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Une technique contre le morcellement de la propriété forestière
Le débardage par câble
Jura agricole et rural
Publié le:  18 novembre 2010
Page 16 

Le chariot d’un câble-mât peut transporter jusqu'à deux grumes.

Coûteuse à mettre en place, la coupe à câble s'avère plus rentable une fois le chantier installé. Et comme c'est parfois la seule solution possible, la technique tend à se diffuser.

Problème : comment exploiter une forêt quand l'absence de route ou même de piste la rend inaccessible ? Solution : en utilisant la technique du débardage par câble !

Les bois sont marqués puis abattus comme dans un chantier classique. Mais, plutôt que de faire appel à des tracteurs débardeurs, voire à des animaux ou à des hélicoptères, les arbres peuvent être évacués par la voie aérienne, à l'aide de câbles. Longs ou courts, en acier ou synthétiques...

L'éventail des possibilités est large. Mais les connaisseurs peu nombreux. Ce qui fait que la technique est encore rarement mise en œuvre.

Un engouement croissant

« L'exploitation par câble a connu une forte croissance en Rhône-Alpes, indique toutefois l'Office national des forêts (ONF). En effet, en 2007, 20 500 mètres cubes de bois ont été récoltés sur 19 coupes à câble, soit 150 % de plus que l'année précédente ».

Et ce n'était qu'un début, dans la mesure où le plan de mobilisation de la ressource lancé il y a trois ans par France forêt Rhône-Alpes vise à mobiliser 100 000 mètres cubes de bois par coupe à câble d'ici l'an prochain.

Dans le Beaumont, les massifs de l'Oisans ou de Belledonne, les visites de chantier tendent d'ailleurs à se multiplier, preuve de l'engouement croissant pour cette technique dans les zones de montagne. « Le système d'exploitation par câble est de plus en plus plébiscité par les élus, qui souhaitent exploiter leurs parcelles les plus difficiles d'accès via ce mode d'exploitation », soulignait aussi l'association des communes forestières de l'Isère dans une étude sur les attentes de ses membres réalisée l'an dernier.

Il est vrai que les terrains escarpés justifient le recours à la technique du câble, plus onéreuse que les autres solutions de débardage mécanisées. Mais comme le procédé est aussi plus respectueux des sols et que la voie aérienne n'est pas coupée par le mauvais temps, il commence aussi à se répandre en plaine.

Avantages et inconvénients

Cependant, le débardage par câble ne résout pas la question du recrutement des bûcherons. Il n'évite pas non plus les conflits entre voisins. Par ailleurs, les câblistes manquent en France ; il faut plusieurs jours pour installer le chantier et encore une à deux journées pour changer de ligne.

Sans oublier qu'un câble-mât (câbles courts) et son camion porteur coûtent, au bas mot, 300 000 à 400 000 euros. Mais, une fois en place, la technique permet de sortir des cubages importants, à une vitesse qui compense largement le fait de ne pas pouvoir utiliser les branchages comme bois de chauffage (parce qu'ils sont encombrés de pierres). Le tout en laissant peu de traces, ni au sol, ni à flanc de montagne.

Enfin, fondée sur le déploiement d'une série de câbles à partir d'une place de dépôt unique, le débardage par câble constitue une réponse au morcellement de la propriété forestière. Il est ainsi possible de cibler un secteur, puis d'en exploiter un autre sans réinstaller tout le chantier.

Les forêts privées rhônalpines étant détenues par quelque 450 000 propriétaires selon le centre régional de la propriété forestière, cette technique semble donc promise à un bel avenir.




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