Malgré le refus du gouvernement et du Parlement, la MSA plaide pour que les retraites agricoles soient assises sur les 25 meilleures années et non sur la carrière entière.
La retraite et le projet de loi de financement de la sécurité sociale étaient à l’ordre du jour du conseil d’administration de la MSA qui s’est réuni il y a quelques jours.
Sur la réforme des retraites, alors que le Parlement termine son examen, la MSA déplore que les pouvoirs publics n’aient pas retenu sa proposition de choisir comme base de calcul les 25 meilleures années, comme pour tous les salariés, et non la carrière complète actuellement appliquée aux agriculteurs.
Gérard Pelhate, le président de la MSA, se veut néanmoins optimiste pour l’avenir : « Il y a un rapport qui est prévu, et j’espère que les prochaines échéances électorales (ndlr : les élections présidentielles) pourront faire avancer le dossier », observe-t-il. Idem pour la situation des salariés polypensionnés, éligibles à la fois au régime agricole et au régime général, pénalisés par la règle des 25 meilleures années dans chaque régime.
Un rapport est également prévu qui pourra alimenter les programmes des partis politiques.
Sur les retraites toujours, la MSA souhaiterait que les périodes courtes d’emploi (moins de 200 heures) qui sont soumises à cotisations, permettent également d’acquérir des droits à la retraite. Ce qui n’est pas le cas actuellement.
Gérard Pelhate plaide également pour que l’accès à la retraite à 65 ans, sans décote, pour les femmes, mères de trois enfants, nées entre 1951 et 1955 soit « élargi ».
Quant au projet de loi sur le financement de la sécurité sociale (PLFSS), la MSA exprime sa vive inquiétude sur les conséquences pour ses ressortissants des mesures de baisse des remboursements maladie envisagées par les pouvoirs publics. « Ca pose des questions sur la solidarité », déplore Gérard Pelhate.
34 000 personnes au RSA
Autre source d’inquiétude, la tendance lourde des professionnels de santé aux dépassements d’honoraire, alors que le levier pour les limiter, le contrat responsable, devient de moins en moins attractif.
Sans oublier le déficit chronique de la branche vieillesse, provoqué par le déséquilibre démographique entre actifs et retraités dans l’agriculture, et pour lequel la MSA appelle à des solutions pérennes, plutôt que d’avoir recours systématiquement au crédit.
Sur la dépendance des personnes âgées et la mise en oeuvre annoncée par le président de la République d’une cinquième branche de la sécurité sociale, la MSA a des arguments à faire valoir.
D’abord parce que le sujet concerne beaucoup de ressortissants du régime agricole et qu’elle bénéficie d’une expérience en la matière, grâce à sa politique de prévention pour retarder la dépendance, le maintien à domicile ou les réseaux gérontologiques.
Pour ce qui est de la question plus précise du financement, la MSA se prononce pour la mise en place d’une cotisation à partir de 55/60 ans et l’alignement de la CSG des retraités actuellement fixée à 6,8 % à 7,5 %. En revanche, elle ne se montre pas favorable au recours sur les successions.
Enfin, chargé de la mise en place du RSA dans le secteur agricole, la MSA annonce 34 000 bénéficiaires, dont 70% de salariés agricoles, le solde étant les exploitants, soit 10 200 agriculteurs.
Ce qui devrait interpeller les pouvoirs publics sur la grave crise que traverse actuellement le monde agricole pour laquelle la MSA consacre tous les ans 100 millions d’euros pour des rééchelonnements de paiements et des prises en charge de cotisations sociales.


