Quatre-vingt-deux exploitations engagées, 320 hectares de miscanthus et 150 de switchgrass, des débouchés de plus en plus fiables.... Bourgogne Pellets grandit et 34 nouveaux actionnaires ont rejoint la coopérative entre 2009 et 2010.
À trois mois de la première récolte de miscanthus, Bourgogne Pellets a tenu son assemblée générale 2010 à Brazey-en-Plaine, juste avant les fêtes de fin d’année.
La structure qui a pris la relève de la sica Sécopulpe de la sucrerie d’Aiserey a fait le point sur les avancées en termes de plantations, techniques de récoltes et débouchés de ses nouvelles orientations énergétiques.
« Nous sommes dans une phase montante » signalait Cyrille Fèvre, nouveau président de Bourgogne Pellets qui a succédé à Jean-Pierre Gachot à l’issue de l’assemblée.
« En 2010, nous avons continué nos investissements dans nos plantations de miscanthus, nous avons développé le granulé de bois. Les agriculteurs nous ont fait confiance en laissant leurs capitaux d’anciens producteurs de betteraves dans l’entreprise.
Ce capital nous a bien aidés à démarrer et notre objectif est de le valoriser au mieux ». En mars, Bourgogne Pellets va travailler « grandeur nature » avec les premières récoltes de miscanthus.
« L’usine est prête à les recevoir » enchaîne Cyrille Fèvre, « celle-ci fonctionne déjà bien avec les issues de céréales ».
Cent-dix hectares concernés
Sur les 320 hectares de miscanthus aujourd’hui plantés, 110 seront récoltés en mars.
« Ces surfaces correspondent aux plantations de 2009 », précise Philippe Béjot en charge du développement agronomique, « nous le savons d’avance, la récolte ne sera pas énorme car le plein potentiel n’est atteint que lors de la 3e ou 4e année. »
«On s’attend à un rendement entre 5 et 10 tonnes de matière sèche par hectare. Nous avons réussi nos plantations et certaines parcelles font plus de 4 mètres de haut avec un potentiel très prometteur. Ayant acquis un savoir-faire, cette année nous produirons la majeure partie des plants pour les implantations 2011 ».
Pour la récolte, près de 80 % des planteurs de miscanthus opteront pour la prestation de services.
« Même si nous restons dans une phase d’apprentissage, nous sommes au point sur les machines » signale Cyrille Fèvre, « nous nous sommes bien renseignés chez nos voisins anglais et suisses qui cultivent le miscanthus depuis plus de 10 ans ».
Deux ensileuses à maïs avec des becs kemper sans rotor hacheur seront utilisées. Ensuite, toute la récolte sera pressée en bottes carrées ou rondes afin de pouvoir ramener celle-ci plus facilement à l’usine. Les différentes techniques de récolte ont été présentées lors de l’assemblée.
Un développement commercial important
Stéphane Develle, responsable du développement des activités, a fait part de nombreuses avancées en termes de paillage pour les massifs horticoles et de litière pour les animaux.
« Nous avons développé un produit de paillage à partir de granulés. Avec la densité du produit, le volume à transporter est divisé par trois, tout comme les coûts de transport. Pour la partie litière, un produit prochainement mis à disposition est actuellement développé pour les petits animaux de compagnie, en plus des chevaux ».
Pour la partie chauffage, le granulé de bois s’est bien développé en 2010, même si l’intérêt des collectivités et industriels ne s’est pas « enflammé » vu le prix des énergies fossiles qui n’a pas flambé comme en 2008 et 2009. Bourgogne Pellets signale malgré tout un « gros marché » sur les poêles, surtout en fin d’année 2010.
« Tout comme la prime à la casse, il y a eu un boom en fin d’année » signale Stéphane Develle, « les subventions diminuent effectivement à partir de ce mois de janvier».
Le prix d’un poêle à granulés reste deux à trois fois supérieur à celui d’un poêle à bois.
« Mais c’est une autre prestation » réplique Stéphane Develle, « et beaucoup de personnes d’un certain âge arrêtent le bois pour se mettre aux granulés qui permettent une grande autonomie, car tout est automatique : allumage, alimentation des granulés… »
Bourgogne Pellets mise sur ses partenariats établis avec des installateurs de poêles pour continuer son développement.
Les partenariats avec des entreprises sont également nombreux en matière de bioplastique, « les industriels commencent à voir un grand intérêt dans le miscanthus, à la veille de l’arrivée de taxes qui viseront à limiter le poids de carbone dans le plastique » conclut Stéphane Develle.
Marge nette de 400 euros sur plus de 15 ans
Philippe Béjot, chargé de mission «cultures » à Bourgogne Pellets, signale l’existence de deux types d’agriculteurs, en matière de miscanthus : « Il y a ceux qui plantent sur un, deux, voire trois hectares sur des jachères ou des parcelles difficiles, et ceux qui développent vraiment la culture, sur des surfaces entre 5 et 10 hectares. Globalement, chaque année, les surfaces de chaque planteur se développent un peu plus ».
Philippe Béjot mentionne malgré tout qu’avec la remontée des prix du blé, « la diversification a été un peu oubliée ».
Est-il rentable de « faire » du miscanthus sur un seul hectare ?
« Oui » répond le chargé de mission, « la marge nette moyenne est estimée à 400 euros chaque année sur une durée de 15 à 20 ans. Avec le coût relativement important de l’implantation, le retour sur investissement se fait en quatrième année.
Afin d’aider les agriculteurs à investir dans cette culture, nous venons de passer un accord avec le Crédit Agricole de Champagne Bourgogne concernant le financement de la plantation ».


