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La première unité dans l’Ain fonctionnera à l’été 2012
Jura agricole et rural
Publié le:  02 décembre 2011
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Thierry Thénoz au-dessus des grandes fosses qui accueilleront prochainement la fosse de réception de lisier, le digesteur et le post-digesteur.

L’installation de méthanisation de Lescheroux produira 1 520 000 KW par an, soit la consommation électrique moyenne de 500 foyers de quatre personnes.

«Cela fait au moins six ans que je porte ce projet de méthanisation », confie Thierry Thénoz. Avec Guillaume Chevallier son associé, il dirige un élevage de porcs et une exploitation céréalière à Lescheroux, dans l'Ain. « Il y a quelques années en arrière, j’ai beaucoup voyagé et j’ai pu voir les unités de méthanisation déjà bien implantées outre-Rhin. »

Ce principe de valorisation des effluents agricoles présente de multiples avantages. Tout d’abord, et c’est primordial pour le voisinage : les nuisances olfactives sont en partie éliminées. Autres points positifs : les substrats obtenus après méthanisation sont extrêmement fertilisants et bien sûr le biogaz permet de fabriquer de l’énergie. « Ce qui a fini de me décider, c’est la revalorisation en 2006, des tarifs de rachat de l’électricité issue de la méthanisation », explique Thierry Thénoz.

Favoriser la proximité

Thierry Thénoz a donc pris contact avec l’Ademe pour réaliser une première étude évaluant la faisabilité tant technique qu’économique d’un tel projet. Celle-ci ayant été démontrée, s’en sont suivies des études de plus en plus fines, afin d'identifier un concept et un fournisseur.

« Ce qui a motivé mon choix en faveur du projet de l'entrerpise EAB Métafrance, filiale du groupe coopératif Le Gouessant, c’est l’envie de travailler avec un fabricant français et le besoin de proximité. C’était aussi une façon pour moi d’encourager le développement d’une filière hexagonale. »

C’est ainsi qu’a vu le jour Méthanéa, la société de méthanisation de Thierry Thénoz. Aujourd’hui, le projet est sur les rails, l’unité devrait entrer en fonction en juin ou juillet 2012.

Se doter d’une unité de méthanisation, c’est une question de cohérence globale qui régit déjà le fonctionnement de l’exploitation. « La méthanisation élargit notre compétence et nous apporte une autonomie sur le plan énergétique. Concrètement cette unité de 190 kW produira 1 520 000 kWh par an, ce qui correspond à la consommation en électricité d'environ 500 familles de 4 personnes. »

La production thermique dépassera les 3 000 000 kWh. Pour moitié, la chaleur sera utilisée pour chauffer le digesteur. La part restante sera utilisée pour le chauffage des bâtiments d'élevage et des bureaux ainsi que pour le chauffage de l'eau de lavage de la porcherie garantissant ainsi à la fois une meilleure désinfection, des économies de produit et de temps de travail. La chaleur restante correspond aux besoins d'énergie pour chauffer 90 maisons individuelles.

En été, cette chaleur produite ne sera pas perdue. À l’horizon 2013, elle viendra alimenter l’unité collective de séchage de luzerne crée par la Cuma “Luzerne de Bresse“. Cette production de protéine locale permettra de répondre aux contraintes du cahier des charges de la future AOC crème et beurre de Bresse.

Des partenariats forts

Cette diversification sera également synonyme de nouvelles sources de revenus pour l’exploitation.  « Nous mettons en place des partenariats forts avec des éleveurs laitiers et bovins qui nous apporterons leurs fumiers. On leur rétrocède après méthanisation, des effluents hygiénisés. Nous récupérerons aussi les déchets issus de l’industrie agroalimentaire et des résidus de cultures dérobées qui présentent l’avantage d’être des stabilisants biologiques du lisier de porc. »

Il n’est pas question, comme en Allemagne, de mettre en place des cultures énergétiques à seule fin d'alimenter le digesteur, une pratique qui a pour conséquence de faire monter les cours des céréales.

Sur 1,8 million d'euros d'investissement, l'aide de la Région Rhône-Alpes s'élève à 150 000 euros dans le cadre du plan de développement de la méthanisation agricole, l’Etat apporte 200 000 euros (plan national de performance énergétique des exploitations agricoles) et l’Ademe ajoute 260 000 euros. « C’est un projet de longue haleine » précise Thierry Thénoz, « il a mûri lentement ce qui nous a permis d’étudier l’installation dans les moindres détails en privilégiant la sécurité et la longévité. Il a également été pensé pour une intégration optimisée dans le paysage. »




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