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Gilles Passinge est agriculteur à Dareizé. Il est également chef d’une petite entreprise de travaux agricoles. Dans le cadre de sa deuxième activité, il a investi, voilà quatre ans, dans une déchiqueteuse à bois.
A Dareizé, il y a les vaches et la partie habitable ; à Saint-Loup, le village voisin, il y a la déchiqueteuse et le stock de bois. Deux lieux, deux activités, deux casquettes.
Gilles Passinge, à la tête d’un troupeau d’une vingtaine de limousines allaitantes, a décidé d’abandonner la vigne et de remplacer cette activité par une entreprise de travaux agricoles. « J’ai sauté le pas il y a quatre ans, vu la conjoncture, j’ai préféré me tourner vers la valorisation du bois », raconte-t-il.
Pour l’instant, la filière bois énergie n’offre pas suffisamment de débouchés pour devenir son activité principale et représente environ le quart de ses revenus. Dans le cadre de son entreprise de travaux agricoles, Gilles Passinge propose aussi ses services en fauchage, bottelage, entretien des haies.
« Le travail à façon se développe » commente-t-il. Au quotidien, il jongle entre la ferme et l’entreprise. « En hiver, je m’occupe des vaches matin et soir et j’ai alors du temps pour le bois. C’est complémentaire. »
Valoriser les déchets
Même si l’activité ne se développe pas aussi rapidement qu’il le souhaiterait - la baisse des crédits d’impôts n’encourage plus vraiment les particuliers à investir dans une chaudière spécifique - l’agriculteur ne regrette pas de s’être lancé et d’avoir investi dans une déchiqueteuse à bois. Elle lui a coûté 22 000 euros : un investissement non négligeable qu’il espère amortir en quelques années mais un investissement efficace.
En effet, la déchiqueteuse broie en une quinzaine de secondes un arbre de 30 cm de diamètre maximum et le transforme en une sorte de sciure grossière. « J’achète une partie du bois à Coforêt, le reste étant le mien. Par exemple lorsque je taille des haies en bordure de pré, je peux valoriser ces déchets, de même que des grosses branches qui rentrent dans le broyeur ».
Prix intéressant
Un bâtiment de 150 m2 sert au stockage du bois déchiqueté. Les clients de Gilles Passinge sont essentiellement des particuliers équipés d’une chaudière à bois déchiqueté dans un rayon d’une trentaine de kilomètres. « L’avantage pour les particuliers est le prix qui comprend la livraison.
De plus, les cours du bois sont plus stables que ceux de l’or noir ; ce qui accroît considérablement la demande lorsque les prix du pétrole flambent. A certaines périodes, il est arrivé que le bois coûte cinq fois moins cher que le pétrole ! », commente Gilles Passinge.
L’agriculteur, s’il espère développer cette activité bois énergie progressivement, n’en demeure pas moins surpris que si peu d’agriculteurs se lancent dans ce type d’installation et a l’impression que le Rhône est en retard par rapport à d’autres départements.


