conseillé, aidé et soutenu. »
Dans le cas du Gaec, cela a été fait grâce à l’Ademe, Rhône-Alpes énergie environnement, la mairie, les services vétérinaires qui ont mis en place l’arrêté ministériel. Pour conclure, Marcel Domengue précise : « une unité de méthanisation nécessite une surveillance sept jours sur sept de la part de l’agriculteur, soit deux visites, matin et soir, sans exception ».


