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Les atouts du lin
Grandes cultures
Jura agricole et rural
Publié le:  22 juillet 2010
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La demande en graines de lin oléagineux, riche en acides gras oméga 3, est en forte augmentation notamment pour l’alimentation du bétail. L’approvisionnement de cette filière passe par une relance de cette culture.

Découverts dans les années 70, les acides gras « oméga 3 » ont un intérêt dans l’alimentation humaine, notamment pour la prévention des maladies cardio-vasculaires.

Présents dans les algues, les poissons gras, on le trouve également dans certaines graines oléagineuses : le colza, mais surtout le lin, source la plus riche en oméga 3 du règne végétal. Plusieurs travaux de recherche ont également démontré les effets positifs des oméga 3 de la graine de lin cuite en alimentation animale.

S’ils sont naturellement présents dans l’herbe verte, les oméga 3 sont en grande partie détruits par oxydation au cours du fanage, et l’alimentation hivernale des troupeaux en est donc peu pourvue.

Xavier Bonnard, responsable commercial de l’association Oléo-lin intervenait lors d’une journée d’information organisée par les établissements Chays. « Notre but est de mettre des moyens en commun pour rendre notre production crédible » explique-il. L’association Oléo-lin a été créée par cinq acteurs de la filière lin oléagineux. « Il y a des débouchés, alors il fallait regrouper les structures pour mettre la production en adéquation avec ces débouchés. »

L’association a permis de créer une démarche « éco-technique » qui assure un prix minimum à la production de 350 €/t pour l’agriculteur, pour une durée de contrat de trois ans. Différents paramètres sont possibles : l’origine des semences utilisées et le nombre de visites de conseil technique prévues.

« Nous sommes actuellement à 20 000 ha au niveau national, et notre objectif est d’atteindre les 50 000 ha, afin de pouvoir répondre à de nouveaux marchés (alimentation humaine, cosmétiques…).»

Accompagnement technique

Oléo-lin a voulu lever les principaux obstacles au développement des surfaces en lin oléagineux. D’abord les fluctuations de cours « le principal producteur mondial est le Canada : d’une année sur l’autre, selon la récolte canadienne qui conditionne la disponibilité de la graine de lin, il y a des variations très importantes de prix. Or, pour convaincre des agriculteurs de se lancer dans cette production, il faut pouvoir leur garantir une marge au moins équivalente à celle d’un blé ou d’un colza. C’est pourquoi nous avons fixé un prix minimum, de 350 €/t, avec un complément indexé sur les cours du blé, du colza et du lin. »

Second pilier, l’accompagnement technique. « Le lin souffre d’une image de culture difficile à conduire, depuis les premiers essais menés au début des années 1990. Mais avec des variétés adaptées, et une conduite culturale bien menée, appuyée par des réunions et des visites de terrain, il est tout à fait possible de réussir cette culture. »

Philippe Chays a pour sa part expliqué son intérêt, en tant que fabriquant d’aliment du bétail. « La graine de lin nous tient à cœur. Depuis plusieurs années nous travaillons en partenariat avec la laiterie Perrin à Cléron, ainsi qu’avec une fruitière des Fins, dans le cadre de la démarche bleu-blanc-cœur. Mettre du lin en culture en Franche-Comté permet de faire avancer la filière, c’est aussi une vitrine pour la région.

Avec la fin des quotas, la différenciation des laits selon leur profil d’acides gras peut offrir de nouvelles perspectives. » 200 ha ont été implantés sous contrat à l’automne 2009 en Franche-Comté, une sole qui devrait doubler cette année, avec l’engagement de nouveaux producteurs.

« J’y réfléchis sérieusement, assure Emmanuel Faivre, du Gaec Toinot, à l’issue de la réunion d’information : c’est vrai que l’itinéraire technique est pointu, mais l’aspect marge et garantie de prix minimum est intéressant. »




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