Effet de mode ou véritable solution ? L'agriculture écologiquement intensive ou AEI est en passe de devenir un concept rassembleur. Les groupes de développement du Jura en ont fait le thème de leur assemblée générale.
Sous cette nouvelle bannière de l'agriculture écologiquement intensive peuvent se retrouver aussi bien l'agriculture conventionnelle impliquée dans la réduction de phyto et d'engrais que l'agriculture biologique, intégrée, ou raisonnée…
En résumé, toutes les pratiques agricoles qui essaient d'optimiser la vie du sol et les écosystèmes, d'intensifier ce que fait la nature », introduit Adrien Boulet, ingénieur TRAME lors de l'assemblée générale de la FDGEDA. Le choc des mots “intensive” et “écologique” suscite des réflexions.
« En effet, l'agriculture devra à la fois nourrir la planète, fournir énergie et biomatériaux, tout en réduisant les intrants chimiques », continue Adrien Boulet pour qui l'AEI n'est pas un cahier des charges supplémentaire qui viendrait s'ajouter à ceux des labels, AOP ou “Agriculture raisonnée” mais propose plutôt un ensemble de “valeurs” applicables par chacun, selon le degré où il souhaite s'investir.
L'intérêt est de ne pas opposer les systèmes d'exploitations et de “redonner la main aux agriculteurs”, ce qu'apprécient les responsables de GVA venus découvrir ce qui se cache derrière l'AEI. « Nous paysans du Jura sommes-nous si loin de ce concept ? », interroge Christian Colmagne, président de la FDGEDA.
Ce qui se fait déjà…
Pour entrer dans le vif du sujet, les agriculteurs présents ont écouté cinq témoignages de GVA et recherché dans les pratiques déjà existantes ce qui pouvait ressembler à de l'AEI. Ce sont par exemple les techniques culturales sans labour, les couverts végétaux pour capter l'azote, l'emploi de rotations pour améliorer les synergies entre végétaux et couper les maladies, l'utilisation de mélanges (céréales et protéagineux associés),...
Les essais intercultures et désherbinages menés par le GVA de Chemin-Dole et le GVA du Val de Seille répondent à ces préoccupations. De même que l'adaptation des pratiques agricoles sur les puits de captage.
Sur les secteurs de Nozeroy-Les-Planches et Champagnole-Salins, les GVA ont travaillé sur la valorisation des effluents d'élevage.
En Bresse-Val d'Amour, le CRDA et le groupe gestion “lait” cherchent à faire progresser chaque exploitation vers plus d'autonomie alimentaire et une meilleure rentabilité.
Enfin Roland Sage a présenté les transferts techniques de l'agriculture biologique vers l'agriculture conventionnelle au profit de l'AEI.
“Secouer les esprits”
En 2010, le thème de l'assemblée générale sur “les perfectives laitières” avait largement inspiré les groupes si on en juge les journées formations et les actions mises en place durant l'automne et l'hiver comme l'après-midi “Les pieds dans l'herbe”.
« Une rencontre régionale qui avait pour objectif d'aider les éleveurs à trouver des solutions pour produire “plus, mieux et à moindres coûts”», résume Dominique Thiebaud. Pas si éloigné de l'agriculture écologiquement intensive…
Pour Roland Berthelier, président de la FNGEDA, ce remue-méninges autour de l'AEI vient en droite ligne de l'intervention de Bruno Parmentier lors du congrès national des groupes dans le Jura qui avait déjà “secoué les esprits”. « À voir, maintenant, comment concrètement engager son exploitation ou son groupe », avance Christian Colmagne.
Une réflexion qui sera menée en parallèle avec un autre grand chantier pour la FDGEDA : rénover les groupes et redonner un dynamisme à l'action collective.
Petit rectificatif concernant le témoignage de Jocelyne Dumont lors de l'assemblée générale du CRDA paru dans notre précédente édition. L'agricultrice nous signale que l'EARL est composée de 3 associés (et non 4 comme indiqué par erreur).


