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Bernard Lartigue a insisté sur l’accélération de la concurrence, notamment de la part des grandes surfaces, sur le terrain de la proximité |
L’engouement d’une partie des consommateurs pour une agriculture de proximité offre de nouvelles possibilités de valorisation pour l’agriculture franc-comtoise. C’était le thème de la session de la chambre régionale d’agriculture, le 2 décembre dernier.
Le thème de la session plénière de la chambre d’agriculture de Franche-Comté, le 2 décembre dernier était “ Diversification, agritourisme et proximité ”. Bernard Artigue, président du comité d’orientation “ agriculture et tourisme ” de l’APCA, Pascale Thomasson, vice-présidente du comité, ainsi que l’animatrice Constance Bigourdan, ont ainsi pu présenter les réseaux “ Bienvenue à la ferme ” et “ marché des producteurs de Pays ”, ainsi que la nouvelle stratégie élaborée par le comité.
« La demande sociétale alimentaire sur la qualité, le prix et la sécurité implique de travailler avec discernement sur les circuits de proximité, en évaluant finement cette demande sociétale, et en apportant des réponses par une offre agricole adaptée, pour une part en circuits courts producteur- consommateur, mais pour une part sans doute plus grande à travers la logistique des principales filières régionales déjà organisées, capable de différenciation dans leur modes de distribution. », déclarait d’ailleurs dans son allocution le président Michel Renevier. De nombreux atouts.
C’est d’abord Gilles Tonnaire, responsable régional de “ Bienvenue à la ferme ”, qui a dressé un rapide tableau de l’agritourisme en Franche-Comté.
« Notre réseau est constitué de 185 adhérents. 50 pratiquent l’hébergement et 10 la restauration (100 chambres d’hôtes et 50 gîtes), 30 offrent des activités d’accueil (18 fermes pédagogiques et 7 fermes équestres) et les autres sont producteurs de produits fermiers.
«Les atouts de la Franche-Comté sont nombreux : c’est une région verte et reposante, proche des grands bassins de population, région de passage des grandes migrations nordsud.
«La modernisation des bâtiments d’élevage laisse aux agriculteurs un patrimoine bâti de grande qualité au coeur des villages, patrimoine qui se prête bien à des hébergements touristiques sous forme de gîtes et chambres d’hôtes.
«Enfin le tourisme industriel et le tourisme d’affaire recherche de plus en plus un environnement rural calme, reposant et pourvu des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et c’est le cas de presque toutes nos campagnes. »
Des propos confirmés par Bernard Lartigue, viticulteur bordelais, après deux jours de découverte de l’agri-tourisme en Franche-Comté. « Nous avons vu de très belles réalisation avec des installations d’hébergement de qualité, pour des investissements qui dépassent le seuil des 300 000 euros ! On est alors loin d’un atelier à la marge… »
Puis Bernard Artigue a rappelé quelques fondamentaux. « “ Bienvenue à la ferme ” est une marque des chambres d’agriculture depuis 1988, avec un maillage national (plus de 6 000 agriculteurs répartis sur tout le territoire), et plus de 10 millions de visiteurs par an.
« Les “ marchés des producteurs de pays ” ont été repris par l’APCA en 2007, ils sont composés uniquement de producteurs fermiers et artisanaux. Ils sont pour l’instant présents dans 29 départements, essentiellement du grand quart sudouest : 2 500 producteurs sont concernés, pour environ 2 000 marchés organisés tout au long de l’année.
« Ces marchés sont devenus une activité d’animation des collectivités, qui y trouvent un intérêt social, car c’est un lieu où se tisse le lien social. L’enjeu est important, et j’ai l’exemple d’un conseil général qui finance un salarié à plein temps sur cette seule mission !
« En tant que Chambre d’agriculture, j’estime qu’on doit y mettre autant de moyen, pour prouver qu’on y croit déjà, et aussi car c’est un moyen unique d’enrichir le lien avec la population et les collectivités.
Créer de l’emploi et de la valeur ajoutée Pascale Thomasson, agricultrice en Haute-Savoie dans un Gaec à cinq employant trois salariés (reblochon, tomes, et porcs charcutiers en vente directe) a pour sa part développé l’aspect économique et social.
« L’activité circuits courts représente plus de 75% du chiffre d’affaires pour près de 40% des exploitations diversifiées, selon le RGA 2010. De plus ces exploitations emploient davantage de main d’oeuvre, avec 2,2 UTA en moyenne. »
Face à la concurrence croissante sur le champs de la “ proximité ”, notamment de la part de GMS, le comité d’orientation de l’APCA mise sur le développement de nouveaux outils promotionnels : paniers, coffrets cadeaux, magasins de producteurs. Sans négliger les nouvelles technologies. Ainsi le portail internet national a été refait. « Une application Iphone ‘’Bienvenue à la ferme’’ est sortie en juillet 2011, elle a été téléchargée 36 000 fois ! », précise Constance Bigourdan


