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Mère et fils produisent une large gamme de fromages vendus en direct, à la ferme, sur les marchés. |
Le Pep caprin a organisé ses portes ouvertes cette année dans l’Ain. Rendez-vous a été donné le mardi 18 octobre au Gaec Les Chamoisées, à Innimond. Au programme : rendus techniques, témoignages d’éleveurs, ateliers, débats…
Pour la première fois, les portes ouvertes du Pep (Pôle d’expérimentation et de progrès) caprin se tiennent dans l’Ain, chez Catherine Bernard, et son fils Yoann, installés sur les hauteurs du Bugey.
« J’assiste pratiquement tous les ans à ces portes ouvertes.C’est très instructif. J’ai donc trouvé intéressant d’y participer directement », explique Catherine.
Catherine et son fils sont à la tête d’un troupeau de soixante-quatorze chèvres de race alpine, vingt chevrettes, et deux boucs. Son fils s’est installé en 2008, son BTS Acse en poche. S’enchaîneront l’auto construction d’un nouveau bâtiment (en kit) l’année suivante, et la création du bâtiment de stockage avec séchage en grange en 2011.
Un plateau de fromages bien garni
Frais, mi-secs, secs, cœurs du Bugey (au poivre, échalotes, ciboulette, persil), bûches cendrées, bleus affinés (médaille d’or en avril 2010 au concours départemental organisé par le syndicat caprin à Ceyzériat), tomme de chèvre, bouchons pour l’apéritif, cervelles de canuts l’été, fromages en automne, fromage fort l’hiver, et fromages en faisselle constituent l’essentiel de la gamme du Gaec.
Des produits principalement disponibles en vente directe sur l’exploitation. Catherine les commercialise également par l’intermédiaire d’un grossiste, une épicerie, une boucherie, un fromager, et trois marchés par semaine.
Pourquoi avoir choisi des chèvres plutôt qu’une autre production ? A la question, Catherine répond : « Innimond étant très touristique cela nous a paru un bon atout au départ, puis nous avons trouvé des marchés par la suite pour compléter les ventes en période plus creuses. Nous avons tout créé : exploitation et clientèle ».
Yoann s’occupe plus particulièrement de la chèvrerie, traite et alimentation des animaux. Ils fabriquent le fromage tous les deux, et c’est Christine qui a la charge de la commercialisation. Elle occupe parallèlement le poste de trésorière du syndicat caprin de l’Ain.
Efficience et pérennité
« La ferme de Catherine et Yoann, ferme de taille humaine, s’inscrit résolument dans une démarche de pérennité avec l’installation de Yoann aux côtés de sa mère, et de recherche d’autonomie alimentaire en valorisant les ressources locales par l’utilisation optimale de l’herbe, par le pâturage et le séchage en grange », souligne Séverine Nicolas, présidente du syndicat caprin, chef d’orchestre des portes ouvertes.
Mère et fils ont opté pour l’installation de citernes souples en 2009 : l’une pour la récupération des effluents de la salle de traite, et la seconde, de cent vingt-cinq mètres cubes, servant de réserve incendie. « Nous n’avions pas d’autre choix possible car c’est impossible de creuser sur le terrain à cause de la roche », ajoute Catherine.
La gestion des pâturages est optimale. Le Gaec pratique le pâturage « tournant », un pâturage « raisonné », selon Yoann, avec clôtures électriques déplacées pratiquement chaque jour afin d’agrandir les parcs. Avantages du système : moins de pertes, une meilleure lutte contre les parasites, et alternance entre fauche et pâturage.
Même efficience avec le séchage en grange. Le bâtiment, d’une capacité de mille trois cent mètres cubes reçoit le foin en vrac. « C’est une question de facilité… On le rentre plus tôt. Le foin est plus riche et de meilleure qualité, donc on donne moins de concentrés », ajoute Catherine. Investissement : quatre-vingt mille euros, subventionné à 30 % par le conseil général et la Région Rhône-Alpes.
Conduite du troupeau : précision et efficacité
Les chèvres sont regroupées par lots (par période de mise bas) en période hivernale, puis mélangées en période de pâturage, sauf les primipares qui restent séparées la nuit.
Les mises-bas sont étalées sur trois périodes octobre-novembre, février, et les multipares en avril.
Performances laitières : cinq cent quarante-cinq kilos de lait.
TB : 36,6 grammes par kilo.
TP : 31,2 grammes par kilo.
Le Gaec est adhérent au contrôle laitier.
Alimentation hivernale (avant l’installation du séchage en grange en mai dernier) : sept cent grammes de concentrés, foin en trois repas. Alimentation au pâturage : pâturage de début avril au 15 novembre.
En pleine période : dix heures de pâture. Sept cents grammes de concentrés en deux repas (distribution à la traite) plus 1,2 kilo de foin (prairie ou luzerne la nuit).
Le Gaec garde entre vingt et trente chevrettes par an pour le renouvellement du troupeau. Les cabris sont vendus à huit jours à un atelier d’engraissement.
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Deux citernes souples sur l’exploitation : l’une pour la réserve incendie, et l’autre pour la récupération des effluents de la salle de traite. |


