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S’adapter, un impératif
CER France
Jura agricole et rural
Publié le:  16 décembre 2011
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Face aux nouvelles donnes — refonte de la Pac, crise économique, fluctuation et volatilité des cours —, il convient de bien chercher les leviers sur lesquels agir.

Fort de toutes ces informations données dans un premier temps (voir ci-contre), le thème adaptabilité des exploitations face aux évolutions de la conjoncture est abordé.

« D’autant plus qu’une conjoncture plus fluctuante peut faire suite à des bonnes années », intervient Agnès Klopfer-Madiner, responsable conseil en entreprise à CER France Bourgogne-Franche-Comté. En guise d’exemple, l’intervenante revient sur de récents épisodes vécus par les exploitations céréalières.

« Jusqu’en 2006, le colza a subi peu de variations mais depuis, il joue au yoyo. » On constate des fluctuations du prix de campagne et même de la volatilité des cours qui se situe même au niveau journalier avec des plus ou moins 40 euros. Ajoutons encore la fluctuation des charges avec de grandes variations, notamment au niveau de l’énergie.

« Ce qui se répercute directement au niveau des engrais. » De manière plus générale, il faudra aussi s’attendre à une baisse du niveau des aides suite à la réforme de la Pac. « Ce qui est certain, c’est qu’elles n’augmenteront pas. » Surtout en ces périodes de tempête financière, de crise économique et de déficit public.

« Mais si nous sommes optimistes, nous pouvons espérer le maintien du niveau actuel des aides pour les Francs-Comtois. »

Et pour les pessimistes ? « Des éléments prêchent pour une baisse des aides. » Mais aussi avec l’abandon des références historiques et le maintien des deux piliers. Autant anticiper et se préparer à toutes ces modifications. Un travail est réalisé sur 200 exploitations et leurs marges de manoeuvre 2011-2013. En s’appuyant sur une baisse de 15 % des aides découplées, mis en regard avec trois hypothèses : année pivot, année base et année moyenne.

S’ajoutent deux sous-groupes : niveau d’endettement et niveau d’investissement. D’après les différents graphiques présentés, un premier groupe laisse filer les équilibres. Avec des situations contrastées : manque de ressources, absence de marge de manoeuvre, peu d’investissement et pas de rentabilité.

« Des situations donc fragiles qui peuvent s’aggraver en cas de baisse des aides. » Un autre groupe par contre est dans une situation plus saine et plus solide.

« C’est donc important de connaître sa marge de manoeuvre et de connaître son prix d’équilibre pour savoir où l’on se situe. » Ce qui permettra aussi d’adapter ses investissements par rapport aux capacités de l’exploitation. « En jouant sur les partenariats pour rendre son exploitation la plus flexible possible. »

Des exemples ? Optimiser le rendement plutôt que de le maximiser, ne pas spéculer pour sécuriser les prix, disposer de repères pluriannuels. « En le faisant en fonction de l’avancement des saisons et en mettant ses repères en relation avec ceux des années précédentes. »

Des conseils ? Voilà les derniers mots d’ordre avancés par Agnès Klopfer-Madiner : Optimiser, « Ça doit être une préoccupation constante ». Produire plus, « en saturant les outils ». Diversifier, « pour se différencier et rechercher ainsi de nouvelles valeurs ajoutées ». Coopérer, « donc se regrouper pour rechercher plus d’efficacité dans son travail ».

Dissocier et se spécialiser, « pour rechercher plus de performance sur son exploitation ». « En clair, savoir d’où l’on part pour voir où l’on va », résume un participant. Attention aussi aux contraintes inhérentes à chaque production comme le lait.

« C’est vrai que pour le comté, il faut aussi par moment penser à en dégager », rappelle un éleveur. « Sauf que sur une vache, on ne peut absolument pas fermer le robinet. D’où l’impérative nécessité d’anticiper. »

« Il y aussi une réflexion à engager au niveau des céréaliers car ce n’est ni l’Europe, ni la France qui imposent des charges de mécanisation mais bien le cultivateur », ajoute son voisin. « C’est vrai que certaines années, les exploitants agricoles peuvent chercher à réaliser des économies sur leur approvisionnement », constate la responsable conseil en entreprise.

« Mais ce n’est absolument pas le cas au niveau des annuités du tracteur. » « Auriez-vous des conseils à donner aux producteurs en lait standard au niveau de la contractualisation en 2014 ? », interroge un participant.

« C’est un sujet éminemment politique ; nous le laissons à nos élus », suggère Dominique Bourgeat, directrice adjointe de CER France Doubs.




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