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Les agriculteurs français investissent dans la méthanisation
Énergies renouvelables
Jura agricole et rural
Publié le:  02 décembre 2011
Page 18 

Les quatre décrets précisant les conditions de vente, de contractualisation et les caractéristiques de qualité du biométhane directement injecté dans le réseau de gaz naturel ont été publiés mardi 22 novembre au Journal officiel.

Depuis 2006, nous assistons à un véritable essor des projets de « méthanisation agricole » en France, notamment en Rhône-Alpes. On compte aujourd'hui 42 unités de production en France contre deux en 2006. De nombreuses raisons amènent en effet les agriculteurs à s'y intéresser...

La méthanisation consiste à digérer la matière organique, qualifiée de  substrats, par une fermentation bactérienne anaérobie dans un digesteur (ou  méthaniseur) pour produire du biogaz, contenant majoritairement du méthane (comme le gaz naturel), et un digestat (minéralisation de 55 % à 80 % de la matière organique non ligneuse).

Des produits à valoriser

Le biogaz est une source d'énergie renouvelable qui utilisé via une co-génération - moteur à combustion couplé à un alternateur - permet la production simultanée de chaleur et d'électricité.

Un réseau de chaleur peut être mis en place afin de chauffer de l'eau ou de l'air utilisé pour les besoins des bâtiments situés à proximité. L'électricité est injectée dans le réseau électrique (contrat d'achat de 15 ans avec EDF ou le distributeur local). Par ailleurs, la réglementation française autorise désormais l'injection du biogaz, après épuration, dans les réseaux de gaz on parle alors de biométhane.

Le digestat peut être considéré comme un fertilisant aux propriétés agronomiques intéressantes : riche en azote ammoniacal (volatile mais également facilement assimilable par les plantes) et contenant également du phosphore, du potassium et du calcium.

Les germes pathogènes et les graines d’adventices présentes dans les déjections sont réduits (abattement total si digestion à des températures élevées). La valeur fertilisante est conservée, voire enrichie avec l'apport éventuel de déchets exogènes dans le digesteur.

L'épandage de digestat, dans des conditions favorables permet de diminuer la part des engrais minéraux et réduit fortement les nuisances olfactives (désodorisation partielle des substrats par la méthanisation).

Rôle central des agriculteurs

Les agriculteurs ont un rôle essentiel dans le développement de la méthanisation. C'est en effet une possibilité de valorisation énergétique pour leurs effluents de ferme, sans en diminuer la valeur fertilisante. Dans les projets collectifs ou territoriaux, les agriculteurs sont les propriétaires ou locataires des terres agricoles où vont être épandues les digestats.  

La production de biogaz est considérée depuis peu comme une activité agricole sous certaines conditions. La méthanisation agricole contribue à répondre à des objectifs variés comme l'amélioration de la gestion des engrais de ferme (stockage et épandage), une diversification des activités et un complément de revenus, l'installation d'un associé ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre par exemple.

Des équipements et technologies pouvant s'adapter aux besoins, la hausse récente des tarifs d'achat de l'électricité produite (+ 20 % en moyenne par rapport à 2010), des subventions encore possibles, un accompagnement plus efficace grâce à une filière mieux structurée et la dimension collective et/ou territoriale rendent les projets de méthanisation plus accessibles aujourd'hui pour les agriculteurs.

Une dynamique déjà engagée

Trois installations de méthanisation sont déjà en service dans des exploitations agricoles de la région et quatre autres devraient l'être courant 2012. Une dizaine de projets ont également fait l'objet cette année d'une demande de financement public auprès de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), de la Draaf et du conseil régional de Rhône-Alpes.

Selon l'association Rhônalpénergie-Environnement (RAEE), une trentaine de projets, à différents stades de développement, serait en cours de réflexion dans la région. Les chambres d'agriculture de Rhône-Alpes, en partenariat avec Coop de France Rhône-Alpes Auvergne  l'Ademe et RAEE, peuvent accompagner les agriculteurs et les collectivités territoriales dans leurs projets de méthanisation (ex : études d'opportunité, organisation de visites d'installation en activité, information et formations collectives, plans d'épandage...).


Des repères

1 m3 de biogaz = 50 à 60% de méthane = 5 à 6 kWh.
Les déjections d'une vache produisent 600 à 900 m3/an de biogaz.
Puissance de 100 kWe : 200 vaches environ (déjections).
Durée de fonctionnement d'un méthaniseur : 8000 heures/an environ
Coûts d'investissement initiaux : de 5 000 à 10 000 €/kWe.
Tarif d'achat de l'électricité produite : de 11,19 à 19,97 c€/kWh en 2011.
Tarif d'achat du biométhane produit : de 45 à 125 €/MWh en 2011.
Maintenance d'une unité de méthanisation : de 1 à 4 h/jour.
Durée moyenne pour la mise en œuvre d'un projet : au moins 2 ans.
Projets de méthanisation « à la ferme » mi-2011 en France :
− 42 unités en service (contre 2 en 2006).
− Puissance cumulée de plus de 10 MWe.
− Installations variant de 30 à 1 600 kWe
Pour plus d'informations : http://polebiomasseenergie.fr




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