Depuis vingt ans RESA 39 apporte l'aide et les compétences des bénévoles de son réseau aux agriculteurs jurassiens en difficultés. Pour cet anniversaire, l'association organise une journée de réflexion sur la place de l'homme dans le monde agricole.
Aider les agriculteurs à redécouvrir que leur situation présente n’est pas sans issue et que la relation qui s’était petit à petit perdue avec le monde social, professionnel et économique, peut renaître, constituent les éléments essentiels de la démarche d’accompagnement de RESA.
Une démarche qui a pris forme à la fin des années 80, quand des gens de la Confédération paysanne ont voulu créer une structure qui différente du syndicat.
C'est ainsi qu'est née, en février 1991, l'association « SOS agriculteurs en difficulté » qui réunissait des bénévoles de la Confédération Paysanne, du MODEF et du Secours Catholique.
Une association qui, tout de suite, a voulu apporter aux agriculteurs en difficulté une assistance plus large que le simple appui technique proposé jusque là par la chambre d'agriculture. Cet esprit d'ouverture a d'ailleurs été au centre de discussions dans les premières années et a abouti, en 1996, à la création de RESA 39, association qui reprenait les mêmes principes que SOS solidarité et dont le conseil d'administration s'est alors ouvert à la chambre d'agriculture, à la FDSEA et aux JA.
La relation humaine fondamentale
D'une douzaine il y a vingt ans, les bénévoles de RESA sont aujourd'hui 27 et interviennent, en binôme, auprès des agriculteurs qui en ont fait la demande.
En deux décennies, ce sont plus de 260 agriculteurs jurassiens qui ont été aidés par des bénévoles qui sont intervenus sur des durées variables : « De quelques semaines à plusieurs années » commente Amélie Joseph, l'animatrice de RESA.
Quand on parle de « résultats », cette dernière rappelle le principe du respect des décisions de la personne aidée, quelles que soient ces décisions : « La réussite ne se mesure pas seulement avec des critères économiques ou financiers.
La place de l'homme est importante. Il faut que la personne se sente bien. Et cet aspect humain des problèmes a pris de l'importance au fil des années, bien plus que ne l'imaginaient les fondateurs... »
Pour mener à bien leur mission, les bénévoles se forment et travaillent sur la relation d'aide : du simple questionnement sur les limites de leur intervention jusqu'à un travail d'écoute, d'analyse des difficultés rencontrées, voire des formations plus techniques sur les procédures collectives, la gestion ou des aspects plus sociaux...
RESA 39 s'appuie sur un réseau qui évolue au fil des années. Et la porte de l'association est toujours ouverte aux jeunes retraités qui souhaiteraient rejoindre l'équipe, mais également à des agriculteurs en activité ou à « toute personne intéressée ayant quelque compétence... »
RESA 39 a toute sa place aujourd’hui dans le paysage agricole jurassien : « Notre action, notre professionnalisme sont reconnus par tous. Est-ce suffisant ? S'interrogent ses responsables.
Malgré nos efforts, il y a toujours des situations économiques dégradées, et derrière ces situations, bien souvent, des familles en grande détresse. Nous affirmons que ces personnes en souffrance ne doivent pas, ne peuvent pas être laissées de côté – ni par le monde agricole, ni par la société dans son ensemble. »
Une question qui sera au centre des débats de la journée du 16 septembre qui se déroulera au lycée agricole de Montmorot.
Une journée pour changer de regard
Pour cette journée anniversaire, ils ont souhaité s'adresser à un public large, et prendre le temps de la réflexion mais aussi de la détente.
Au programme :
• 14 h -16 h 30 : Table ronde
• Projection en introduction d’extraits du film Terres d’entraide
• Témoignages d’exploitants, intervention de différents acteurs et partenaires de l’association (MSA, Crédit Agricole), du réseau national Solidarité Paysan,
• Échanges et débat : Quelle place pour les agriculteurs en situation difficile dans le monde agricole ? Dans notre société ?
• Pot de l’amitié
Ce temps de débat est ouvert à tous : organismes agricoles, partenaires de l’association, mais aussi toutes les personnes qui ont travaillé ou travaillent avec RESA, et simplement toute personne intéressée…
• 20h30 : Spectacle conté suivi d’un verre de l’amitié. Ouvert à tout public.
Une nouvelle animatrice
Amélie Joseph laissera son poste d'animatrice de RESA 39 à l'issue de cette journée anniversaire. C'est Fanny Demarque qui lui succédera alors.
Sa famille est originaire de Saône-et-Loire et elle arrive de Montpellier où elle travaillait sur les circuits courts et l'aide alimentaire et plus particulièrement sur l'approvisionnement des « Restos du cœur » par des producteurs locaux de fruits et légumes. Elle a toujours travaillé et milité « pour le maintien des agriculteurs qui le souhaitent et comme ils le souhaitent ».
Jérôme Aubineau (Compagnie Sweet tracteur)
«C'est quand qu'on arrive ?«»
Quand il raconte, Jérôme danse, jubile… il est un artiste monté sur ressort. Dans son dernier spectacle il descend en rappel du côté de l’enfance et explore les relations père fils… Son enfance… Une enfance en plein cœur de la ferme familiale rythmée par les moissons (Ah la moissonneuse-batteuse…le monstre de l’été !) et par les luttes syndicales…
Pas facile de grandir quand on a un père qui est un géant… et un géant qui conduit LA moissonneuse-batteuse… alors Thomas roule sur les chemins de la vie à la recherche de lui-même.
Dérapages et fantasmes de saisons le projettent dans des culs-de-sac fantastiques peuplés de zéros gagnants, bradeur de vie ou vache folle. Une rébellion tendre, menée cœur battant par un jeune conteur, mi-crooner, mi-rocker, et décuplée par la guitare d’un musicien pas plus vieux…
Vendredi 16 septembre – 20h30 – au Lycée Agricole à Montmorot. Tarif plein : 10 euros / tarif réduit : 5 euros. Prévente auprès de RESA et des bénévoles dès le mois d’août.


