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Passer du système du testage à un système génomique a provoqué une augmentation des charges d'implantation de la coopérative Jura Bétail. Mais, même avec un résultat comptable déficitaire, les premiers résultats obtenus par la commercialisation des semences, en particulier à l'export, justifient totalement les orientations prises par les responsables. Pour le plus grand bénéfice des éleveurs qui, dès cette année, bénéficieront directement du génotypage.
Le passage entre le système classique de testage et le système de la sélection assistée par marqueurs a généré des charges de transplantation importantes, en amont même du programme de la SAM.
C'est là la principale cause du résultat déficitaire qui a été présenté lors de la dernière assemblée générale de la coopérative d'insémination Jura-Bétail qui s'est tenue en salle des fêtes de Crançot sous la première présidence de Pascal Ioni.
« Le résultat est déficitaire de plus de 250 000 euros, a annoncé le directeur Dominique Peinturier lors de sa présentation du rapport d'activités. Mais on s'y attendait, tout comme on s'attend, pour la même raison, à connaître deux ou trois exercices difficiles. C'est une phase très particulière au niveau de la vie de l'entreprise. Mais ces charges diminueront avec la diminution de l'effectif en taurellerie et la diminution des IAP testage... »
Même si le résultat est négatif, la présentation d'activités de la coopérative est néanmoins a été pourtant très intéressante. Le président Ioni l'a souligné dans un rapport moral où il a mis en exergue la réussite de la montbéliarde, « une race évolutive qui ne cesse de progresser... » il a salué le bon accueil des taureaux génomiques - la série des juniors – avant de lancer une invitation aux éleveurs touchés par la crise laitière « à ne pas sacrifier l'amélioration génétique de leurs troupeaux... » De son côté, et par solidarité, Jura-Bétail s'engage à ne pas augmenter les tarifs d'insémination sur le prochain exercice !
Le département le plus fertile
Du rapport d'activités, on retiendra de nombreux chiffres. Tout d'abord, celui des quelque 48 410 IAP réalisées sur 980 cheptels. « Une période favorable, selon le directeur. Une époque positive au niveau de la politique de mise en place dans le Jura. » À l'échelon national, la montbéliarde arrive en deuxième position au nombre d'inséminations, derrière la holstein.
Mais c'est surtout en terme de fertilité que le Jura se distingue et, au vu du nombre de naissances pour 100 femelles, se classe au premier rang des départements français. L'utilisation des taureaux génomiques monte également en flèche. Avec plus de 10 000 IAP, le taux départemental est aussi le plus élevé de France. Aujourd'hui, une IA sur trois est réalisée avec un jeune taureau, qu'il soit junior ou de testage.
Dominique Peinturier a profité de cette tribune pour rappeler l'importance de la vaccination contre la FCO. Il a invité les éleveurs à ne pas se laisser déborder par le délai de rappel de 365 jours, sous peine d'effets économiques « très négatifs ».
Progression à l'exportation
Alors que la diffusion des doses était de l'ordre de 150 000 en 2000-2001, le programme frôle désormais la barre des 230 000 doses. C'est la destination de ces doses qui évolue de manière intéressante : sur la même décennie, la part du Jura passe de 47 à 28%, celle de la diffusion sur les autres départements de France tombe de 24 à 15%.
Ce sont les doses à l'export qui se taillent la part du lion en passant de 29% à 57% neuf ans plus tard. Chiffre significatif de la belle réussite de la montbéliarde « aux quatre coins » de la planète...
Le génotypage ouvert aux éleveurs
Après dix années de génomique, 2011 sera l'année de l'ouverture du génotypage aux éleveurs. Concrètement, cette ouverture sera effective à compter de ce mois de janvier 2011, à la demande de tout éleveur intéressé, à partir d'un prélèvement sanguin sur une femelle. L'estimation de la valeur génétique sera recalculée trois fois par an, à chaque indexation.
Une information officielle remplacera l'indexation classique. Tout ceci pour un tarif de 90 à 130 euros HT par animal, duquel il faudra déduire l'aide de Jura-Bétail. Pour mémoire, le tarif 2009 était de 230 euros HT par animal.
Renouvellement du conseil d'administration
Ont été élus ou réélus au conseil d'administration de la coopérative : Jacques Benoit-Gonin (Hautecour), Stéphane Blondet (Chilly-sur-Salins), Stépane Blondet (Chilly-sur-Salins), Michel Cetre (Ivrey), Patrick Dodane (Essavilly), Alexandre Dury (Dramelay), Pascal Ioni (Louvenne), Laurent Vacelet (Cuvier).


