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Optimiser la main-d’œuvre et maîtriser le coût alimentaire
Lait standard
Jura agricole et rural
Publié le:  01 avril 2011
Page 18 

Le 1er mars dernier, un groupe de techniciens de Jura Conseil Elevage organisait une demi-journée technique à Thervay au Gaec du Val Saint Jean sur les thèmes de l’incorporation de luzerne fourrage dans la ration maïs et du robot de traite. Une cinquantaine de personnes était présente pour échanger sur ces thèmes.

Les ateliers sont nombreux sur l’exploitation, grandes cultures, taurillons et troupeau laitier. Ce sont 60 vaches qui produisent un peu plus de 500 000 litres de lait à l’année. Le troupeau est conduit sur une stratégie intensive.

Alimentation  en ration semi-complète, zéro pâturage et traite robotisée sont en place depuis trois ans. À l’origine de ces choix, c’est la mise en concordance entre l’offre de  main-d’œuvre disponible et la demande de main-d’œuvre qui est importante en raison de la taille de l’exploitation et qui fluctue au cours des saisons du fait des différents ateliers.

« Nous sommes passés de cinq associés à trois, il fallait prendre une décision par rapport à la charge de travail et d’astreinte que représentait l’atelier lait. Nous avons opté pour le robot de traite. Une fois la mise en place de l’outil, il nous a fallu un an et demi pour nous adapter. Maintenant, nous sommes très satisfaits du résultat » déclare Jean-Pierre lors de la présentation de l’exploitation.

Puis il reprend « Le choix de la mise en place d’un robot de traite n’est pas raisonné sur la seule activité de la traite. Nous avons vraiment mené une réflexion globale sur l’exploitation. »

Dans la ration, maïs et luzerne font bon ménage

Le maïs et la luzerne sont deux cultures que les associés du GAEC maîtrisent particulièrement bien. Ce sont également les deux fourrages principaux de la ration des vaches laitières. Une association particulièrement judicieuse lorsque comme sur cette exploitation, les maïs ensilages sont très riches en énergie (> 0,95 UFL) et affichent des teneurs régulièrement élevées en amidon autour des 40%. Avec ce type de maïs en plat unique, les résultats de production sont souvent décevants vis-à-vis de la valeur du fourrage.

En effet, les micro-organismes du rumen des vaches ont du mal à dégrader toute cette énergie pour en faire du lait. Ce que l’on observe alors, ce sont des vaches qui produisent en deçà des objectifs de la ration, mais qui mettent beaucoup d’embonpoint et qui affichent des TP élevés.

Le recours à de fortes quantités de tourteau est souvent adopté pour essayer de remonter le niveau de production. Cette pratique est  en général peu efficace mais a un fort impact négatif sur le coût de production.

La luzerne récoltée en ensilage ou en enrubanné distribuée dans la ration mélangée à hauteur de 5 kg par vache par jour, permet de déconcentrer l’énergie « amidon » de la ration et apporte une source de protéine non négligeable lorsque l’on est sur des deuxièmes coupes et suivantes.

La structure fibreuse de la ration en est également améliorée.

Une ration efficace mais assez coûteuse

La ration du Val Saint Jean est efficace, sur une moyenne de douze mois, les vaches ont produit 28,5 kg de lait à 39,7 et TB et 33,9 de TP.  La consommation moyenne est de 23,8 kg de MS totale (fourrages + concentrés).

L’efficacité alimentaire est un critère important en ration mélangée complète ou semi-complète. Elle est ici de 1,2 kg de lait produit par kg de MS ingéré. La ration complète est composée de 38 kg de maïs ensilage, 5kg d’ensilage de luzerne, 2 kg de foin, 1kg d’orge et 3 kg de correcteur azoté (60% colza – 40% soja).

Une VL complémentaire est distribuée au robot pour faire venir les vaches. Nous pouvons noter ici qu’en moyenne les vaches viennent se faire traire 2,8 fois par jour. Le coût total de la ration est de 118,5 euros par tonne de lait dont 67,7 euros de coût de concentré. Ce qui est malgré tout élevé et qui mériterait d’être optimisé.

Les pistes envisagées pour réduire le coût alimentaire

Lors de la discussion avec les éleveurs, plusieurs pistes permettant une réduction du coût alimentaire ont été évoquées. La première fut celle du pâturage.

Mais elle ne sera pas retenue sur cette exploitation, non pas en raison de la présence du robot car le pâturage avec robot est possible avec quelques moyens tels que la mise en place de portes intelligentes en sortie de bâtiment, mais pour des raisons de charge et d’organisation du travail.

Le second point abordé est celui de l’aliment distribué au robot. Il s’agit d’une VL spéciale avec des agents d’appétence pour attirer les vaches et les encourager à venir se faire traire. Cet aliment coûte cher. Il est donc proposé aux éleveurs de le remplacer par un aliment simple, voire une matière première telle que de la drêche de blé déshydratée.

La fréquentation du robot ne devrait pas en être impactée, à un tel niveau de production (environ 30kg de moyenne) les vaches viendront se faire traire volontairement.

Seuls les animaux en fin de lactation ayant moins de lait peuvent éventuellement baisser leur rythme de fréquentation du robot, ce qui n’est pas un problème et qui n’impactera pas le niveau moyen du troupeau.

L’autre point en réflexion sur le Gaec est l’achat de tourteau en grande quantité auprès de négociants. Ce dernier point permettrait d’acheter au meilleur prix, mais il reste à organiser le stockage et la reprise de cet aliment.

Ces différents projets vont faire l’objet d’une poursuite de réflexion par les membres du GAEC avec l’accompagnement de leur conseiller d’élevage.




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