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Volonté paysanne |
Après avoir rencontré les services du ministère de l’Agriculture en janvier, les représentants des FRSEA Franche-Comté, Auvergne, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes, concernées par la problématique des campagnols terrestres, ont été auditionnés le jeudi 6 mai à l’Assemblée nationale, par Michel Raison député de Haute-Saône et rapporteur du projet de loi de modernisation agricole. Objectif : redonner une dimension nationale à un fléau trop longtemps cantonné à une approche locale.
Dans le projet de loi de modernisation de l’agriculture, dont l’examen a débuté le 18 mai au Sénat, tout un pan est consacré à la gestion des risques en agriculture avec la constitution d’un fonds national. Ce dernier se décompose en deux sections : la première est consacrée au financement de l’indemnisation des pertes économiques liées à un événement sanitaire, phytosanitaire ou environnemental.
La deuxième section est consacrée quant à elle au développement de l’assurance récolte contre les dommages causés aux exploitations agricoles et à l’indemnisation des calamités agricoles. La rencontre avec le rapporteur de la LMA a été consacrée tout particulièrement à ce dernier point.
Jusqu’en 1993, les conséquences de pullulations de campagnols terrestres entraient dans le champ des calamités agricoles. Elles ont alors été exclues au motif que la lutte chimique permettait une maîtrise des populations.
Les conditions de mise en œuvre de cette lutte ont cependant été durcies par la suite complexifiant ainsi son application et l’interdisant même dans certaines situations. Dès lors, les arguments qui avaient prévalu en 1993 pour justifier de l’exclusion ne sont plus pertinents aujourd’hui.
Alors que le code rural en vigueur actuellement définit l’accès au régime des calamités par des risques dus à des agents naturels, le projet de LMA rajoute à ce même article la notion de « climatique » qui, si elle est adoptée en l’état, exclurait de fait toute possibilité de retour des campagnols terrestres dans ce régime.
Les responsables professionnels présents ont ainsi demandé que cette restriction d’application ne soit pas ajoutée. Si cette modification est obtenue, l’étape suivante sera de faire inscrire ces pullulations dans le décret qui délimitera le périmètre du champ d’application du fond.
Mobilisation professionnelle
Cependant, malgré les restrictions d’utilisation de la bromadiolone, des moyens de lutte demeurent. Ainsi, afin de ne pas démobiliser les agriculteurs dans ce combat, il a été évoqué que cette aide demandée n’intervienne qu’une fois les différents moyens de lutte mis en œuvre et en cas d’échec de ces derniers.
Michel Raison, connaissant bien le dossier, a reconnu les limites et l’efficacité des moyens techniques de lutte contre les campagnols en précisant : « J’ai bien compris votre message, ce sujet sera abordé avec le ministre de l’Agriculture ».


