Les qualités d’une herbe fraîche ne sont plus à démontrer en élevage bovin, mais la transition entre une alimentation hivernale et celle du pré doit être gérée avec attention pour éviter les accidents. Tout est dans une transition progressive et une bonne connaissance du troupeau.
En ces temps d’augmentation du coût des céréales, l’exploitation de l’herbe ne peut être que bénéfique d’un point de vue économique, à condition, toutefois, de ne pas bousculer la physiologie des animaux pour éviter des conséquences néfastes.
Aussi, quelques règles sont-elles à respecter pour passer la période transitoire toujours délicate. Plus la mise à l’herbe est précoce et plus la transition doit être progressive.
Dans certains cas, le déprimage qui consiste à faire pâturer tôt sur une herbe courte destinée à être fauchée, peut être une stratégie intéressante. Dans ce cas, on visera à limiter les effets négatifs du piétinement en adaptant le chargement (de 0,7 à 1 UGB par ha).
Sur les parcelles destinées au pâturage, cette approche permettra d’optimiser la ressource fourragère jusqu’à l’arrivée de la période sèche.
Tétanie de l’herbage, premier risque
Il faut compter au moins trois semaines (en particulier pour les laitières) pour réaliser la transition alimentaire et passer d’une nourriture à base de matière sèche majoritaire à une alimentation à dominante cellulolytique.
Durant la première semaine, il faut limiter la durée du pâturage à deux ou trois heures quotidiennes, puis augmenter progressivement les sorties. De même, mieux vaut conduire les animaux au pré l’après-midi quand leur panse est pleine.
En parallèle, comme l’herbe est riche en azote, une diminution des concentrés azotés dans la ration s’impose. Cependant, l’herbe étant plutôt pauvre en éléments tels que le sel, le sélénium, l’iode et le magnésium, pour maintenir un équilibre, il faut complémenter l’apport en oligo-éléments en plaçant un bloc à lécher.
Attention aussi au stress des premiers jours qui va favoriser une accélération du transit, stress amplifié en conditions climatiques défavorables. La tétanie de l’herbage se présente avec les symptômes suivants : tremblements musculaires, agitation ou encore convulsions. Elle peut être mortelle si la maladie n’est pas traitée à temps.
Le parasitisme
Les animaux infestés par les strongles peuvent développer des maladies digestives, pulmonaires… et souffrent de retard de croissance, de troubles de la reproduction.
Les animaux les plus sensibles au parasitisme sont ceux qui pâturent depuis une à deux saisons. Les animaux fragilisés par trop de traitements antiparasitaires le sont également. Il faut donc trouver un équilibre afin d’éviter les problèmes aigus tout en favorisant le développement d’une immunité en permettant le contact avec ces mêmes parasites.
Pour les premiers, les pâturages non encore utilisés par des adultes ou par des animaux abordant leur deuxième saison sont à privilégier. Les traitements ne seront administrés, quoi qu’il en soit, si nécessaires, qu’en cours de saison.
Pour les animaux ayant déjà pâturé une année, le taux de pepsinogène est à vérifier pour connaître leur degré d’immunité et agir si nécessaire. Divers traitements existent sur le marché et doivent être ajustés au cas par cas.
Par ailleurs, le parasitisme est plus fréquent en zones humides, lorsqu’il n’y a pas eu de gel important dans les pâtures, lorsque la densité des animaux a été trop importante, lorsque ces derniers ont manqué d’oligo-éléments.
L’entérotoxémie, une maladie qui se prévient
Une entérotoxémie est une maladie mortelle due au développement anormalement important d’une bactérie anaérobie, le clostridium qui touche tout particulièrement les souches à viande et à croissance élevée. Elle ne peut se traiter que par une approche préventive avec une vaccination (au moins un mois avant la mise à l’herbe) qui consistera à deux injections sous-cutanées à 3 semaines d’intervalle.
La vaccination permet de prévenir cette maladie sans pour cela renoncer à des mesures qui ont montré toute leur efficacité : bien gérer la mise à l’herbe et respecter les quelques règles déjà évoquées.


