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Raymond Vial, président de la chambre d’agriculture de la Loire et référent au niveau régional sur la méthanisation, revient sur la place de ce procédé en agriculture.
Quelle place peut prendre la méthanisation en agriculture ?
Raymond Vial : La méthanisation peut être considérée comme une diversification du revenu des exploitations agricoles. En Allemagne, elle représente 25 % du revenu des agriculteurs. A l’avenir, il faudra de nouvelles sources d’énergie. L’agriculture a un vrai défi à relever. Des choix politiques devront cependant être faits au niveau européen. Quelle place sera effectivement laissée à l’alimentation face à l’énergie ?
Vers qui les agriculteurs ayant un projet d’unité de méthanisation peuvent-ils se tourner ?
R.V : Les chambres d’agriculture sont en mesure d’aider les porteurs de projets. C’est un dossier complexe. Une unité de méthanisation est considérée, sur le plan réglementaire, comme une installation classée. Il faut compter entre 18 mois et deux ans d’instruction du dossier. De plus, nous partons de zéro.
D’où l’intérêt pour les agriculteurs de se faire accompagner. Dans le cadre de la mutualisation régionale, des agents ont été formés, mais pas dans chaque département. Ils accompagnent les agriculteurs dans leur réflexion et pour le montage du dossier. Ils sont également le relais entre les agriculteurs et l’administration.
Nous n’excluons pas le fait de travailler en partenariat avec des structures, comme par exemple l’Ademe, qui maîtrisent le dossier de l’énergie, ou de s’appuyer sur les agents locaux de développement des chambres d’agriculture.»
Quels conseils donner aux porteurs de projets ?
R.V. : Vu la typologie des exploitations de Rhône-Alpes, il semble compliqué qu’un agriculteur seul fasse fonctionner une unité de méthanisation. Il s’agit d’un projet de développement à raisonner collectivement, à plusieurs agriculteurs. Cela permet de limiter les apports financiers personnels.
De plus, je pense que les projets de méthanisation doivent se concrétiser non loin des villes, tant pour l’approvisionnement que pour la redistribution de l'énergie. Les installations de méthanisation ont besoin de déchets de l’industrie ou de collectivités pour fonctionner. L’agriculture devient ainsi un moyen de traiter les déchets de la société, ce qui valorise son image.


