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L’habileté de l’opérateur permet de limiter les pertes mécaniques lors de la mise en balles. |
La réussite des chantiers de fenaison est déterminante pour la constitution de stocks fourragers indispensables à l’alimentation hivernale des troupeaux. L'entretien et le réglage du matériel ainsi qu'une bonne gestion des andains et du fanage permettent de limiter les risques de déperdition de la valeur nutritive.
Le retour du soleil et de températures de saison, annoncé pour cette fin de semaine, va donner le coup d’envoi de la récolte des foins dans une grande partie de la région.
Le succès d'une bonne fenaison réside en effet dans la rapidité du fanage. « Il faut faire le foin quand le soleil brille » dit à juste titre le proverbe anglais. Si les conditions météorologiques sont déterminées, on peut cependant adopter des pratiques de gestion qui limitent les pertes (voir plus bas).
Réglages matériels
La fenaison fait changer un fourrage vert, périssable, en un produit qui peut être facilement transporté sans danger d'altération, tout en maintenant les pertes en matière sèche et éléments nutritifs à un minimum.
Cela implique la réduction de son taux d'humidité de 70 -90% à 15-20% ou moins. L'entretien et le réglage de la conditionneuse ont pour objet d'obtenir le degré voulu de conditionnement du fourrage et d'optimiser le fanage, tout en limitant la fragmentation et l'effeuillage.
Le conditionnement permet de réduire la durée du fanage et de synchroniser le séchage des tiges et des feuilles. Un conditionnement insuffisant accroît le risque de dommages par la pluie; à l'inverse, un conditionnement excessif accroît les pertes au champ lors des opérations de fauchage, de retournement et de mise en bottes. Bien souvent, une fois achetées, les conditionneuses ne sont plus jamais vérifiées ni réglées. Il est recommandé pourtant de régler la faucheuse conditionneuse en se conformant aux instructions du manuel. Sur les conditionneuses à rouleaux, il faut régler l'écartement et la pression des rouleaux.
Sur les conditionneuses à rotor, qui conviennent aux graminées, il faut régler la vitesse du rotor et le dégagement entre le rotor et le carter. L'écartement entre les rouleaux devrait être légèrement inférieur au diamètre des tiges de la luzerne, ce qui signifie d'ordinaire un réglage à 1,6 -2,4 mm. Un écartement trop grand des rouleaux donne un fourrage insuffisamment conditionné.
Des rouleaux qui se touchent s'usent prématurément et détruisent trop de feuilles. Lorsque la culture à faucher est dense, par exemple lors de la première coupe, il faut augmenter la pression des rouleaux (tension de ressort).
Cependant, une pression trop élevée peut causer un effeuillage excessif. Les tiges de luzerne doivent être écrasées ou pliées tous les 7,6 ou 10,2 cm pour que leur humidité puisse baisser rapidement. Il faut qu'au moins 90 % des tiges soient écrasées ou cassées et que moins de 5 % de feuilles soient froissées ou noircies.
Confectionner des andains larges
Régler la largeur de l'andain est une intervention facile qui a une incidence majeure sur la durée du séchage. Étaler le fourrage sur la plus grande largeur possible. Plus l'andain est large et plus le foin fanera rapidement, parce qu'il est mieux exposé au soleil et au vent. Les rayons du soleil ne peuvent pas pénétrer très profondément à l'intérieur des andains.
Des études nord-américaines ont montré que des andains de 2,7 m de large mettaient 35 % moins longtemps à faner que des andains de 1,8 m. La vitesse du vent et l'humidité sont les facteurs météorologiques qui influent le plus sur la durée du fanage.
Le fait de relever la barre de coupe à 7,6 ou 10,2 cm a l'inconvénient de réduire un peu la quantité de foin récoltée, mais en contrepartie, il accélère le fanage, car l'air peut circuler dans l'espace créé entre le sol et l'andain par les chaumes plus hauts. Si le sol est humide et qu'il est en contact avec l'andain, le foin absorbera l'humidité du sol.
Le pirouettage permet de ramener en surface le matériau plus humide, mais chaque manipulation entraîne la perte d’un pourcentage de feuilles, riches en éléments nutritifs. Ce pourcentage augmente à mesure que le fourrage sèche et devient cassant. D’où l’importance d’un pirouettage stratégique effectué quand la teneur en eau est encore élevée.
Certains types de faneurs sont plus agressifs et plus efficaces pour aérer et « souffler » le foin, mais ils provoquent aussi un effeuillage plus sévère, en particulier quand le foin est relativement sec. Un fanage qui dépose le fourrage uniformément, sans paquets, est nécessaire pour éviter de presser des balles humides.
Principales causes de perte
La fermentation, dont les pertes commencent dès que la plante est fauchée. L'oxydation enzymatique de la sève et les activités des bactéries et des moisissures sur la surface de la plante causent des pertes, avec génération de chaleur. L’aération de la récolte par le retournement et le fanage permet de dissiper la chaleur.
La perte mécanique des feuilles se produit durant le fanage et les manutentions au champ
Les pertes par lessivage se produisent si la pluie tombe sur la récolte durant le processus de séchage. Le remouillage du foin partiellement séché est beaucoup plus grave que la pluie sur un foin fraîchement coupé, et peut simultanément causer la décoloration et l'augmentation des dégâts de moisissures.
Si la pluie est imminente sur un foin partiellement séché, il devrait, si possible, être rassemblé en plus grands andains.
Des pertes mécaniques supplémentaires se produisent durant le ramassage, le transport et la mise en balles
La détérioration dans les balles est particulièrement dangereuse, et peut conduire à la perte totale de la récolte. Elle résulte généralement du stockage de l'herbe avec une teneur élevée d'humidité dans de grandes unités.
Quand le fourrage paraît craquant à la main et ne montre pas d'humidité quand il est écrasé, il est probablement à 25 - 30% d'humidité et prêt pour la mise en balles. Dans les cas extrêmes, la fermentation peut augmenter la température à des niveaux où la combustion spontanée se produit.
Le foin moisi ou mal séché, à part la perte, sera faiblement consommé et refusé par le cheptel, et peut contenir des mycotoxines. Le foin moisi peut aussi engendrer chez l'homme une inflammation des alvéoles du poumon.


