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Rendre courage et dignité face aux créanciers
Resa 39
Jura agricole et rural
Publié le:  21 octobre 2011
Page 7 

La détection des agriculteurs en difficulté est la première difficulté rencontrée par les bénévoles de RESA 39.

RESA 39 a fêté ses vingt ans. L'association qui, dans le Jura, travaille sur les dossiers des agriculteurs en difficulté a voulu marquer cet anniversaire en organisant une table ronde autour de laquelle se sont installés tous ceux qui de près ou de loin, ont été ou sont concernés par « l'agridif » comme on l'appelle dans le jargon.

« Les difficultés demeurent et les situations critiques existent toujours », a expliqué en préambule Daniel Fleuriot, enseignant agricole aujourd'hui à la retraite, avant la projection d'un premier film destiné à resituer le contexte du début de l'accompagnement. « face aux difficultés naissantes, les gens seuls sont condamnés, poursuit-il. Quand on n'est plus seul, on est plus fort. »

Suit la projection d'un premier documentaire, riche en témoignages. On y évoque les années 90, époque « où les agriculteurs en difficultés étaient mal considérés par le profession et traités de fainéants ou de mauvais gestionnaires ».

Dans le Jura, c'est l'époque où l'association a été fondée, avant de devenir RESA 39, quelques années plus tard. On y parle aussi de dialogue. Celui qui doit être renoué avec les créanciers, celui qui doit s'établir entre l'agriculteur et le bénévole venu pour l'aider, pour lui donner les moyens de faire des choix, de prendre les décisions nécessaires, « pour lui redonner courage et dignité face aux créanciers »...

Détection et accompagnement

Cette mission des bénévoles est fondamentale. C'est sur elle que s'appuie aujourd'hui toute l'action de RESA. L'un d'entre-eux témoigne : « Pour être un agriculteur, il faut être un gestionnaire et il y a quelquefois des compétences que les agriculteurs n'ont pas. Alors comment fonctionner autrement, comment éclairer les situations et ne pas décider à la place des gens ? Ce sont là toutes les limites de l'accompagnement... »

Marie-André Besson, la présidente souligne « le niveau d'endettement plus important qu'auparavant et les difficultés plus complexes rencontrées par les 27 bénévoles de RESA qui interviennent dans la gratuité... ».

Et de souhaiter qu'une journée comme celle de cet anniversaire, soulève de nouvelles vocations et attire de nouveaux bénévoles !

Une seconde projection a montré, à partir d'exemples précis pris dans la région Rhône-Alpes, la variété des causes qui mènent à l'Agridif. « Mais ces gens habitent aussi à côté de chez nous, commente ce viticulteur du Bas Jura. Mais nous ne les voyons pas car ils ne viennent pas chercher d'aide. Je connais un certain nombre de vignerons qui sont en difficulté mais qui ne veulent surtout pas le faire savoir ! ».

Au-delà de l'accompagnement, c'est aussi toute la difficulté de la détection à laquelle sont confrontés au quotidien, les gens de RESA.




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