Les grands pays producteurs de pommes se livrent un combat acharné pour conquérir les marchés dynamiques.
Comme l’expliquait Rachel Izquierdo de Santiago (Wapa*), la croissance de la production de pommes sur les 20 dernières années se chiffre à +74 %, avec 71 millions de tonnes (Mt) produites de par le monde, soit 70 % de la production fruitière mondiale.
Depuis les années 90, l’échiquier mondial a subi de fortes perturbations, avec une domination aujourd’hui claire de la Chine (31 Mt en 2009) et une montée en puissance de l’hémisphère sud (5,5 Mt), les USA et l’UE-27 restant pour leur part stables, avec respectivement 4,5 Mt et 12 Mt.
La France reste dans le top 10, avec 1,953 Mt en 2009 à la 7e place (2,326 Mt en 1990, 4e position). Face à l’évolution de la production, il faut relever l’augmentation spectaculaire des échanges, avec 7,5 Mt de pommes exportées à travers le monde et avec une croissance rapide sur les 20 dernières années (+102 %) liée à l’ouverture de nouveaux marchés en Asie notamment.
« La Chine est le premier exportateur mondial avec 1,153 Mt, mais 80 % des exportations chinoises restent en Asie, tandis que 40 à 60 000 t de pommes chinoises arrivent dans l’Union », soulignait Rachel Izquierdo de Santiago.
L’Europe a aussi accru ses exportations (3 Mt), notamment vers la Russie, et réduisant, dans le même temps, ses importations.
Il faut s’attendre à une hausse des exportations vers la Russie et l’Asie du sud et du sud-est, notamment en Indonésie où l’organisation du marché, plus moderne, peut soutenir une demande croissante d’une population aux revenus en hausse.
Ainsi, les exportateurs, notamment européens, devront cibler ces marchés lointains… mais USA, Chili ou Nouvelle-Zélande feront évidemment de même.
En conséquence, il faut s’attendre à une bataille acharnée sur ces marchés, sans perdre de vue celle liée aux autres fruits, sur le marché européen. « Je pense que la Russie a un véritable potentiel de développement. C’est un marché traditionnel aux yeux des Européens.
Pour l’instant, les Russies s’approvisionnent sur des pommes peu chères venant de Pologne ou de Chine. Mais l’évolution des revenus va les orienter vers des produits plus qualitatifs et donc, vers l’Europe et la France », détaillait Desmond O'Rourke (Belrose).
*World appel and pear association, association créée en 2011 pour mettre en place un forum de discussions et d’échanges pour les questions touchant à la production de pommes et de poires. L’association regroupe actuellement 18 pays producteurs ; son président est Kevin Moffit.


